Quand le Phare se dresse en eau bénite !

Le lanterne chinoise frémit. Ce bruit de frottement contre un lampion rond attire mon attention sur la brise qui vient de se lever. La fête est finie, il faut maintenant tout décrocher, tout ranger.

Je prends mon temps pour savourer encore ces moments d’émotion. Marraine aussi blonde que son filleul, tout en tendresse, qui par ce rite entre dans ma famille. Elle l’était déjà tant dans mon cœur, elle saura être présente auprès de mon p’tit gars.

Le fil de nylon se montre récalcitrant et m’offre alors le temps de revoir les larmes de ma mère nous écoutant chanter Là où je t’emmènerai dans l’église haute et blanche qui magnifie nos voix. Trois pour porter avec moi cette chanson pleine de sens vers mes enfants. Mes amis, merci d’avoir fait tant de kilomètres pour nous accompagner.

Le silence du soleil couchant commence à s’étendre sur le quartier, mais j’entends les rires, les discussions, les verres s’entre-choquer. Un moment, je me suis demandée si tous nos mondes allaient finalement se mêler. Et puis, l’ambiance aidant, mon enfance a approché mon présent, qui a conté ses belles histoires d’hôtesse de l’air à la très belle égérie du moment du beau gosse de service, qui a découvert les liens de ceux qui ont surmonté l’adversité par l’amitié, qui ont retrouvé nos parents avec le même plaisir qu’au baptême précédent, qui se sont félicités d’avoir leur trois enfants, enfin réunis, même si ces derniers ne se sont pas adressés la parole.

Un frisson me parcourt à la lecture du texte tout en responsabilité et profondeur que le parrain a exprimé pendant la cérémonie. Petit Biloba (20 mois) aura là, le bel exemple de l’entreprise, de la liberté de pensée et de l’humour, une richesse. Même si notre italien semblait un brin brimé, dans sa joyeuse folie.

Les autres décorations ‘vert anis et blanc’ resteront encore un peu au Phare, pour Read more »

J’ai toujours cru #2

… que dans les génériques, ils écrivaient tout le film !
(comprendre : transcrire tout le scénario)

Ginkgo (7 ans et 1 mois)

Mots d’Enfant
J’ai tjs cru

Mot d’Enfant – n°93

Maman ! Arrête de faire l’enfant …

Ginkgo (7 ans et 5 jours) observant Capsicum (37 ans)
faire la danse exaltée de la joie, après avoir reçu un 18/20.

Mots d’Enfant

Mot d’Enfant – n°92

Je vous attends depuis des heures !
Mais comme il n’y a que 14 fenêtres d’allumées dehors, je me suis dit qu’il était très tôt.

Ginkgo (6 ans et 10 mois), debout depuis 1h12, habillé de la tête aux pieds.
7h20, Jour de Noël 2013

Mots d’Enfant

Toujours stupéfaite …

Encore un post enfoui dans les archives-brouillon, par trop nombriliste sûrement.

Lyon, 6 septembre 2013

Mère indigne qui trouvait que son second fils, aussi craquant soit-il, était esthétiquement moins réussi que le premier !

Il faut dire Petit Ginkgo était un bébé de catalogue, un vrai bébé Cadum Mixa (à l’exception d’une non-ressemblance de sa mère avec Estelle ;)   ).

Tout de suite, je sens votre haro sur les comparaisons.
Mais non. J’observe froidement les faits. A-bas le politiquement-correct qui trompe nos sentiments et empêche de les résoudre.

Mais voilà qu’en 1h, pas moins de 7 inconnus envoient des gerbes de compliments, les yeux étoilés, quand à la joliesse de ma progéniture, comme à chaque fois que nous sortons.

Certes un petit blond de moins de 80 cm, aux yeux bleus, se baladant en toute confiance à travers Ikea ne peut qu’attirer l’œil. Mais entre l’étonnement des papas quant à l’aisance motrice du petit garçon de 13 mois et l’émerveillement des femmes au sujet de sa frimousse d’ange, je reste bouche bée par tant de sollicitude.

La palme va à cette dame observant le bébé jouer avec son frère entre les sommiers et les lits : “Qu’est-ce qu’il est mignon, vraiment ! D’ailleurs le grand aussi … Vous les avez bien réussis.”

Soyons honnêtes, nous n’en avons aucun mérite !

Mais pourquoi bouder un tel plaisir qui chaque jour transforme mon regard à son profit ? Aussi accueille-je ces éloges avec un radieux “Merci, pour lui/eux.”

N’attirons pas plus les foudres des Dieux et espérons que cet aspect perdure mais ne soit pas leur seule qualité. :)

La densité n’a pas de prix !

Mais elle éloigne Capsicum du blog.

