Proverbe Tibétain #8

Le voyage est un retour vers l’essentiel.

Proverbe Tibétain

Aussi commence-je sérieusement à réfléchir à court et moyen termes aux prochains essentiels : immersion lente vers fantasme indochinois et voyage au long cours en Pacifique.

Proverbe

Mélusine Mallender

Voyager te fait réaliser tous les avantages que tu as chez toi. Il y a aussi des faiblesses, il n’y a pas de monde parfait.

Mélusine Mallender,
cheekmagazine.fr, 18-02-2014

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Une raison de plus de passer le permis …
(dès que mon emploi du temps le permettra).

A voir : Ne te dégonfle pas
* Episode 1 : Un jour, il faut partir.
Diffusion le jeudi 20 mars à 21h 35 sur la chaîne Voyage.
* Episode 2 : Les Routes persanes.
Diffusion le jeudi 27 mars à 21h35 sur la chaîne Voyage.

Jusqu’au bout du rêve, blog de Mélusine Mallender

Ilka Chase

To me travel is a triple delight: anticipation, performance, and recollection.

Ilka Chase

Silence, ça rêve sérieusement.

La boucle qui s’imposait ces derniers mois partait de Nouvelle Calédonie pour y revenir, en passant par la côte Est de l’Australie (pour voir les copains) – côte Est de la Nouvelle Zélande (enfin la découvrir) - Polynésie Française – Vanuatu (dont j’entends tant parler).

Les Tuamotu, Polynésie

Mais l’idée se recentre petit à petit sur le Pacifique Sud (Archipels Société, Marquises, Tuamotu, Gambier, Australes) déjà suffisamment vaste pour avoir le temps d’occuper une douzaine de mois, en prenant le temps de rencontrer ses habitants, explorer les fonds marins et sa faune et jouer les Robinson.
Slow Travel oblige …

La Polynésie Française

Aussi dépaysante soit la destination, l’impression de donner une image déformée du monde aux enfants persiste : exposer un monde où l’on parlerait français partout ! Du coup, il faudrait pousser vers les iles Cook et/ou PitCairn et/ou Kiribati … Cela mérite donc encore une bonne réflexion intégrant la météo, les courants et la saison des cyclones.

La Polynésie

L’œil se perd donc sur les petites annonces de dériveur intégral en alu, pour permettre les échouages volontaires plus aisés à l’approche de beaucoup d’îles de cette partie du monde. L’idée serait de l’acheter directement sur place, de prendre un mois pour le préparer au grand voyage et de le revendre ensuite dans son milieu initial.

L’est-i’ pas beau ce VIA 38 pour 45 000€ ?

Il faut pourtant bien se rendre à l’évidence, le budget conditionne l’aventure : un vieux bateau bien amariné mais qui pourrait receler quelques mauvaises surprises ou un bateau récent, un peu plus sûr et donc terriblement cher. Pourtant l’argent reste pour Capsicum un faux problème qui ne doit pas servir d’excuse.

La famille Delacour a bien fait son tour d’Atlantique sur un voilier prêté contre bons soins … !

Et puis une année … c’est trop court dans l’esprit de Capsicum (mais chut … Ange aime à penser la parenthèse bien définie !). A ≈ 2000 € de billet d’avion par tête de pipe, autant prendre le temps !

Alors que Caps a bien d’autres chats à fouetter (Master 2, préparation de Baptême, recherche de stage et autres voyages à court terme) la voila qui ressort Histoire de Partir, la plus complète bible du voyage sabbatique à la voile et en famille qu’elle connaisse.

Chaque jour, dans les toilettes entre les 4 murs de ses 2 m² de bibliothèque préférée, elle nourrit son vieux projet par la lecture des articles pleins d’analyse et d’ailleurs. Tiens, voilà déjà 6 ans qu’elle le feuillette par période.
Il serait temps de se bouger …

En fouillant le blog, elle excave également un vieux post-plan de préparation de voyage au long cours : La Préparation, datant déjà de 2009.

Tiens la troisième et plus complexe ligne “Faire un deuxième enfant et attendre qu’il grandisse un peu” est presque accomplie. ;) Juste le temps de dérouler le reste de la liste pour être près quand Petit Biloba aura 4 ans.

