Bernard Giraudeau #22

Mer belle, nuit belle et belle la Jeanne. Brise de sud-ouest à 6 nœuds pour une rêverie solitaire sur la plage avant.

C’est là que j’étais venu me réfugier en approchant Tahiti, une terre inconnue pour moi, inventée, imaginée. A l’aube ce fut un miracle, un trait hésitant sur l’horizon, un bleu indéfini, une esquisse. C’est une émotion impartageable que d’approcher une côte par la mer, un enchantement inoubliable.

Il en est ainsi en bordant les rives des fleuves mystérieux. La frange d’eau entre soi et la terre contient tous les possibles. Je connaissais une petite rivière sombre dans un marais des Charentes. La barque glissait sous les frondaisons entre les bois morts, s’enfonçait dans la jungle des ronciers et des lianes de chèvrefeuille. C’était ma première navigation, mon premier bateau, sur lequel se mêlaient la frayeur et la sensualité des parfums.

Bernard Giraudeau, Cher amour (2009)

Tabarly et les autres …

Couture, choucroute et musculation, les hommes de l’époque à bord du grand ketch noir de 22m, Pen Duik VI … lors du Triangle Atlantique, sous la camera de Yves Hussenot.

Eric Tabarly (49’00″) : J’ai des équipiers qui font leur service militaire. Évidemment, ça leur donne certainement le gout d’un certain genre de vie. Et peut-être qu’après justement, la vie normal à terre est assez pénible pour eux.

1976 en 1h22 … Une belle année !

Demain Miss Hyde aura disparu

L’évènement semble avoir fait plaisir, alors mon bonheur est grand, même si l’instant était trop fugace par rapport à  l’effort déployé. De fatigue, j’ai le corps au bord des larmes pourtant empli de toute l’affection que j’y ai ressenti. Nous devrions renouveler l’expérience plus souvent, comme un camé a besoin de son fix.

D’un autre coté, au diable les belles notes qui font du bien à mon ego puisque la loi est faite par le marché … Cependant pour un mot, ce soir,  le doute se déploie et les larmes suivent. Pourquoi courir après cette mascarade ? Quelle finalité ? Comme l’impression d’avoir fait la pute pour une ligne de renom sur le CV. Impossible.

Donnez-moi un compas, une voile et une coque de noix pour mon bonheur. La mer me manque, je ne pense plus qu’à cela. Pourquoi ? Et d’où vient cette peine quand j’y pense ?

Demain n’y paraitra plus, j’aurai dormi.

Bientôt, je revolerai sous la Geo II parce qu’on me rendra mes week-ends, parce que la plénitude, seule là-haut, n’est comparable à rien d’autre.

Silence, ça rêve sérieusement.

La boucle qui s’imposait ces derniers mois partait de Nouvelle Calédonie pour y revenir, en passant par la côte Est de l’Australie (pour voir les copains) – côte Est de la Nouvelle Zélande (enfin la découvrir) - Polynésie Française – Vanuatu (dont j’entends tant parler).

Les Tuamotu, Polynésie

Mais l’idée se recentre petit à petit sur le Pacifique Sud (Archipels Société, Marquises, Tuamotu, Gambier, Australes) déjà suffisamment vaste pour avoir le temps d’occuper une douzaine de mois, en prenant le temps de rencontrer ses habitants, explorer les fonds marins et sa faune et jouer les Robinson.
Slow Travel oblige …

La Polynésie Française

Aussi dépaysante soit la destination, l’impression de donner une image déformée du monde aux enfants persiste : exposer un monde où l’on parlerait français partout ! Du coup, il faudrait pousser vers les iles Cook et/ou PitCairn et/ou Kiribati … Cela mérite donc encore une bonne réflexion intégrant la météo, les courants et la saison des cyclones.

La Polynésie

L’œil se perd donc sur les petites annonces de dériveur intégral en alu, pour permettre les échouages volontaires plus aisés à l’approche de beaucoup d’îles de cette partie du monde. L’idée serait de l’acheter directement sur place, de prendre un mois pour le préparer au grand voyage et de le revendre ensuite dans son milieu initial.