Pas vraiment le temps de parler de la proximité humaine dans le métro parisien, de la féerie du Cirque du Soleil qui me rappelle toujours Melbourne, de Petit Biloba (16 mois) qui prononce ‘Chat’ avec beaucoup de plaisir, des potes quittés 10 mois auparavant qui nous accueillent comme si c’était hier, de Miss Sergent Major qui décide systématiquement du planning de Noël, du rhume qui nous plie tous sauf Ginkgo, de mon appareil photo qui prend la poussière et des devoirs d’Intelligence Stratégique toujours plus nombreux à chasser les précédents.

Kooza – Cirque du Soleil

Petit Biloba débutait hier ses 4 demi-jours par semaine chez Nounou Pikler après 1 mois acclimatation. Avec un peu de chance, je vais donc rattraper mon retard et à nouveau partager les évènements parapentes, le pari fou de tour de monde en cata sportif d’Yvan Bourgnon, le record de vitesse en kite à 104,86 km/h d’Alex Caizergues, les dessins de rue de Banksy et les projets de slow travel qui me trottent en tête.

Cette cure de jouvence étudiante me rappelle tous les jours qu’avec 2 enfants et une vie rythmée à la française, les adultes se prennent souvent bien trop au sérieux.

Attendez-moi.

Cirque du Soleil

Mot d’Enfant – n°91

Il y a un avant et un après ce début de phrase entendue dans la voiture en rentrant de l’école :

“Tu sais Maman, j’ai lu dans un livre (…)”.

Petit Ginkgo (6 ans et 10 mois) est désormais capable de puiser par lui-même les informations dans les livres !

Le soir en quittant sa chambre après l’histoire, je l’entends lire pour lui. Je ne dis rien de ma fierté mais je ferme la porte avec bonheur.

Et je ne vous parle pas d’internet, décidant qu’il interrogerait Google sur tous les animaux qui l’intéressent.

Une nouvelle ère est née où Petit Ginkgo n’est plus si petit.
Il devient Ginkgo !

Mots d’Enfant

Considérable Gesret

Vous souvenez-vous du Dr. Souffle qui offre tous les 3 mois à Petit Ginkgo le délectable jeu du ballon s’éclatant contre une pointe au plafond ?

Penché sur les résultats, il s’exclame d’un air interloqué : “Les améliorations sont considérables et les courbes complétement normales.”, comme si ça l’étonnait un peu. Puis d’un sourire satisfait, il ajoute : “Le traitement est parfait !”.

Je ne lui dirai pas que Petit Ginkgo a rencontré par trois fois, M. Bavard, ostéopathe aguerri à la méthode Gesret. La première fois, l’ostéo a beaucoup observé l’enfant, l’a manipulé au niveau du thorax, a appuyé ici et là, a tourné dans un sens, puis dans l’autre. La deuxième fois, il a travaillé au niveau des cervicales et la troisième, il a bossé plus en finesse, malgré mon air dubitatif de Cerbère à l’affût du moindre dérapage.

Je ne lui dirai pas, pas encore. Je ne sens pas Dr Souffle près à accueillir les prouesses d’une médecine complémentaire (et encore, simplement une découverte d’après Jacques R. Gesret), qui pourrait remettre en question ses certitudes. “Vous voulez dire parallèle” m’avait-il rétorqué à notre dernière visite, pour bien me faire comprendre qu’en dehors de l’Allopathie point de salut.

Pourtant, c’est incroyable.
Depuis tout petit, Petit Ginkgo (6 ans) chope tout ce qui traine et le transforme en bronchite, notamment à l’approche de l’hiver. Or voilà 3 mois (septembre/octobre/novembre) qu’il passe entre les gouttes de nos petites maladies familiales. Il s’est même payé le luxe de se faire un petit rhume sans que cela finisse sur les bronches.

Dr Souffle se gratte la tête et me répète “C’est spectaculaire.” puis conclut son rapport par “Asthme contrôlé”. Je te le confirme. C’est spectaculaire.

J’entrevois le carcan des corticoïdes inhalés se desserrer autour de Petit Ginkgo jusqu’à ce que Dr Souffle s’envole “Alors, c’est bien. On va continuer avec le même traitement au moins encore pendant 3 autres mois.”

Certes, je ne peux assurer que ce soit plus la méthode Gesret que le salmeterol xinafoate (une des deux molécules du Seretide) qui ait permis cet étonnant résultat puisque l’enfant prenait son traitement en parallèle de l’application de la méthode Gesret.

Cependant, aux vues de ces résultats favorables et de l’étonnement même du pneumologue, voici venue la phase scientifique de responsabilité parentale : choisir de réduire le traitement par inhalation, contre les conseils du pneumologue, pour observer si l’enfant se porte aussi bien.

Il n’y qu’à l’issue d’une période suffisamment longue sans aucun traitement que Capsicum pourra statuer quant à l’efficacité de la fameuse méthode Gesret sur l’asthme à commande virale de Petit Ginkgo.

Le fait est que le gamin ne fait plus de crise.
A suivre !

Méthode Gesret

Ne pas toucher terre …

Une expression qui n’avait pas beaucoup de sens jusqu’à ce que je me mette à bosser comme une dératée 3 jours d’affilés non-stop pour rendre un devoir !