Pas sûre de pouvoir attendre jusque là … Pourquoi pas 3 ans (soit dans 1 an et demi) ?

Il est temps de se plonger dans le concret !

Projet : Slow Travel en Famille

Entre deux ébullitions !

Au sortir d’une semaine dans la poudreuse mais sans connexion, la moisson de l’information partagée par les potes ou les connaissances est étonnement maigre mais variée.

Dans le genre, Facebook offre une cession de rattrapage des discussions définitivement perdues si elles s’étaient déroulées autour d’un café :

  1. Du fin fond du Japon, le premier interroge mon éthique avec “Worse than Wal-Mart: Amazon’s sick brutality and secret history of ruthlessly intimidating workers”. Certes le service est complet, efficace et rapide mais vaut-il de s’assoir sur la valeur humaine ?
  2. Puis, pour des raisons de réseau et d’ambiance, je saute rapidement sur une vidéo de “VALSUN”. Décidément les rythmes reviennent en force dans mes envies. Ils prendront un malin  plaisir à me torturer mardi.
  3. Et tout à coup, je vois ma théorie immobiliaire se confirmer avec “Immobilier : pourquoi les trentenaires ont intérêt à rester locataires”. Depuis le temps que je le dis (ah ben oui, je l’ai déjà dis là et avec le même article ;) ) … je ne suis plus la seule, bien que l’article élude l’aspect psychologique : l’inhibition de la liberté individuelle que génère le fait d’être locataire de sa banque avant remboursement intégral de la dette.
  4. A 180°, comme je veille sur le métier de veilleur, il s’avère que “Veilleur, un métier où l’on recrute” et qu’Alain Juillet ouvre une page Facebook. Pour cause de mythologie très personnelle, mon cerveau a donc transmuer le métier qui consistait à veiller sur des immortels …
  5. Enfin une motarde partage le portrait de la voyageuse Mélusine Mallender : “Elle fait le tour du monde seule et à moto”. Une phrase attire mon attention : “Il me faut quelqu’un qui soit assez confiant pour penser que je vais rentrer et surtout quelqu’un qui m’aime libre.”, l’ingrédient essentiel du couple qui dure et accessoirement l’intelligence d’Ange.

Et voilà, il est déjà 1:37 am.
J’aurais pourtant tant à vous dire.

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Le blog de Mélusine Mallender

Montesquieu #3

Les voyages donnent une très grande étendue à l’esprit : on sort du cercle des préjugés de son pays.

Montesquieu

C’est beau l’ambition …

Surgir sur les chemins où on ne vous attend pas …

Cultiver au mieux le ‘sortir des sentiers battus’ pendant mes études et pour mes choix personnels, seulement à trois ou quatre papiers près de m’engager dans une nouvelle aventure, je sens le poids du convenu alourdir mes décisions.

Suis-je simplement en train de faire ce que l’on attend de moi, sans fondement ?

N’y a-t-il pas plus dense et plus utile que mon propre confort ?

Parce que le voyage ne suffit pas …

Chili, Patagonie, ma destination de prédilection …

Lawrence Durrell

Travel can be one of the most rewarding forms of introspection.

Lawrence Durrell

2013 … en perspective !

Coronographie, exploration ventriculaire, IRM cardiaque … quand je vois comment Mummy fait son expérience hospitalière, un regain d’envies vient me hanter.

* Pour l’altitude, vivement que le printemps me permette de revoler sous notre petite Geo II. Les ascendances me manquent de plus en plus.
* Pour les profondeurs, la plongée revient dans ma ligne de mire. Aller au moins jusqu’au niveau 2 ne gâcherait rien à mon expérience de la mer.
* Sans oublier l’altitude 0 où les embruns commencent à manquer durement. Il est temps de m’y mettre plus sérieusement, histoire de densifier quelques compétences voileuses, afin d’atteindre une réelle autonomie. On ne sait jamais, des fois que cela serve dans l’avenir …
* Notre nouvelle implantation géographique fait que la traversée Nord-Sud du Vercors par les crêtes me titille de plus en plus. Ce pourrait être un joli projet sans trop de frais, avec quelques copains.

