La pédagogie Kodály

Il était une fois, une petite Capsicum qui allait à reculons prendre son cours de solfège, tous les mercredis matin. Bien qu’elle aimait chanter et jouer de la clarinette, ne supportant plus l’approche particulièrement rébarbative et protocolaire de la théorie musicale, elle ne pratiqua plus la musique que sous la douche.

Trente ans plus tard, elle découvre avec émerveillement qu’il existe un autre biais pour intéresser les enfants à la musique …

“Enseigner à l’école le chant et la musique de telle façon que l’enfant les considère comme une source de joie et non pas de peines, joie qui l’accompagnera durant toute sa vie, suscitant en lui la soif de musique.”


“On ne peut pas saisir la musique par l’intellect, aussi ne doit-elle pas apparaître devant l’enfant comme une notation algébrique, comme une écriture chiffrée, un langage qui lui est indifférent. Il faut que nous préparions pour l’enfant la voie d’une perception directe et intuitive.”

Zoltán Kodály (1882-1967)

Des collègues, amis et étudiants de Zoltán Kodály ont développé ‘la méthode Kodály’ recherchant les techniques mondiales, les plus en adéquation avec la philosophie de l’éducation du compositeur autro-hongrois, ethnomusicologue et pédagogue en musique.

Cette pédagogie d’apprentissage musicale, qui a vu le jour en Hongrie au milieu du XXe siècle, veut participer au développement de la personnalité, stimuler la sensibilité artistique et les facultés intellectuelles, en s’appuyant notamment sur l’activité sensorielle, le chant et le geste afin d’assimiler la théorie musicale de façon joyeuse et ludique.

Le mouvement sert à intérioriser le rythme, l’expression corporelle participe au chant, les mains semblent mimer les notes, un escalier rend beaucoup plus concrète la fameuse échelle diatonique, etc.

Pour exemple, voici 8 min d’un atelier pour enseignants consacré à la découverte de la pédagogie Kodaly et dispensé à la Maitrise de l’Opéra de Lyon qui utilise chaque jour cette méthode pour enseigner la musique aux enfants.

La musique passant par les sens …
Comme un petit goût de l’esprit Montessori  !

*************

 

Vive les écoles de parents !!

Précis, concis et efficace …

1)  √ – Pour les cadeaux, les mamies s’en chargent pour nous !
2)  √ – Il y a de si jolis mots dans la bouche des enfants.
3)  √ – Oui, enfin quand il est d’accord …
4)  √ – Pas de problème, Capsicum adore montrer son petit grain.
5)  √ – Principe Montessori par excellence.
6)  √ – On s’y exerce tout particulièrement en ce moment …
7)  √ – C’est beaucoup plus facile à dire à … un enfant.
8 ) A faire – Lui qui attend toujours du courrier.
9) A faire – Ah, la patience qui fait profiter de la vie.
10) Mouais – Dire ce que l’on aime en lui, c’est bon mais préférons qu’il soit d’abord fière de lui, plutôt qu’il ne fasse des choses pour voir l’admiration dans nos yeux.
11) √ – Je confirme ! Et des expériences, il y en a souvent en ce moment.
12) √ – Un principe de la maison.
13) √ – Pas de problème. Se référer au point 4)
14) √ – Eviter la toute puissance et l’injustice, sinon le retour de bâton sera violent à l’adolescence.
15) A faire – Capsicum a remarqué qu’elle était plus exigeante devant les grand-parents.
16) √ – Un autre principe de la maison.
17) √ – La vaisselle à 2 ans, c’est mémorable !
18) √ – Pas de rancune à la maison.
19) A faire – Super idée à mettre en pratique.
20) √ – Sur la bonne voie. Il faut qu’on en parle à Belle Maman aussi ;)

Encore quelques améliorations, mais Capsicum tient le bon bout.