L’est-i’ pas beau ce VIA 38 pour 45 000€ ?

Il faut pourtant bien se rendre à l’évidence, le budget conditionne l’aventure : un vieux bateau bien amariné mais qui pourrait receler quelques mauvaises surprises ou un bateau récent, un peu plus sûr et donc terriblement cher. Pourtant l’argent reste pour Capsicum un faux problème qui ne doit pas servir d’excuse.

La famille Delacour a bien fait son tour d’Atlantique sur un voilier prêté contre bons soins … !

Et puis une année … c’est trop court dans l’esprit de Capsicum (mais chut … Ange aime à penser la parenthèse bien définie !). A ≈ 2000 € de billet d’avion par tête de pipe, autant prendre le temps !

Alors que Caps a bien d’autres chats à fouetter (Master 2, préparation de Baptême, recherche de stage et autres voyages à court terme) la voila qui ressort Histoire de Partir, la plus complète bible du voyage sabbatique à la voile et en famille qu’elle connaisse.

Chaque jour, dans les toilettes entre les 4 murs de ses 2 m² de bibliothèque préférée, elle nourrit son vieux projet par la lecture des articles pleins d’analyse et d’ailleurs. Tiens, voilà déjà 6 ans qu’elle le feuillette par période.
Il serait temps de se bouger …

En fouillant le blog, elle excave également un vieux post-plan de préparation de voyage au long cours : La Préparation, datant déjà de 2009.

Tiens la troisième et plus complexe ligne “Faire un deuxième enfant et attendre qu’il grandisse un peu” est presque accomplie. ;) Juste le temps de dérouler le reste de la liste pour être près quand Petit Biloba aura 4 ans.

Pas sûre de pouvoir attendre jusque là … Pourquoi pas 3 ans (soit dans 1 an et demi) ?

Il est temps de se plonger dans le concret !

Projet : Slow Travel en Famille

Tara Tari #1 – Capucine Trochet

… Capucine Trochet, un accomplissement
comme j’aimerais tellement en générer un.

Une approche de la technologie, telle que la société en a tant besoin.

Je partageais avec vous, avant même la fin de son discours et la voilà qui parle de sobriété heureuse, de passion, d’aventurer sa vie, de peur saine, de tri entre problème et contrariété et de belles choses simples.

Et puis, parce que Corentin de Chatelperron (le concepteur et précédent skipper de Tara Tari) est aussi un incroyable bonhomme (clin d’oeil à Sitelle).

Le rêve à portée d’action.

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http://whereistaratari.blogspot.fr/

http://www.goldofbengal.com/

Quand je pense à la vie …

… d’avant “les enfants” !

Les sorties en Laser par force 6 à 7, le ski alpin sans enseignement, le slalom entre les pierres trainée par ma voile de parapente, les soirées téquila à volonté, la plongée sur épave en Atlantique, les nuits du téléthon à descendre d’un donjon en rappel, la traversée du désert en Toyota Starlet, les raids nocturnes vélo-skate, les expériences culinaires au fin fond d’une yourte … à ben non, ça c’était après !

Y’a donc encore de l’espoir.

La parenthèse hawaïenne

Comme une vague qui se rend d’une épaule à l’autre …

… j’ai l’impression que quatre mains parcourent ma peau. Les fragrances suaves et délicieuses me transportent en escapade îlienne. N’opposant aucune résistance, je me laisse bercer par la houle du Lomi Lomi.

A la douce lumière vacillante des bougies, l’unité se restitue, les tensions m’abandonnent. Ni mains, ni avant-bras, ni pulpe des doigts mais une harmonie tantôt douce, tantôt vivifiante qui pétrit, caresse, apaise et soigne mon être. Le travail en profondeur sur les trapézoïdes me renforce et me transporte comme après une session de surf. La musique si légère souffle mes pensées les plus denses vers d’autres horizons.