Hauts plateaux du Vercors

Petit Ginkgo (presque 6 ans) commence à avoir un âge raisonnable pour lui faire partager nos périples à travers le monde, pour lui faire goûter inattendue.
* La Namibie reste bien sûr LA destination à mon goût, mais elle ne fait pas l’unanimité au Phare.
* La Nouvelle Zélande en nomade est un vieux rêve que l’on partage.
* Et nouvellement, mon attention a été attirée par les Galapagos.
* Du coté voyage pépère (quoique), revoir une copine serait agréable tout en découvrant le Canada.
* Et puis, il y a toujours le Japon en toile de fond !
Le porte monnaie n’est évidemment pas extensible mais notre façon de voyager n’est pas des plus onéreuses.

C’est bien beau, tous ces projets venant résonner en moi, mais n’oublions pas que j’ai encore un Petit Biloba de 4 mois, accroché au sein. N’allons pas trop vite non plus. Il serait dommage de gâcher ce moment unique avec un si petit enfant.

Je vois tout cela comme des bulles d’air à venir.
Ce n’était donc pas spécialement mon boulot chez Industrie & Co qui me faisait languir d’ailleurs et d’aventures … C’est comme ça, le système d’exploitation d’origine de Capsicum. ;)

Quoiqu’il en soit, ces idées sont très ponctuelles or j’ai vitalement besoin d’un projet consistant, à plus long terme, dans lequel investir toute mon énergie. Et j’ai beau chercher, je perds de ma fantaisie en matière d’avenir. Les deux/trois reconversions envisagées me semblent aléatoires et la perspective d’un retour dans l’industrie me semble source de grand stress (pourtant pas insurmontable et suffisamment lucratif pour faire d’autres choses en parallèle).

Allez Mummy, accroche toi !
Y a plein de trucs passionnants encore à faire.

Cesare Pavese – n°2

Il fascino del viaggiare è lo sfiorare innumerevoli scene ricche e sapere che ognuna potrebbe esser nostra e passar oltre, da gran signore.

Cesare Pavese

Le charme de voyager, c’est d’effleurer d’innombrables et riches décors et de savoir que chacun pourrait être le nôtre et de passer outre, en grand seigneur.

Le monde à porté de pouce !

Par les hasards de Facebook, Capsicum découvre un voyageur au long court : Ludovic Hubler a traversé le monde en stop durant 5 années, son ‘Doctorat de la Route’ !

Attirée par l’une de ses brèves intitulée Le mot de la fin PLUS JAMAIS, j’y ai retrouvé une partie des conclusions de mes propres petits voyages …

“* Plus jamais, je n’agirai sans penser aux conséquences de mes actes pour l’environnement et plus jamais je ne laisserai mon gouvernement ignorer les défis pour la planète. (…)
* Plus jamais, je ne me plaindrai pour ce que je n’ai pas. (…)
* Plus jamais, je n’ignorerai le travail fabuleux de toutes ces personnes travaillant dans l’ombre (souvent bénévolement ou presque) et cherchant à rendre notre monde meilleur. (…)
* Plus jamais, je n’oublierai la chance que j’ai d’être né en France. Merci Papa, merci Maman. Combien de personnes m’ont-ils rappelé pendant ces 5 années la chance que j’ai d’avoir eu accès à une éducation de qualité, d’avoir un passeport me permettant de me déplacer librement à travers le monde et d’avoir une monnaie forte me permettant de rendre un tel voyage possible. (…)
* Plus jamais, je ne jugerai qui que ce soit en me basant simplement sur l’apparence physique, la nationalité, l’appartenance religieuse ou sur des stéréotypes. (…)
* Plus jamais, je ne laisserai la recherche de sensationnalisme et de mauvaises nouvelles des médias laver mon cerveau. (…)
* Plus jamais, je ne refuserai d’offrir l’hospitalité à un voyageur de passage ou à un ami dans le besoin. (…)
* Plus jamais, je n’achèterai de produits sans penser aux conséquences de mon acte d’achat. (…)
* Plus jamais, je n’aurai peur de me lancer dans des projets d’ampleur. La citation d’Oscar Wilde “La sagesse, c’est d’avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu’on les poursuit” qui m’avait poussé à me lancer dans l’aventure s’est avérée être un leitmotiv pour moi tout au long de mon parcours. (…)”

Une réelle profession de foi à méditer.