Et je ne vous parle même pas de l’Esprit Frappeur qui s’est invité chez nous : à coté du Phare, le Beyrouth de 1982 est le jardin d’une garden party après la fête !

Le sujet de mes cours est passionnant, même si j’ai du mal à imaginer le ‘sens vital’ que je pourrais mettre dans un poste relatif au sujet. Malgré tout, les opportunités commencent à s’ouvrir à moi par le biais du réseau. Être imaginative pour débusquer l’emploi qui saurait me transporter …

Sicile

Quand les we ne sont pas bouffés par le Master 2, ils débutent et finissent sur la route, comme si une volonté indicible m’encourageait à renouer avec les bons potes.

Un second souffle ravive ma curiosité sur le monde, n’ayant de cesse de tracer des plans pour partir à l’aventure avec Petit Ginkgo (6 ans et presque 10 mois), maintenant que Petit Biloba (16 mois) commence à pouvoir se passer de moi. Justement quand je manque de temps !

La vague me porte, saisissant les jolis moments de complicité entre mes fils, entretenant la flamme avec Ange, rêvant à nouveau à un exaltant avenir prometteur et planifiant mon retour sur l’eau et sous un parapente.

Elle s’en va petit à petit cette ombre si bien décrite par Philippe Labro dans Tomber sept fois, se relever huit.

Pourtant à cette saison, j’hiberne d’habitude.

Mot d’Enfant – n°90

C’est trop nul !
C’est Petit Biloba qui fait les plus beaux rots mais mes copains, ils ne sont même pas là pour l’entendre.

Petit Ginkgo (6 ans et 8 mois)

Mots d’Enfant

Petits Bonheurs – n°58

Alors que Queen rock notre petit déjeuner, Petit Ginkgo frappe ses mains en rythme et Petit Biloba bouge ses petites fesses avec un sourire radieux.
Que demander de plus ?

Petits Bonheurs

Mot d’Enfant – n°89

Les enfants s’entrainent à cheval pour un spectacle ‘sous le château d’Alexis Russe’ !

Petit Ginkgo (6 ans et 8 mois)

Comprendre : ‘sous le chapiteau d’Alexis Gruss’

Mot d’Enfant

Allopathie à bout de souffle …

Petit Ginkgo ne rechigne jamais à aller chez le pneumologue car le praticien lui propose un excellent jeu : un ballon virtuel à gonfler à l’aide du souffle jusqu’à ce qu’il atteigne le plafond et éclate contre une pointe.

Un jeu d’enfant qui fait dire au spécialiste que plus ils vieillissent et plus ses patients ont du mal à réaliser l’exercice. “D’ailleurs, l’autre jour je disais à ce grand benêt de 15 ans que même un enfant de 5 ans y arrivait sans mal !”


La mesure est réalisée plusieurs fois pour observer la reproductibilité puis il remet ça après un petit pchitt de bronchodilatateur. Et voilà 76 euros pour faire tomber le diagnostique : asthme à commande infectieuse. On s’en doutait vu les bronchiolites et autres bronchites auxquelles il a été accoutumé ! Le tout assorti d’un traitement de 3 mois à base de corticoïdes à inhaler chaque jour, qui me fait tousser à l’idée d’effets secondaires pseudo inexistants d’après le Doc.

Les grandes vacances passées à suivre le traitement à la lettre, Petit Gingko refait un épisode bronchique exactement 3 jours avant le fameux rendez-vous avec Dr. Souffle.

Et rebelote, souffle, ballon, 76 euros, kiné respiratoire et Solupred (corticoïde en comprimé). “Madame, si un autre épisode de ce type devait se reproduire avant la fin de l’année, il faudrait consulter un pneumologue pédiatrique. En attendant, nous allons corsé le traitement !”


J’en avale ma carte vital et lui demande de m’informer clairement sur les potentielles complications dues aux corticoïdes même inhalés et surtout au long court. Grâce à sa banque de données, j’apprends qu’il existe des cas de perte de densité osseuses, d’attaque de l’os de la mâchoire inférieure, de retard de croissance “mais un sujet asthmatique peut mesurer 1 cm de moins que la moyenne uniquement à cause de sa maladie” assure-t-il. “Un asthmatique doit suivre son traitement coute que coute !”.

Mais bien sûr, et la marmotte met le chocolat dans la papier d’alu.
Je veux bien que les asthmes sévères ne se traitent pas à la légère sous peine de graves conséquences, mais là les symptômes sont clairement et uniquement viraux.

Synthétisons : A cause d’un léger asthme viro-induit, l’enfant de 6 ans devra suivre pratiquement à vie un traitement de fond, sans jamais être guéri. Au bout de 30 ans, les corticoïdes auront eu raison de ses os … Impossible de me résoudre à accepter un tel risque sans remuer ciel et terre.

A l’issu de la courtoise discussion, M. Souffle propose d’ajuster le traitement avec un anti-leucotriènes, qui permettra de réduire les doses de corticoïdes.