Adolphe Ferrière

Et sur les indications du diable, on créa l’école.
L’enfant aime la nature : on le parqua dans des salles closes.
L’enfant aime voir son activité servir à quelque chose : on fit en sorte qu’elle n’eût aucun but.
Il aime bouger : on l’obligea à se tenir immobile.
Il aime manier des objets : on le mit en contact avec des idées.
Il aime se servir de ses mains : on ne mit en jeu que son cerveau.
Il aime parler : on le contraignit au silence.
Il voudrait raisonner : on le fit mémoriser.
Il voudrait chercher la science : on la lui servit toute faite.
Il voudrait s’enthousiasmer : on inventa les punitions. (… )

Alors les enfants apprirent ce qu’ils n’auraient jamais appris sans cela. Ils surent dissimuler, ils surent tricher, ils surent mentir.

Adolphe Ferrière, L’école active (1921)
Co-fondateur de la ligue internationale de l’éducation nouvelle.

Merci à Laetitia/Lilaé, Le Monde des Enfants.

“On achève bien nos écoliers”

Il faut dire tout de suite que Capsicum n’a lu que des extraits de ce livre de Peter Gumbel, On achève bien nos écoliers, qui semble faire grand bruit.

Mais des extraits de ce genre m’interpèlent grandement …

Groumpf … encore un bouquin à lire !

“Toujours est-il que le système actuel d’éducation non seulement ne correspond pas à son image idéale, mais n’atteint pas non plus le même niveau de résultats que dans une grande partie de l’Europe et du monde développé. [...]

Les élèves français préfèrent aussi ne pas répondre que de prendre le risque de faire une erreur. [...]

La rigueur et la discipline intellectuelles sont bien sûr importantes, mais l’imagination et l’expérience également. La réticence des jeunes Français ne serait-ce qu’à tenter de répondre à une question est symptomatique d’un système où les enfants ont été conditionnés à « la fermer » plutôt qu’à exprimer ce qu’ils pensent, par peur de se tromper. Ce système promeut l’effacement de soi, le conformisme et l’obéissance aveugle au détriment du sens de l’initiative et de la curiosité intellectuelle. [...]“

Aussi au détriment de cet essentiel “Esprit Critique” !!!

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Dans une Ecole Montessori

La pédagogie Montessori, notamment dans le cadre des 6 – 12 ans.

Le commentaire n’est pas le meilleur, l’enthousiasme pourrait être plus palpable
… mais les images parlent d’elles-mêmes.


Merci  Margaux et Maélie, école à la maison

Ecole Maternelle – Acte 2 – Inscription

J’ai le dossier d’inscription en Maternelle dans mon sac depuis des semaines … 8 semaines exactement … mais je n’arrive pas à le finaliser !

Comme une réticence vis à vis
d’une pédagogie poussiéreuse et cartonnée.

Petit Ginkgo va savoir s’adapter et je vais l’y encourager … bien entendu, sans même qu’il connaisse mes réticences.

L’Ecole pour Tous, telle qu’elle est proposée en France, est une réelle chance.

Cependant, il est fort dommage de voir des maitresses “réinventer” des méthodes d’enseignement (de façon +/- heureuses), alors qu’il existe de formidables outils ayant fait leurs preuves – depuis plus d’un siècle à travers le monde – mais boudés par ignorance ou obscurantisme corporatif.

Ecole Maternelle – Acte 1 – Prérequis

Franchement … j’ai vraiment du mal !!

A force de trainer mes guêtres talons dans les classes de Petite Section, j’ai une assez bonne idée du programme. Or Petit Ginkgo est déjà capable de faire une bonne partie de ce qu’on demande à un bambin de cette classe !

De plus Petit Ginkgo n’ira à l’école que dans 5 mois et d’ici là je ne doute pas qu’il maitrise encore de nouveaux concepts !!

Peut-être faut il qu’il dessine un Bonhomme Pétard au lieu du bon vieux Bonhomme Tétard pour attirer l’attention ?!

Comme toute mère très fière de sa progéniture, je me demande s’il ne va pas s’ennuyer en classe !
Du coup, par un effet de mon esprit un peu trop flexible, je me dit que la maitresse proposera bien de le faire passer en Moyenne Section au bout du premier trimestre, si elle s’aperçoit qu’il en a besoin !

Et bien NON !