A voir aussi : Le monde en stop.

Les années se suivent mais ne se ressemblent pas.

Il y a un an, nous descendions l’un des chemins de pierre, les plus casse-gueule de L’Ile, la Ribeira Torre, dans un brouillard à couper au couteau. Passé le nuage, nous mangions sur la terrasse improvisée d’une dame qui torréfiait son café dans une casserole sous l’œil attentif de sa mignonne, alors que son fils profitait de la pluie pour balayer le toit plat de la maison. Il faisait chaud et très humide.

Des cultures en terrasses et de petites unités de fabrication de grogue, le rhum local, dont nous repartions un bout de canne à la bouche pour se donner des forces pour la suite. Le rhum nous aurait coupé les jambes ! (Ce qui ne m’empêcha pas de le gouter !)

Bien plus bas, les travaux allaient bon train. Les sacs multicolores des ouvriers accrochés aux aspérités du mur créaient un superbe tableau sur ces parois destinées à contenir les torrents d’eau à la saison des pluies.

L’Ile nous avait déjà envoutées à force de parcourir ses plus ardus chemins, depuis 10 jours, à la rencontre d’habitants souvent sincères, parfois troubles mais jamais méprisants.

Que reste-t-il une année plus tard ?

Des images compilées dans un livre, un sentiment d’inabouti, une confusion des genres mais des souvenirs forts, une remise à zéro de l’échelle des valeurs, une musique très reconnaissable et de délicieuses saveurs de maracuja et de garoupa grillé.

L’appel de l’horizon …

Comme la période d’une onde sinusoïdale, l’écho de l’ailleurs
se rappelle à moi qui suis clouée là, pour encore un moment
(enceinte de 6 mois).

Pourtant au retour des plaines Mongoles comme après avoir parcouru le massif escarpé de ma plus belle île du Cap Vert, un questionnement sur l’utilité de ces voyages m’a assailli.
Le tour du monde pour le tour du monde en famille ne me parait plus avoir de sens. Voir, parcourir, rencontrer durant une année ou plus, n’a de moteur éphémère qu’un certain égoïsme. En se frottant à la réalité des autres, la notion de décence se fait sentir.

Quel est notre contribution au bouleversement de leur équilibre, en nous pavanant sur les chemins du monde, en tant que touriste … même si beaucoup se refusent à être vu comme tel ?

Désert, le cordeau du peintre Brigau

Oh, oui, je sais, c’est un vaste débat, où le sens commun explique que le voyageur/touriste apporte du beurre dans les épinards des agriculteurs et sur les poissons des pêcheurs, qui devraient avoir autant droit au confort que les occidentaux. Mais la planète y résistera-t-elle ?

L’influence inverse vers plus de frugalité et de simplicité
ne serait-elle pas plus salutaire ?

J’avais déjà l’intuition que le mouvement systématique lors d’un voyage générait parfois la dispersion et surtout limitait la dimension relationnelle. En effet, le voyageur gesticulant ne fait que survoler la compréhension des gens et des cultures qu’il croise. Aussi n’ai-je jamais conçu le voyage comme une boulimie de lieux à enchainer dans un minimum de temps. Au contraire, le temps est devenu pour moi un vrai luxe, permettant de mesurer, de construire et d’apprendre, sans pression.

Mais lors de ces difficiles retours à la vie courante, j’ai touché du doigt un certain sens du voyage qui ne se montrait à moi jusque-là qu’en filigrane.
Il est si exaltant de partir à l’aventure, de se laisser porter par la spontanéité du baroudeur mais rien ne remplace l’objet du voyage et la connaissance du contexte. Et puis l’effet thérapeutique de l’itinérance n’est plus pour moi à l’ordre du jour. Le chemin intérieur a besoin de bien moins et de bien plus à la fois.