Malgré tout, d’autres questions me taraudent : l’asthme est une inflammation des bronches or une inflammation est une réaction défensive à une cause. Donc la bonne question est : quelle est cette cause ?

Plus portée par une notion de médecine globale à la chinoise que spécialisée à l’occidentale, j’en parle à mon ‘acuponcteur – ancien interne des hôpitaux de Lyon – ancien SOS Médecin’ qui note que n’importe quel étudiant en médecine sait qu’il est contre indiqué de prendre des corticoïdes en cas d’atteinte virale. Pour mémoire, Petit Ginkgo présente un asthme à commande virale. Il ajoute qu’il y a un nombre incalculable d’états pathologiques rangés sous la catégorie ‘asthme’ et que la médecine allopathique se borne à tenter de résorber ces nombreux symptômes plutôt que résoudre l’origine du mal. Petit Ginkgo le verra courant octobre.

Et voilà qu’apparait la méthode Gesret, une analyse ostéopathique qui tend à expliquer l’asthme, certaines allergies et le psoriasis par un déséquilibre du squelette. En 2 à 3 séances, les sujets semblent stabilisés. Toujours méfiante quant aux méthodes miracles (ce n’est quand même pas un traitement à vie ;) contrairement à d’autres), je suis ouverte à tout témoignage à ce sujet et attends pour voir, tout en prenant rendez-vous pour le petit gars.

 

Par acquis de conscience, Petit Ginkgo prendra évidemment le traitement prescrit par le pneumologue (au moins jusqu’à la prochaine visite) mais la piste des médecines complémentaires ne me semblent pas être dénuée de discernement.

A suivre …

Méthode Gesret

Pour faire original … un jour de rentrée des classes.

Après avoir joué les électrons libres avec ses copains dans la cour de l’école, Petit Ginkgo lance, en chopant son cartable à la volée :
- Bon, alors elle est où ma maitresse ?
- Là bas !

Ai-je juste le temps de lui indiquer avant de le voir disparaitre bras-dessus bras-dessous vers sa classe, un air satisfait accroché au visage.

Euh, moi aussi, je t’aime Mon Amour.

Nota : oh yeah, free time for me …

A lire aussi : Rentrée

Quand Petit Ginkgo fait 2 spectacles en 48h …

… Capsicum ne cache pas sa fierté !

ndlr : Bon d’accord ce sont des nouvelles fraiches d’il y a un mois.

Tintin au Congo

Les voyages ouvrent l’horizon …

Mais celui un brin méprisant de Tintin au Congo me laisse perplexe.
Un choc quand on vient de refermer Le Lotus Bleu qui traite aussi d’une certaine aire coloniale mais sous l’angle d’une prise de position plus engagée pour les peuples autochtones !

Ça nous apprendra à ne pas les lire dans l’ordre de parution.

Certes, ce deuxième album d’Hergé a été écrit dans les années 30, un contexte fastueusement colonial où la chasse en Afrique était un sport très développé chez les Blancs, mais 83 ans plus tard la BD ébranle nos valeurs actuelles.

Chasser l’éléphant pour ses défenses est déjà difficilement acceptable mais que le cher jeune reporteur, supposé bien sous tout rapport, fasse un trou sur le dos d’un Rhinocéros à l’aide d’une chignole pour y placer un explosif … est carrément ignoble.

Les scandinaves avaient modifié cette planche dès sa parution dans leurs pays.

Notre époque de pseudo-bien-pensants a ses propres rites malsains.
Elle est donc mal placée pour émettre des jugements de valeur sur les pratiques du début du 20eme siècle.

Cependant, j’en reste quand même éberluée à l’heure de l’histoire du coucher. Heureusement que certains comportements ont évolué.

Sur ce coup, Tintin n’avait pas encore eu vent du politique correct !

Mais que voient les yeux d’enfant ? Juste une grosse blague irréelle d’après Petit Ginkgo.

Sales gosses #1

Récupérer Petit Ginkgo après une séance de Kapla (tout de même 10 euros pour 1h30) offerte désintéressement  (hum, enfin disons que ce serait bien s’il n’avait pas besoin de notre inspiration pour construire).

Pas ce chef d’œuvre mais un autre très similaire !

Le voir faire la gueule parce que Caps n’a pas voulu lui
acheter un livre de modèles, estampillé Kapla.

J’ai toujours cru #1

Quand j’étais petit, je pensais que les antivols, c’était pour empêcher les objets de s’envoler avec le vent.

Petit Ginkgo (6 ans et 5 mois)

Mot d’Enfant
J’ai tjs cru

Delighted wednesday

6h45, Petit Ginkgo passe à pas feutrés dans le couloir, alors que les jours d’école, son père arrive difficilement à le faire lever avant 7h15.

Les mercredis ont un charme invisible pour les parents !

NB : Quelque part, je le comprends … Enfant, je demandais à ma mère de me réveiller les mercredis matin pour avoir le simple plaisir de me rendormir.