L’insistance sculpte mon mollet avant de parcourir une zone plus sensible sous le pied. Allongée sur le roof, je succombe un peu plus au rythme de ce balancement inaltérable et enveloppant, comme un instant perdu en mer.

La fluidité de ce savoir-faire polynésien enivre mon corps et mon esprit.
De retour à la vie urbaine, la parenthèse se prolonge pourtant d’image en effluve, d’accord en harmonie dans ma sphère si inlassablement tempétueuse.

Janvier 2013

Analyse du Vendée Globe 2012-2013 par de Broc

Il revient notamment sur les pénalités dont lui et Bernard Stamm ont fait l’objet. Il les juge indélicates, traitées comme lors d’une course olympique et propose une commission entre le jury et l’organisation pour éviter de finir comme la Coupe de l’America munis d’une kyrielle d’avocats.

© OLIVIER BLANCHET / DPPI / Vendée Globe

Bertrand de Broc : « Quand je m’engage, je ne le fais pas à moitié », www.vendeeglobe.org, 11-03-2013

De Broc coupe la ligne !

Bertrand de Broc boucle son tour du monde en 92 jours, 17 heures, 10 minutes ! Dont 12 heures, au titre d’une pénalité qui lui a été infligée ce dimanche pour avoir déplombé un bidon d’eau de survie à cause des pannes de ses déssalinisateurs.

Pour un problème moteur, il amorce son entrée dans la rade des Sables, à la voile, avant que son bateau soit pris en charge par les semi-rigides. La troisième tentative fut la bonne !

Voilà une belle ténacité. Bravo …

2013 … en perspective !

Coronographie, exploration ventriculaire, IRM cardiaque … quand je vois comment Mummy fait son expérience hospitalière, un regain d’envies vient me hanter.

* Pour l’altitude, vivement que le printemps me permette de revoler sous notre petite Geo II. Les ascendances me manquent de plus en plus.
* Pour les profondeurs, la plongée revient dans ma ligne de mire. Aller au moins jusqu’au niveau 2 ne gâcherait rien à mon expérience de la mer.
* Sans oublier l’altitude 0 où les embruns commencent à manquer durement. Il est temps de m’y mettre plus sérieusement, histoire de densifier quelques compétences voileuses, afin d’atteindre une réelle autonomie. On ne sait jamais, des fois que cela serve dans l’avenir …
* Notre nouvelle implantation géographique fait que la traversée Nord-Sud du Vercors par les crêtes me titille de plus en plus. Ce pourrait être un joli projet sans trop de frais, avec quelques copains.

Hauts plateaux du Vercors

Petit Ginkgo (presque 6 ans) commence à avoir un âge raisonnable pour lui faire partager nos périples à travers le monde, pour lui faire goûter inattendue.
* La Namibie reste bien sûr LA destination à mon goût, mais elle ne fait pas l’unanimité au Phare.
* La Nouvelle Zélande en nomade est un vieux rêve que l’on partage.
* Et nouvellement, mon attention a été attirée par les Galapagos.
* Du coté voyage pépère (quoique), revoir une copine serait agréable tout en découvrant le Canada.
* Et puis, il y a toujours le Japon en toile de fond !
Le porte monnaie n’est évidemment pas extensible mais notre façon de voyager n’est pas des plus onéreuses.

C’est bien beau, tous ces projets venant résonner en moi, mais n’oublions pas que j’ai encore un Petit Biloba de 4 mois, accroché au sein. N’allons pas trop vite non plus. Il serait dommage de gâcher ce moment unique avec un si petit enfant.

Je vois tout cela comme des bulles d’air à venir.
Ce n’était donc pas spécialement mon boulot chez Industrie & Co qui me faisait languir d’ailleurs et d’aventures … C’est comme ça, le système d’exploitation d’origine de Capsicum. ;)

Quoiqu’il en soit, ces idées sont très ponctuelles or j’ai vitalement besoin d’un projet consistant, à plus long terme, dans lequel investir toute mon énergie. Et j’ai beau chercher, je perds de ma fantaisie en matière d’avenir. Les deux/trois reconversions envisagées me semblent aléatoires et la perspective d’un retour dans l’industrie me semble source de grand stress (pourtant pas insurmontable et suffisamment lucratif pour faire d’autres choses en parallèle).