Mme la Directrice Canada Dry m’affirme qu’ils n’en ont pas le droit, que les enfants nés jusqu’au 31 décembre 2006 entrent en Moyenne Section et que ceux nés après entrent en Petite Section ! C’est la loi de l’Education National même dans le Privé …
Il n’y a pas de passerelle envisageable ni en cours ni en fin d’année. C’est parfois possible en fin de cycle, pour les cas extrêmement particuliers faisant intervenir la grosse artillerie des pédopsy-psychomotriciens !

Ah … ces parents, je vous jure, toujours à croire que leur enfant est un génie !
Même si l’enfant a seulement 1 mois de moins qu’un autre né au 31 décembre 2006 et qu’il montre quelques facilités !!

Ah … cette souplesse d’esprit !

Et bien nous verrons …
Il est possible que même si Petit Ginkgo est très à l’aise en langage, compréhension des phénomènes qui l’entourent, autonomie, etc, il soit rétif au travail purement scolaire.

Pourtant je déplore cette rigidité de structure et de pensée éducative par laquelle dès le plus jeune âge le système – pour avoir la paix – tente de faire rentrer les individus dans des cases, sans même rencontrer les enfants au préalable.

Pourvu qu’à l’intérieur même des classes
les enseignants s’adaptent un minimum aux enfants !!

Maria Montessori doit se retourner dans sa tombe à chaque rentrée scolaire !

La pédagogie Montessori une proposition pour l’avenir. n°2

Le deuxième volet consacré aux 6 – 12 ans de cette conférence-débat aura lieu, demain Samedi 20 Mars 2010, 13h, à l’Ecole Normale Supérieure de Paris 5è.

Programme et inscription -> ici

Le troisième volet : “Le développement de l’adolescent de 12 à 15 ans” est prévu pour le 5 juin 2010

Précédemment : La pédagogie Montessori une proposition pour l’avenir.

Emmi Pikler et sa pédagogie Loczy

Emmi Pikler est un médecin hongrois, née à Vienne en 1902. Elle s’intéresse très tôt au développement du nourrisson et consacrera sa carrière aux jeunes enfants.

“Il est essentiel que l’enfant se découvre autant que possible. Si nous l’aidons à résoudre tous les problèmes, nous lui volons le plus important : son développement mental.”

Emmi Pickler

Le sujet passionne quelques lecteurs de Pédagogie Loczy … un sentiment de Déjà-Vu !, alors approfondissons :

 

En 1946, E. Pikler se voit confier par le gouvernement hongrois la direction d’une pouponnière pour accueillir les enfants orphelins et abandonnés suite à la guerre. L’Institution qui accueille les enfants de la naissance à 3 ans, se situe au n° 3 de la rue Lóczy, sur la colline des Roses, à Budapest …

Emmi Pikler y mettra en place une prise en charge de l’enfant, très novatrice pour l’époque et continuera ses études en observant les enfants qui grandirons à l’institution, appelé «Institut Pikler (Lóczy)» en ???.

A cette époque déjà, Emmi Pikler était persuadée que l’enfant se déplaçant librement, sans restriction, est plus prudent et apprend mieux à tomber sans risque, tandis que l’enfant exagérément protégé et dont les mouvements sont limités, est plus facilement en danger, faute d’avoir expérimenté ses propres capacités et leurs limites.

Votre Capsicum adhère, du moment que l’environnement est sécurisé.

Myriam David, dans “Journée d’étude du 13/12/03″, Bébé vécu, Bébé connu (introduction du Dr Myriam David) rappelle brièvement quatre points concernant les principales découvertes d’Emmi Pikler :

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Extrait de Conversation n°6 : Pauvre Gamine

Décathlon, “Aire de jeu” avec les mini-buts …

Une petite fille, 6 ans environ, approche particulièrement exaltée, le sourire jusqu’aux oreilles :
- Maman, regarde, je peux y aller ?
- Non ! Tu ne vois pas que c’est pour jouer au foot. C’est pour les garçons ! Tu vas te prendre un ballon dans la figure !
- Ah … bon

La gamine reste donc sur le coté à regarder … tristement.