Il m’importe aujourd’hui soit de transmettre, soit de comprendre, soit d’aider.
* Transmettre, car des enfants se regardant le nombril entre la console et le smartphone auront peu de motivation pour trouver leur propre voie dans la vie. Or vivre la réalité d’enfants de leur âge selon d’autres coutumes ouvre l’esprit, mène à la relativité et permet ensuite de faire ses choix, en connaissance de cause.
* Comprendre, car c’est en partageant le quotidien suffisamment longtemps qu’il est possible de commencer à toucher du doigt les véritables enjeux d’un pays ou d’une situation, imaginé(e) façon carte postal sur le sol européen.
* Aider, parce qu’il est impossible de rester impuissant devant la détresse de personne dont on partage un bout de vie. Ce n’est qu’en utilisant ses compétences pour le bien-être des moins bien lotis que soi que le mot solidarité reprend tous son sens. (Ça sent de plus en plus l’ONG …)

Il faudra mettre à profit mon immobilité assumée
pour monter un projet proche de ces 3 types.

Pourtant l’horizon me fait déjà de l’œil …
Qu’importe la gueule de bois du retour, le souvenir de l’ivresse du départ me rend fébrile comme si j’étais programmée pour ne jamais défaire mes bagages. C’est un peu comme si la sédentarité me flétrissait, comme si je ne me nourrissais pas suffisamment à courir la ville et à ré-imaginer mon avenir sur les rails.

Ma complexité réside dans le juste équilibre
entre nomadisme instinctif et évidence du quotidien.

Dans la famille Peyron …

… je voudrais le benjamin !

Voyageur impénitent, Stéphane Peyron repart sur tous les continents à la rencontre des amis d’hier. Que sont-ils devenus depuis 10 ans, 20 ans ?

Stéphane Peyron, Tanzanie

L’un de ses ‘Voyage à l’Envers’ de Mai 2011 en Tanzanie sera diffusé le 2 février 2012 à 20h40 sur Planète Thalassa.

Tout bien réfléchi, au delà des mers, des voiliers et des records,
c’est ce genre de voyage qui me touche le plus.

Jean-Raymond Boudou

Rien n’est plus propice qu’un voyage pour sonder tous les aspects merveilleux de l’imprévu.

Jean-Raymond Boudou, Une heure de ta vie

Michel Deon

Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter.

Michel Deon

Jean Grenier

On peut voyager non pour se fuir, chose impossible, mais pour se trouver. Le voyage devient alors un moyen. Il est donc bien vrai que dans ces immenses solitudes que doit traverser un homme de la naissance à la mort, il existe quelques lieux, quelques moments privilégiés où la vue d’un pays agit sur nous, comme un grand musicien sur un instrument banal qu’il révèle, à proprement parler, à lui même.

Jean Grenier, Les Iles

Jean Royer

Chaque voyage est le rêve d’une nouvelle naissance.

Jean Royer, La main cachée

Un bateau de plus …

Les yeux tournés vers L’île, bloquée à la grille de la marina de Mindelo, gardée comme une résidence de standing, je prends conscience d’un sentiment qui ne m’a pas quitté depuis que mes pieds ont foulé le sol de Soa Vicente : l’impression de repérer les lieux pour une venue ultérieure.

Les cargos ancrés dans la baie de Mindelo aiguisent mon imagination. A l’image de Rodrigo, ce vieil homme qui nous accosta près du marché aux poissons pour nous conter son passé de marin au long cours, je me demande qui sont les équipages de ces navires colorés, piqués de rouille.

Un rien de Les Marins Perdus me revient.

Alors au large du Sénégal, en plein Atlantique, il y a encore et toujours … un ailleurs, plus loin.

Rendez-vous du Carnet de Voyage

‘Le Tour du Monde en Famille’ n’aura pas lieu !

C’est clair, incroyablement limpide …

Alors que Capsicum a contaminé l’esprit de quelques amis avec ses projets de ‘Voyage en Famille autour de la Planète’, elle a décidé, suite aux quelques escapades de l’année, que cette aventure ne se ferait pas … ou tout du moins, pas sous la forme initialement échafaudée.

‘Le Tour du Monde’ est lui aussi devenu une mode, et la mode fatigue Capsicum. Mais ce n’est évidemment pas pour cette raison que l’idée est abandonnée.

A force de lire les récits et de s’inspirer des expériences de ses ainés, Capsicum se rend compte que ce genre d’équipée se réalise souvent sur une à deux années, en exceptionnelle parenthèse de la vie courante. Juste le temps d’accumuler de magnifiques photos, de faire quelques rencontres fortes sur le moment et de revenir à la folie européenne à la suite d’une perturbante et délicate période de ré-adaptation.