Allez Mummy, accroche toi !
Y a plein de trucs passionnants encore à faire.

De Broc – Quelques sponsors de plus !

A une semaine du départ du Vendée Globe, Bertrand De Broc n’a pas encore bouclé son financement. Il lui manquerait moins de 100 000 euros …

Votre Nom Autour du Monde

En attendant, le tournage de la banque d’images réalisée samedi 27 octobre par 35 à 40 nœuds de vent entre Les Sables d’Olonne et l’île d’Yeu est une réussite.

Avec un parrain comme Frédéric Lopez, ce bateau devrait avoir la baraka !

A samedi prochain …

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Bertrand de Broc : « Je n’ai pas eu à forcer mon destin », www.vendeeglobe.org, 03-11-2012
Quel budget pour faire le Vendée Globe ?, www.vendeeglobe.org, 07-10-2012

Bertrand, la mémoire du Vendée

“Au fil des années, le navigateur de Votre Nom autour du Monde a vu évoluer le milieu de la voile et souvent de manière significative : « Quand je compare les machines d’aujourd’hui avec les bateaux des premières éditions, c’est un monde. Maintenant, ce sont de véritables usines à gaz. Et paradoxalement avec le développement des nouvelles technologies, les tâches se sont démultipliées. Sur les premiers Vendée Globe, on allait chercher la météo une fois par jour, c’était bien suffisant. On barrait sûrement plus, mais on passait moins de temps sur les réglages. Le reste du temps, on bouquinait, on dormait, on se faisait à manger. Aujourd’hui, il va falloir aussi faire de la vidéo, des photos, envoyer des mails, faire vivre la course au jour le jour. Je me dis parfois qu’à ce rythme, on ne va même pas se rendre compte du temps qui passe. »”

Bertrand de Broc, 20 ans de Vendée Globe, www.vendeeglobe.org, 30-10-2012

Vendée Globe 2012-2013

Départ Samedi 10 Novembre 2012

Rien que d’y penser, j’ai des frissons.
Allez Bertrand !

Première victoire depuis 26 ans …

… pour des français !

Une énorme bravo à Groupama, son team et son skipper Franck Cammas qui en arrivant deuxième cette nuit en Irlande remporte le trophée de cette magnifique Volvo Ocean Race, non encore close !

PAUL TODD/Volvo Ocean Race

“250 points au général, et il ne reste qu’une course In-Port samedi 7 juillet. Elle ne rapportera pas assez de points pour affecter le classement. C’est gagné.”

L’exploit, www.volvooceanrace.com, 02-07-2012

“C’est la course la plus difficile que j’ai pu faire, la plus longue, avec le plus haut niveau sportif et les concurrents les plus affutés. Alors forcément, c’est celle que je retiens le plus aujourd’hui. C’était déjà un rêve de participer à cette course – la gagner, c’est au delà de toutes mes victoires.”

Franck Cammas

Et que dire de ce superbe In-Port à Lorient … le week-end dernier ?

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Galway, l’ambiance, les émotions, l’histoire, www.volvooceanrace.com, 03-07-2012

Instants précieux

Au large de la Corse,
6 Juin 2010.

Il y a des moments où le temps s’évanouit, où le monde n’est plus que merveilles.

Ce matin là, quand je monte sur le pont, seul l’un des Adorables est là pour veiller sur la route du navire. Il prolonge son quart, profitant de la clarté du jour naissant.

Petit à petit, un anormal bruit d’eau attire notre attention vers la proue. Ils sont là … à jouer avec l’étrave : un, deux, trois, quatre dauphins à tribord et trois autres à bâbord.

Juste le temps de mettre le pilote auto en marche et nous voilà à plat ventre sur la plage avant. S’en suit 3/4 d’heure à observer les dauphins virevoltant dans l’eau.