Ca sent la fin …

… comme chaque année quand Roland Garros pointe son nez.

Dernier cours de natation, réunion de rentrée 2013-2014 à l’école, projets de vacances, etc. Ça file encore plus vite avec deux enfants.

Stop !
Je le regarde faire voler son aigle Légo. Il tourne autour de la table et amorce un atterrissage. Les traits de l’enfant sont fins, ses yeux clairs, comme il grand !

Voilà plus de deux ans que nous avons posé nos cartons au Phare. Petit Ginkgo n’a plus grand chose à voir avec l’enfant de 4 ans qu’il était en arrivant. C’est aussi ce changement d’environnement qui a contribué à le propulser vers une autre étape, au delà de son paradis perdu : le plat pays, sa nounou et sa maitresse adorées, l’appart du 8ème.

Aujourd’hui, voilà un vrai petit mec, un pied hors de l’espace de spontanéité, tantôt pour ne pas faire de peine quand un cadeau ne lui plait guère, tantôt présentant les choses à l’avantage de son interlocuteur pour arriver à ses fins. Je regrette un peu la franchise à tout casser de ses plus jeunes années mais que voulez-vous, maitriser les codes d’une société en donne la clef … Il approche de l’âge de raison.

Il était impatient, impatient d’avoir 6 ans, impatient de perdre sa première dent, impatient d’entrer en CP. Quelle incroyable volonté d’être toujours plus grand quand on sait qu’après le temps passe toujours trop vite !

Bien installé dans cette vie lyonnaise, il ne la troquerait pour rien au monde, pas même pour un voyage en famille vers l’ailleurs …

Cette année fût celle de l’éclosion comme le soulignait sa maitresse qui voit Petit Ginkgo toujours affamé de connaissances et de nouvelles compétences. Il évolue à l’école comme un poisson dans l’eau, s’intéressant à tous les domaines et se fixant lui même ses objectifs personnels. Pas peu fier d’être parmi ceux qui lisent ou abordent la multiplication (oui, moi aussi j’étais étonnée !)

Les copains prennent aussi une grande place dans sa vie, entre jeux de bagarre et conneries complices, il est complètement à l’aise au milieu des siens. Comment vais-je lui annoncer que la plupart de ses copains ne seront pas dans sa classe l’année prochaine ?? Certes, il y aura toujours la cantine et peut-être les récré, mais …

Oh, Petit Ginkgo de mon cœur qui peut tout aussi bien tartiner lui-même ses cracottes de beurre que soudainement m’extorquer un câlin, prendre l’initiative de sortir son frère du lit qu’avoir besoin de ses doudous quand il est fatigué. Il semble bien dans ses baskets. Surtout reste un p’tit gars sympathique.

“J’ai oublié”, “Je n’avais pas entendu” quand il s’agit de hâter le pas pour se mettre en pyjama ou se brosser les dents mais l’histoire du soir ne peut absolument pas en pâtir.

L’enfant qui autrefois éclatait en colères impressionnantes et mémorables exprime petit à petit ses sentiments, les apprivoise, surmonte ses appréhensions. Ses silences m’inquiètent parfois …

Globalement il gère. Il gère son temps d’écrans, les jouets qu’il apporte à l’école (même si c’est interdit), ses apprentissages et les sports qu’il veut faire. Il gère, pose des questions, bavarde, invente, est ingénieux et autonome.
Je suis en admiration.

Quelle année !

Le clan des mères de l’école.

Petit Ginkgo a ce talent naturel de faire parti des ‘cools’ de sa classe !

Du coup, il est invité à de nombreux anniversaires, par des mômes que je ne connais même pas. Les gamins savent qu’ils vont bien s’amuser avec lui et les parents sont ravis d’inviter ce charmant petit gars aux yeux bleus.

A l’interphone, j’annonce “Bonjour, c’est Petit Ginkgo”. Mon grand traverse les 6 étages avec la forte impatience de voir son copain découvrir son cadeau.

La sonnette roule comme dans les années 40, la porte s’ouvre, la maman me regarde interloquée : “Ah, c’est vous !?” (Cache ta joie …)
Elle tente de se rattraper, sans succès : “Non, mais, je connais Petit Ginkgo pour l’avoir accompagné en sortie scolaire mais je ne savais pas que vous étiez sa maman.”

Je me demande même si elle va finir par exprimer le fond de sa pensée, du genre : “Ah, si j’avais su ..”

Allez, continuons gaiement dans les relations humaines qui font du bien !

N’empêche que le cadeau favori du petit garçon était le requin baleine apporté par Petit Ginkgo …

Partira … en 2017 – 2018.

Une bouffée d’air emplit mes poumons.

Une simple discussion les yeux enjoués avec accord de principe et propositions concrètes, ouvre littéralement mon horizon. Lestée par un projet enfin exhumé des profondeurs de la normalité, je m’oxygène. J’exulte !

Tout a re-commencé avec une émission à la con proposant d’écrire ce que vous aimeriez entendre à votre propos, lors de la fête anniversaire de vos 80 ans. Exercice de bilan et d’élan assez casse-gueule, en étant honnête avec soi-même.