Par la suite, l’envie permanente de repartir les taraude jusqu’à ce qu’ils soient aptes à le refaire dans les mêmes proportions, bien des années plus tard.

Capsicum ne veut pas comptabiliser les pays … elle veut les gouter, les sentir, les toucher, les écouter, enfin les vivre comme elle l’a toujours fait. Peu lui importe de les collectionner.

Faire vivre à ses enfants des expériences hors du commun, leur faire rencontrer des façons de vivre inhabituelles, découvrir le monde en dehors des manuels scolaires est toujours le but ultime du projet … mais sans courir, sans être complètement nomades. Certes, vivre sur la route apprend à se détacher des biens matériels et à profiter de l’instant, mais cela conduit souvent à ne pas trop s’investir émotionnellement.

Or ce genre d’expérience ne vaut que si c’est une aventure humaine.

De plus, le ‘Tour du Monde en Famille’ est vécu comme un Graal les années précédentes. Il devient l’objectif pour lequel on met sa qualité de vie quotidienne entre parenthèse. Or partant du principe que l’on peut mourir demain, il est difficilement acceptable de mettre sa vie sur pause, durant des années, en vue d’une hypothétique aventure.

Et puis beaucoup d’inattendus peuvent intervenir (maladie, accident, séparation, opportunités pro, etc), autant d’imprévus qui peuvent tuer un projet ‘Tour du Monde’ dans l’œuf. Évidemment, on ne peut pas tout avoir : le fun avant, pendant et après, car le nerf de la guerre reste toujours l’argent.

L’idée est de s’installer à un endroit de la planète avec un petit rayon d’action, suffisamment longtemps pour comprendre les tenants et les aboutissants de la vie des autochtones. L’idée est de se faire adopter, de partager les joies et les peines, les contraintes et les bienfaits des gens du coin, en évitant d’être un simple spectateur …

L’idée est de s’impliquer sans perturber !

Le point délicat est de coordonner cela avec une vie cohérente en occident, permettant des revenus.

Mais au final, ce plan permet de mettre la vie usuelle de coté, au pire tous les deux-trois ans pour vivre ces riches moments hors du cadre, en un lieu et un seul, quelques mois durant, les partageant avec ceux (enfants, conjoint, amis) qui seront libres de suivre au moment choisi.

Vous trouvez ça utopique ?

Pourtant, c’est bien plus abordable financièrement que de monter un projet ‘Tour du Monde’ parce que le poste ‘transport’ est largement réduit et le temps ponctuellement imparti est moindre.

On dirait les règles du théâtre classique avec une unité de temps, de lieu et d’action ! :)

Cette vision permet une souplesse d’emploi du temps s’adaptant aux impondérables de la vie courante, sans renoncer au voyage au long cours !

C’est aussi la possibilité pour les enfants de suivre des années clefs de leur scolarité en France et d’autres par correspondance à l’autre bout du monde. De quoi leur fournir les opportunités que nos parents nous ont offerts, tout en leur distillant quelques visions alternatives. Cela laisse également au conjoint, la latitude de venir ou non, en fonction de ses envies ou de ses objectifs pro.

Reste à implanter une vie professionnelle perso adaptable à ce concept …

Et Capsicum y travaille ardemment !

La sagesse de la Ménagère.

Partir avec peu certes, mais le préparer à l’avance.

Sauf que Capsicum a toujours du mal à ne pas finir ses valises
dans la nuit qui précède le départ.

David Le Breton

On ne fait pas un voyage, le voyage nous fait et nous défait, il nous invente.

David Le Breton

Partir Autrement

4ème FESTIVAL PARTIR AUTREMENT

“Vivre une aventure unique, s’immerger dans des communautés locales, mener des actions solidaires, rencontrer les personnes qui œuvrent à un monde et un tourisme meilleur, partir à pied, à vélo, en bateau, partir pour créer, voyager pour se réaliser à la rencontre des autres et de soi-même…

Pendant 2 jours, ABM présente plus de 30 projections et organise des débats autour de réalisateurs et d’auteurs, témoins d’une autre façon de voyager.”

2 et 3 avril 2011 à l’Espace Reuilly, Paris 12e

Programme 2011