Si on ne choisit pas ses parents …
Peut-on les éduquer ?

Pédagogie Nationale …

Voilà ce que l’on peut lire dans un document de formation pour adulte édité par un Centre Académique de Formation Continue (CAFOC) :

L’expérimentation est indispensable à l’acquisition de connaissances et de compétences. Chaque étape de l’apprentissage doit être respectée afin de vérifier que toutes les connaissances s’imbriquent correctement pour le stagiaire, de manière à ce qu’il puisse construire, par lui-même, des réponses opérationnelles.

Cela rappelle à Capsicum quelques principes essentiels … très Montessori  !

Puisque ça semble évident pour la formation professionnelle de l’adulte … pourquoi demande-t-on une capacité d’abstraction supérieure à l’enfant en brulant les étapes de perception préliminaires ?

Il parait que les CAFOC forment aussi quelques profs …
Une nouvelle ère de pédagogie subversive en marche ??

Château Gicé et Petite Fée Coquelicot

Pour ceux qui sont au bord de l’overdose de voile …  et d’explorateurs  :
Capsicum a toujours un œil sur ces Mamans Montessori qui tiennent des carnets de bord de leurs activités avec leurs têtes blondes.

Château Gicé est l’un de ces blogs intimistes tenu par la Châtelaine. On y retrouve tout son enthousiasme et son soin de la perfection, ainsi que les relations de M. R et Mlle O. avec la pédagogie Montessori.
Tranches de vie garanties.

Sur ses pages, un mot barbare “gymnopédie” attire mon attention et dévoile un autre blog Petite Fée Coquelicot, versé dans le végétalien, l’écocitoyenneté, la parentalité. Ça et là, quelques recettes alimentaires ou ménagères respectueuses de l’humain et de l’environnement, quelques bons mots sur l’AAC (Acouchement à domicile) et de nombreux engagements.
Une mine d’idées !

Pourquoi Là où je t’emmenerai papillonne-t-il donc plutôt que de se spécialiser comme la plupart des blog ?
Car les centres d’intérêts de Capsicum, divers mais pas toujours variés, se nourrissent les uns les autres et relèvent de la même philosophie :

Apprendre à vivre selon ses propres aspirations
(aussi inhabituelles et naturelles soient-elles !) en respectant, au mieux, le monde et le vivant.

Découvrir et faire découvrir son propre sens de la vie …
Rien de mieux que la pratique !

Du coté lumineux de la Force … Le Hameau des Buis

La Chronique sans Carbone met en lumière le Hameau des Buis, où un village écologique, qui depuis 2003, se construit autour de La Ferme des Enfants, une école Montessori ! La totale ….


Ma vie sans carbone (15): un village bio et social

 

On peut les prendre pour des illuminés mais leurs solutions sont concrètes et étudiées. Au premier abord, ils pourraient être les héritiers des baba-cools qui élevaient des chèvres dans le Larzac dans les années 60-70, mais beaucoup de convertis apparaissent, car leurs valeurs ne sont plus marginales !

Antoine Sachs, journaliste sans carbone, présente une initiative engagée, un exemple écologique et social sans compromis mais parfaitement réaliste et raisonné.

Mon analyse se veut complètement apolitique et areligieuse, mais … ça a comme un petit goût de Kibboutz, la préoccupation environnementale et l’éducation en plus.

Même si j’adhère complètement à la pédagogie Montessori, à la culture écologique , à la bioconstruction et aux produits naturels au quotidien … j’aurais probablement plus de mal avec l’aspect communautaire qui, à long terme,  me parait être une charmante utopie.

Mais l’initiative sociale est vraiment éclairée voulant tisser des liens intergénérationnels. Ainsi, le projet initial se  donnait pour objectif de regrouper séniors et bambins, afin de fournir une meilleure qualité de vie à chacun.

Le mythe du “Bon Sauvage” m’a toujours laissé perplexe, quoique … il y a peut-être de l’espoir en l’Enfant. ;)

L’essentiel résidant dans l’action, eux au moins se bougent le cul.

On is own … by Montessori.