Le deuxième indice fut de constater que l’habituelle exhalation avait fait place aux larmes de regret devant un témoignage aussi familier que celui de Maud Fontenoy, abordant son enfance en mer.

Prendre conscience que faire vivre à ses enfants une aventure riche d’un mode de vie différent, de cultures variées, d’ailleurs insoupçonnables, de simplicité, de galères, de rencontres et d’étonnements, reste l’un de mes souhaits les plus chers, incompressible. Le but n’est pas de réaliser un ‘tour du monde’ au pas de charge, en collectionnant les pays. L’esprit est de prendre notre temps intensément (slow travel) et nourrir notre ouverture d’esprit.

Autant dire qu’il m’en faut peu : la simple potentialité d’un départ sous 4-5 ans, histoire que Petit Biloba (10 mois) soit assez grand pour en profiter pleinement et Petit Ginkgo (6 ans et 3 mois) pas trop âgé pour préférer la vie avec ses pairs à celle de sa famille, suffit à me réjouir.

4 ans, amplement pour thésauriser, formaliser professionnellement, définir le ou les moyens de transport, préparer nos compétences : mécanique, secourisme, voile, sécurité, langue, enseignement et grain de folie pour les grands, natation, ju-jitsu, rêve,etc pour les enfants.

Toutes les pièces du puzzle peuvent à présent se mettre en place.

Ne dit-on pas que l’espoir fait vivre ?

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Exit ‘Le Tour du Monde en Famille’ n’aura pas lieu !,
un mode de vie fort intéressant mais trop complexe à mettre en œuvre …

Engagement …

J’aime fouiller dans les brouillons jamais publiés et découvrir ce genre de texte sans fard, surement abandonné à l’oubli pour son caractère un peu trop personnel … sauf que 9 mois plus tard, le même questionnement s’impose toujours à moi.

Ryan Woodward – Tought of you

Lyon, 1er septembre 2012

Une révolution.

Toujours un projet dans les valises, j’ai longtemps croqué la vie pour mettre à profit cette course contre la montre. Plus les années passent, plus l’instant devient court, plus il est urgent de vivre. Il m’a été facile de surmonter quelques faiblesses et démons, en multipliant les casquettes. Rien de plus stimulant et satisfaisant que de se frotter à ses peurs pour les surmonter. Des expériences qui ont densifié ma vie et ont laissé de magnifiques empreintes dans ma mémoire.
Un accomplissement en encourageant un autre.

Ma peur à moi (je l’ai découverte en nourrissant ce blog), enfin l’une de mes peurs est celle de l’engagement. L’engagement de toute sorte, de toute intensité, qui pourrait irréversiblement me priver d’une si chère liberté. Une illusion peut-être … enfin sans aucun doute, qui ne m’a jamais fait rêver au mariage ou à la maison idéal, de peur de m’aliéner à un homme ou un prêt sur 30 ans.

Les plus beaux instants de ma vie ont la rudesse d’un bivouac, les couleurs d’un paysage attendu depuis des années, le merveilleux son des rires autour d’un T’punch, l’effluve enivrant d’un parfum, les larmes de la douleur surmontée, la froideur des embruns, l’improvisation d’un raid vélo/skate en pleine nuit, l’extase d’une soirée down under avec Ange ou la douceur de l’aube se levant au milieu de la Méditerranée. Rien de bien luxueux, rien qu’ intensité non monnayable.

Cet intéressant mélange de bon petit soldat et de chieuse qui évite l’ennui donne une gamine capable de courir jusqu’à l’épuisement, une ado déterminée à obtenir un monitorat malgré une météo qui brise les mâts, une femme toujours proche du dépassement de soi. L’exigence pointue qu’elle s’inflige ne la rend pas toujours facile à vivre. Mais pugnace, elle s’accroche pour atteindre ses objectifs. Au point de s’envoyer 4 années de prépa dans le seul but d’obtenir les moyens de ses ambitions : faire ce qu’elle veut dans la vie, une utopie … ou pas.

Longtemps, je me suis battue pour atténuer une nature un peu trop indépendante, fantaisiste, écorchée, instable mais intense, jusqu’à ce que je comprenne qu’elle était ma force. C’est donc une fois acceptée qu’elle s’est enfin laissée apprivoiser.

Alors est né Petit Ginkgo, le plus fort engagement de toute mon existence, pris comme un vrai risque. Devenir responsable d’une autre âme, à vie, est la plus grande incertitude qu’il m’ait été donné de choisir. Il ne s’agissait pas simplement de donner la vie mais surtout de faire en sorte que ce petit être tout neuf jouisse des meilleures conditions (pas forcement matérielles) pour débuter dans l’existence. Ce fût aussi le plus fort lien consenti à un homme, à vie.