Chaque fois qu’ils croisent leur trace ou échangent leur position, les rayons du soleil argentent leur peau. Quelle puissance à chaque remontée à la surface. Quelle agilité à 11 noeuds ! Ils exultent à jouer avec notre voilier.

Nous aperçoivent-ils ? Ont-ils décelé l’immense joie qui nous parcourt face à ce paisible et si intense spectacle ?

Rien de plus fascinant pour illuminer une journée.

Multiplast, mon idole !

Cette boite de construction nautique à Vannes, notamment impliquée dans la construction de nombreux bateaux de course à la voile, fut la première destinataire de mes lettres de stage (il y a de cela presque une quinzaine d’année).

Aujourd’hui, Multiplast travaille sur le Maxi80 Prince de Bretagne
de Lionel Lemonchois pour le Rhum 2014.

Les étapes de stratification me font regretter mon métier … L’Homme La Femme n’est décidément jamais content(e) !!

Drapage au Prepreg chez Multiplast (08-03-2012)

Interview de Thomas LEMPERIERE (Chef d’équipe chez Multiplast) (08-03-2012)

Qu’est ce que c’est beau !

Toutes les vidéos de Prince de Bretagne.

Solitaire cherche foule de sponsors …

Bertrand de Broc s’alignera au départ du Vendée 2012-2013 et comme pour 1996-1997 son bateau s’appelle ‘Votre Nom Autour du Monde’, une façon très astucieuse de regrouper les fonds nécessaires. Capsicum se souvient si bien de son bateau jaune …

En 1996, Bertrand avait monté l’opération de cette grande souscription originale et plus de 6000 personnes faisaient le Tour du monde avec leur nom inscrit sur la coque pour 250 francs. Aujourd’hui, pour 50 euros, il espère 30 000 souscriptions.

Cliquez sur l’image pour accéder au site de la souscription.

L’idée vaut bien 50 euros ! Faites passer …

Le blog de Bertrand de Broc
Le site de la souscription
La page Facebook de Votre Nom Autour du Monde

Oracle AC45 dans la baie de San Francisco

Les grands (Russell Coutts …) jouent comme les petits !

Toujours à la dernière minute

Ravito pour we voile : ok …
(après 2 aller-retour(s) pour cause d’heure de sortie d’école et 3 heures de rayons et d’attente)

Comme si j’aimais faire les courses ! ;)

Maintenant, plus que 2h pour faire 2 sacs (repassage compris …)

C’est du boulot les vacances.

Pas résistée …

De belles images pour ce premier acte à Muscat.
Dommage que Gitana n’ait pas réitéré à Qingdao.

Acte 3 du 27 au 29 Mai 2011 à Istanbul

J’ai toujours eu un faible pour les cata !

Une certaine idée du luxe …

Les bouches de Bonifacio,
Juin 2010

La navigation est lente pour rejoindre le point le plus au sud de la France. Eole n’y mettant pas du sien, le décor très minéral défile avec moult détails sur la mer d’huile. Pour en avoir tant entendu parler, je suis un peu déçue de cette monochromie embrumée des Lavezzi, surtout quand les Whitsundays sont à jamais gravées sur votre rétine.

Une fois au mouillage dans cette anse plus ou moins protégée, havre de paix des oiseaux de mer, un magnifique coucher de soleil happe toute notre attention. L’endroit attise ma curiosité.

Vraiment trop tard pour mettre un pied à terre ? Jamais !
Débarquant à la rame, nous longeons le muret du cimetière du Furcone pour nous enfoncer plus avant dans les terres. La lumière rasante enveloppe d’une teinte orangée le chaos rocheux. La prairie regorge de touches de couleur survivant à l’aridité du maquis. Un peu plus loin, au bout d’un sentier, se dresse une bergerie de pierre, probablement du 19ème. L’île est vaste et ne pourra être explorée dans son intégralité ce soir.

A cette heure tardive, l’endroit répond comme à un fantasme d’escale de tour du monde sur une île magnifiquement déserte … si on en oublie les quelques voiliers alentours.