Tout simplement au creux de l’intimité d’une famille ordinaire, Petit Ginkgo, nullement déconcentré par la présence de ses grands parents, saisit un cadre d’habillage, en défait les boutons, le referme approximativement et le repose pour en prendre un autre. Puis il attrape tant bien que mal, le plateau du tri, réalisé avec des écrous, des joints, des crochets doubles et simples à défaut de boutons … Enfin, ce sont les formes à dessin qui captent toute son attention.

Séance de 25 min de construction personnelle
qui illustre toute la magie de la pédagogie Montessori.

Non ! Tout seul …

Encouragé depuis le plus jeune âge à faire seule … l’enfant a tellement bien pris le pli qu’il peut reposer la bouteille que vous lui tendez pour refaire le geste par lui-même.
Parfois même, il peut se mettre dans une colère noire quand vous lui refusez son autonomie car vous voulez éviter la catastrophe nucléaire alors que vous avez des convives à la maison.

Comme quoi, il faut assumer jusqu’au bout ses orientations pédagogiques !

La Pédagogie Montessori.

Maria Montessori, médecin, anthropologue et pédagogue a étudié pendant 50 ans des enfants de milieux sociaux et culturels très différents. Son observation de l’être humain de la naissance à la maturité lui a permis d’élaborer des principes philosophiques, psychologiques et pédagogiques. Ceux-ci, ainsi qu’un matériel auto-didactique complet, définissent la pédagogie Montessori.

Pour Maria Montessori, il est primordial d’offrir à l’enfant la possibilité d’épanouir au maximum ses différentes sensibilités :

  • * dans un cadre adapté à ses besoins psychologiques ;
  • * en respectant son rythme propre et ses particularités individuelles (ses périodes sensibles) ;
  • * tout en l’éveillant à la vie sociale.

Les psychologues contemporains montrent le passage de l’enfant par différents stades de développement psychologique. Ces stades sont les mêmes pour tous et possèdent un ordre de succession invariable. Mais dans la psychologie montessorienne, chaque enfant est unique. Il a sa personnalité propre, son rythme de vie, ses qualités et ses difficultés éventuelles. Les enfants traversent tous des « périodes sensibles » :

  • * Il s’agit de sensibilités spéciales en voie d’évolution, des moments de la vie de l’enfant où celui-ci est tout entier « absorbé » par une sensibilité particulière à un élément précis de l’ambiance.
  • * Ce sont des périodes passagères, transitoires ; elles se limitent à l’acquisition d’un caractère déterminé ; une fois le caractère développé, la « sensibilité » cesse. Il est donc primordial que l’ambiance (l’environnement) offre au bon moment à l’enfant les moyens de se développer.

Selon Maria Montessori, « si l’enfant n’a pu obéir aux directives de sa période sensible, l’occasion d’une conquête naturelle est perdue, perdue à jamais ». Pendant ces périodes sensibles, l’enfant assimile telle ou telle acquisition. Si l’enfant est aidé à ce moment précis, l’apprentissage se fait en profondeur. Mais si l’enfant ne trouve pas les éléments (dans l’ambiance et le matériel) qui répondent à son besoin du moment, la sensibilité s’étiolera progressivement.

Maria Montessori est convaincue que les forces du développement sont incluses dans l’être vivant et que l’œuvre de l’éducation consiste à conserver leur spontanéité, et à éloigner tout ce qui pourrait les affaiblir et les empêcher de s’épanouir.

Il faut que l’enfant édifie lui-même sa personnalité et qu’il développe ses facultés motrices et intellectuelles. C’est pourquoi l’éducateur doit avoir une confiance complète dans les forces de l’enfant, respecter sa liberté d’action et préparer l’ambiance nécessaire et favorable à son développement. L’éducateur doit être capable d’observer les différences de rythme de l’enfant, il doit bien connaître chaque enfant en faisant preuve d’attention et de respect.

Wikipédia

Yes … !!!

La Dame du Luberon a compris à quel point je tenais à son enseignement !!

Very pleased !
Serait-ce mon premier Mentor féminin ?