Faire table rase d’une nostalgie lycéenne, étudiante pour se tourner vers l’avenir, est l’exploit d’un sourire d’enfant. Ainsi tout un champ de réflexion qui m’avait à peine effleuré jusque là s’ouvrit devant moi :

Découvrir ce que signifie ‘prendre son temps’, ‘profiter de l’instant’, fut une vraie gageure que seul le rythme d’un jeune enfant peut vous enjoindre à vivre. Et puis, l’enfant grandit si vite, rien ne se répète indéfiniment, impermanent. Tout ce qui est pris est précieux. Plongée dans la pédagogie Montessori, le respect de l’enfant, la Communication Non Violente, la pleine conscience ne tarda pas à faire aussi son apparition. De quoi inhiber ma frénésie pour me tourner vers la qualité en toute chose.

Une fois l’autonomie de l’enfant acquise et son équilibre stable, la maternité ne me comblait plus tout à fait. Le goût pour l’ailleurs et les chemins de traverse se rappela à moi. Même si le travail avait repris une grande place, la course contre la montre se poursuivit, certes moins frénétiquement. Mais une envie d’évolution se réveilla dans tous les domaines, à deux doigts de tout perdre.

Serais-je une héritière du fardeau de l’inaptitude au bonheur ?
Certes, la quête de l’impossible permet parfois de réaliser de grandes choses mais elle rend la béatitude inatteignable. Investies à 100% dans ce qu’elles entreprennent, prévoyant la minute, la semaine, le projet suivant, ces personnes ont une incroyable volonté de tout expérimenter, de vivre mille vies en une, de ne surtout pas gâcher une minute. Mais la course pour le futur tue le présent.

La vie changea donc, sans vraiment trouver un équilibre satisfaisant, toujours guettée par la facilité du conformisme, jusqu’à ce que je me pose l’effrayante question : que ferais-tu si tu savais n’avoir plus que quelques mois à vivre ?

La réponse s’imposa à moi : faire en sorte que Petit Ginkgo (5 ans et 7 mois) soit bien entouré pour devenir un homme équilibré, débrouillard, critique et libre. Créer une fratrie pour lui, son père et l’enfant à venir.

Voir la vie sous un angle si dramatique m’encouragea à sauter ce grand pas … pas si simple. Ce fut l’acte le plus altruiste qu’il m’ait été donné d’accomplir, complètement impliquée et pour la vie. L’arrivée de Petit Biloba (1 mois et 1 semaine) marque le début d’une merveilleuse aventure. De quelle façon me changera-t-il, à son tour ?

Outre un boulot à plein temps, empli de joie mais dénué de sommeil, j’ai à nouveau besoin d’un défi pour me projeter dans l’avenir et épuiser mon champ des possibles. Pour la première fois de ma vie, je manque d’anticipation.

Dans quelle voie, suis-je prête à m’engouffrer ?
Pour quelle cause canaliser toute mon énergie ?

La petite souris, les mains dans la merde.

Au sens propre, enfin propre, c’est beaucoup dire !

Depuis des mois, Petit Ginkgo (6 ans et 3 mois) pestait de ne pas avoir perdu sa première dent de lait, comme ses copains. Son vœu est exaucé le week-end dernier. Il n’est plus si petit, ce petit … Ginkgo.

Tombée, certes, mais la dent n’a pas été retrouvée !
Il va sans dire que l’absence de trophée contrarie le gamin. Et puis comment la petite souris peut-elle passer si elle n’a pas la promesse de sa contre-partie ?

Devant l’éventualité la plus plausible, Capsicum fouille … tous les matins !
Si, si, je vous assure.

La vérité, toute la vérité, rien que la vérité …

Votre Capsicum s’est beaucoup aigrie depuis 2 ans à Lyon.

La faute n’est imputable à personne, juste à mes propres illusions …
Je me développe à l’inverse de mes congénères. Élevée pour faire face à la violente réalité du monde, j’étais prête à bouffer tout ce qui me résisterait, quand j’ai quitté ma steppe natale. Or plus je vieillis et plus mon cuir s’affine et s’assouplit, laissant mes flancs sans armure aux coups de la vie.

L’arrivée au Phare s’est teintée d’une évidence amicale très vexante : personne ne s’est proposé pour nous aider au déménagement. Certes, Ange vous dira qu’on n’obtient rien en ne demandant rien, mais ma naïveté était telle que je pensais mes amis suffisamment attachés à moi pour ne pas avoir à leur demander. Autant dire que porter tout notre bordel à 6 bras m’encouragea vers la simplicité volontaire … :)

Ensuite, j’aurais bien voulu pendre la crémaillère.
D’ailleurs j’ai commencé sur la lancée à inviter quelques amis et/ou connaissances. Certains ont trouvé des excuses bidon pour ne pas venir, d’autres n’ont jamais rappelé après. Effaçant d’un revers de main toute velléité festive au Phare, je n’ai pas insisté dans l’humiliation. (Les mêmes qui ne répondaient pas à mes messages me reprocheront par la suite de ne pas les avoir invités.)