Après une soirée comme toujours très agréable, l’équipage semble dormir à point fermé. Dans ma cabine, je récrimine, disserte et repeins en gris mon quotidien urbain. Ce soir là, la décision est prise : quelque chose doit changer coûte que coûte.

Mais au lieu de me laisser aller dans les bras de Morphée, les pas du Capitaine sur le pont me gardent éveillée. Est-il insomniaque ou craint-il un dérapage ?

Voilà comment 7 olibrius se retrouvent à assurer un double mouillage au clair de lune. L’un en homme grenouille sonde le sol marin de son puissant projecteur, l’autre s’évertue à faire fonctionner le moteur d’un youyou capricieux, le troisième finit par prendre les rames, les deux autres exercent leur regard perçant, le bras droit se rend fort utile alors que le chef d’orchestre à la barre du navire coordonne la manœuvre. Le huitième n’entendra parler de la péripétie nocturne qu’au petit déjeuner.

A l’heure où le soleil a rendu toute sa palette de couleurs aux Lavezzi, l’escale déserte et précieuse s’est transformée en destination de choix pour traines-couillons bondés. A bien y réfléchir aucun mépris ne m’assaille, juste une jalousie d’ainée qui se doit de prêter ses jouets …

L’annexe ronronnante s’éloigne, conduisant l’équipage aux abords de la Pyramide de la Sémillante pour palmer dans ses eaux turquoises. Qu’à cela ne tienne, nager jusqu’au monument ne me fait pas peur. Il restera à grimper en solo, nus pieds sur la roche, pour comprendre l’hommage fait aux 702 marins qui périrent lors d’une tempête de mi-journée, ce 14 février 1855.

De ce coté, les vagues s’éclatent et font bouillonner la mer tyrrhénienne. A l’abri des regards réprobateurs, plonger par la face ouest du récif pour rejoindre l’île principale, me vaut toute l’attention d’une mouette affamée. Une fois le pied sur la plage d’Achiarina, quelques autres criques plus intimistes se découvrent à mon œil curieux en arpentant l’île écrasée de soleil.

Quels bergers auront vécu ici 6 mois durant avec leur troupeau ? Vue sous l’angle printanier, la solitude me parait d’une douceur attractive. Il manque juste un optique pour emporter l’image du paradis sur terre. L’oubli sera rectifié.

Nous quittons à la voile la réserve naturelle des Lavezzi pour les Maddalena, chapelet d’iles au Nord-Est de la Sardaigne. A quelques miles de là, le paysage change significativement. Sous spi, la puissance de l’accélération se rend délectable, ce qui ne gâte rien de notre plaisir de mer. Mais sous l’influence de quelques venturis et une manœuvre peu académique du voilier, le spinnaker s’emmêle autour de l’étai. Il sera finalement récupéré avec brio.

Voiles affalées, à l’heure de trouver un abris pour la nuit, les italiens s’imaginent que nous allons payer une bouée de mouillage au prix d’une place de port.
C’est bien mal nous connaitre.

Alors que le soleil décline, c’est au moteur que le bateau se faufile vers Porto Puddu en Sardaigne. Chacun vaque paisiblement à ses occupations dans le carré, alors que je me surprends à aimer frissonner sur le pont, une main sur la barre à roue et l’œil sur la route.
Une certaine idée du luxe me régale, ce soir, prenant ma douche durant la navigation, prête à remonter à temps pour les manœuvres de mouillage.

A la nuit tombée, malgré une violente attaque de moustiques, la pêche miraculeuse des hommes du bord et un peu de rhum rendront notre soirée joliment festive !

Au matin, nous nous réveillerons au paradis des windsurfers.

Comment naviguer en ville ?

Les passionnés trouvent toujours un moyen …

The Extreme Sailing series™ 2011 se préparent …

5 Février 2011

Planatona et ses surfs diaboliques.

Quand les digues ne sont pas perpendiculaires aux vagues …

Moth Worlds 2011

Ça a l’air bien sympa ce petit jouet solo !