Une période très complexe où Petit Ginkgo et moi vivions en autarcie à installer notre intérieur et à faire l’école à la maison. Un hiver aussi froid que mon cœur. Seuls les cours de gym et de judo de Petit Ginkgo ainsi que la recherche de verdure occupaient nos sorties. Le soir, nous attendions le retour d’Ange avec impatience. Lui, avait une vraie vie sociale mais ne nous voyait pas dépérir.

D’ailleurs, il a fallu ré-apprendre à vivre tous ensemble.
“Papa week-end” a du se transformer en “Papa tous les soirs”. Et malgré une réelle volonté d’être deux, je continue de penser que le couple heureux habite peut-être sur le même palier mais probablement pas dans le même appartement. Nous n’avons cependant pas les moyens de mes ambitions ! ;)

Minimisant la taille de la ville, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, je m’efforçais de me déplacer à vélo avec 23 kg supplémentaires dans le siège enfant. De quoi dégoutter de parcourir Lyon et préférer s’enfermer dans son Phare.

Msn, Skype et le téléphone ne sonnaient plus.
Les anciens collègues ne trouvaient pas utile de m’appeler, les anciens potes n’avaient rien à foutre de notre changement de vie, les autochtones n’avaient semble-t-il aucun intérêt à nous intégrer dans leur vie. Oui, je sais, si au moins j’avais demandé … Fallait-il vraiment demander ?

Ma plus grosse préoccupation était de constituer un carnet d’adresse tenant la route.
Mais comment trouver un pédiatre efficace et ouvert, un acuponcteur éclairé, un garagiste et un dentiste non fourbe, un gynéco sans dépassement d’honoraire, un ostéo soulageant, un dépanneur informatique quand on ne côtoie pas les lyonnais ??

Mon fils sous le bras, je suis donc partie pour un road trip à travers le Portugal, histoire de ré-étalonner mon émerveillement. Puis Petit Ginkgo entra dans une nouvelle école. Il retrouva alors l’essentiel : son sourire.
Je me lançais donc dans la préparation d’un nouveau voyage, comme j’en avais rêvé en quittant mon boulot.

L’expérience capverdienne me renvoya notamment à l’essence de la vie : les enfants.
Une nouvelle aventure fut décidée. Mon ventre s’arrondit comme le souhaitait Ange. Les nausées ne me quittèrent pas pendant 5 mois, un mal-être physique si peu considéré s’installa. Mon nouvel acuponcteur m’abandonna avec tous les petits maux de la grossesse. Je n’avais aucune confiance en ma sage-femme et mon choix de maternité, sans conseil et sans éclairage, fut si difficile dans cette nouvelle ville. Le voyage n’était évidemment pas envisageable, mais un éclair de lucidité m’atteint : trop frileuse pour entreprendre dans la photographie.

L’apothéose de la solitude, je la vécus à la maternité, en tête à tête avec ce merveilleux petit enfant à découvrir.
A part, Ange pressé de rentrer au Phare après sa journée de travail, aucune visite, pas de champagne, pas de présent, aucun doudou dans le berceau, seulement 3 ou 4 sms de félicitations. Le sol se dérobait sous mes pieds, les bras emplis de nouvelles responsabilités.

Il fallut des mois pour apprivoiser l’enfant, pour enfin faire naître un sourire, lui créer une vraie place au sein de la famille. Une période emplie de doutes et de peurs dont tout le monde se foutait, autant les amis copains que les parents. Qu’imaginais-je ? L’état de grâce ?
D’autant que même affectueux et présent, Ange mit des mois à s’investir auprès du nouveau né, le plus beau présent que j’ai pu lui offrir.

Une estime de soi qui se délite jour après jour. Un reflet qui ne me ressemble pas.
Présente pour les miens au point de me nier, qui est là pour m’apaiser, m’encourager, me recueillir, croire en moi ? La frustration se diffuse en constatant chaque jour que mes mots ne valent rien. Il arrive qu’on ne réponde même pas à mes questions. Un mépris par habitude. Devant ce défaut de considération, je m’endurcis chaque jour un peu plus. De désillusions sociales en désillusions personnelles, je flétrie et abandonne petit à petit ce qui génère ma peine. Qui suis-je devenue ? La guerrière à l’instinct affuté a-t-elle fait place à une pleutre utopiste et cul de plomb ? Ai-je encore tenté de rentrer dans ce fameux moule qui ne me réussit décidément pas ?

A l’heure où Petit Biloba commence à marcher et Petit Ginkgo perd sa première dent de lait, les pages se tournent … Pour leur santé et la mienne, les enfants ne peuvent être ma seule source d’accomplissement. Or j’ai perdu en imagination et en fantaisie.
Pour moi, l’avenir s’apparente à un vide intersidéral. Pour la deuxième fois en quelques années, mon avenir est nébuleux, aucun projet sous le coude, pas d’envie passionnelle, aucun chemin évident ne s’offre à moi.
Tout me semble si compliqué. Où vais-je ?

Mon quotidien fait le grand écart entre petits bonheurs et solitude.