C’est la rentrée … Montessori !!!

Le comportement pré-vacances de Petit Ginkgo était du genre : Très concentré sur les présentations, une avidité à reproduire les gestes tout de suite avec pas mal d’habilitée, je dois dire. Puis, plus rien, plus d’intérêt.

Ne voulant pas forcer l’élan, je lui ai laissé le temps et puis les vacances sont arrivées.
La Dame du Lubéron me disait que c’était très caractéristique des enfants de notre époque qui pensent que seul le résultat compte. Puisqu’il y a réussite, pourquoi s’exercer ?
Mais, voilà à cet âge là, il faut les contraindre un peu, dit-elle.
- C’est à vous de décider. Dites lui que vous ne pourrez lui montrer d’autres choses que s’il s’exerce avec le matériel déjà à disposition.

Ces nouveaux principes en tête, quel ne fut pas mon étonnement de voir Petit Ginkgo, à peine rentré de vacances, empoignant les pichets et faire quelques versés avec plaisir …
Une semaine passe, trop agitée pour nous concentrer sur l’activité. Et ce soir, l’invitant à choisir un plateau, l’enfant démarre une séance de 30min : les Versés, 3 blocs de cylindre, les Pliés.
Choix spontanés …

Affaire à suivre en structurant un peu plus les horaires.

La Dame du Luberon me lache !

Mon équipe Montessori s’écroule de tous les cotés …

Ne pas avoir fait le niveau II avec les filles m’a reléguée aux oubliettes, et voilà maintenant que la Dame du Luberon m’annonce que le stage pour lequel je m’étais inscrite est complet, moi non comprise ! C’est l’effondrement.

Il y a comme un couac dans la procédure … à mon désavantage.

Express mais efficace !

- Petit Ginkgo, que dis-tu d’aller chercher un plateau ?

Le petit bonhomme s’en va dans le couloir, trifouille et revient avec un cadre d’habillage, puis un deuxième, puis un troisième.

Séance 12 min, montre en main !

L’environnement fait le reste …

Difficile de décrire cette aventure Montessori …

Pendant que mes acolytes se font le niveau 2 à Saint Cannat, et bien moi, je mets en pratique ! Et vous le croirez si vous voulez, mais le chemin est plein de rebondissements …

Étendre la nappe foncée soulevait des plaintes à la limite de l’hystérie. Comment ? Surtout pourquoi  … une si violente réaction de répulsion ?
Pourtant sans obligations, sans cris, sans grosses contraintes, j’avais bien observé Petit Ginkgo, pour lui sortir de mon chapeau quelques plateaux répondant à ses aspirations.
A la limite de me lever à 6h du mat pour donner un coup de fil à la Dame du Luberon … afin d’obtenir quelques conseils.

D’un geste souverain de la main, la nappe vole au sol.
Le petit gars s’apaise, intéressé par un nouveau cadre à gros boutons.

Quelle formidable magie !

Du coup, Petit Ginkgo est allé cherché activités après activités, pendant une bonne heure …

Rendez-vous Montessori …

Les pois chiches coulent du pichet. La musique qu’ils font sur la porcelaine est claire et délicate. Petit Ginkgo est impatient.

A son tour, il ajuste mais fait tomber quelques pois. Ah, il en reste un au fond …
Il finit par verser d’une main le pichet et aider le flux avec l’autre main. Je me retiens de dire quoique ce soit.
Puis il pose le pichet et prend les pois par poignée pour les transvaser dans l’autre pichet. Action qui le lasse rapidement avant de reprendre les versés classiques.

Se retenir d’intervenir demande une maitrise exceptionnelle !
Tu t’exerceras !!!!!

Tapis magique !

Tout réside dans l’ambiance.
Un simple rectangle de tissu doux, à poser sur la table, et nous sommes près pour l’aventure Montessori. C’est le signal !

Aujourd’hui, Petit Ginkgo a voulu refaire “Ouvrir/Fermer les boites”. Mais une fois et une seule.
Ensuite, présentation en règle du cadre zip, qu’il connait déjà, mais qu’il a parfaitement fait pour la première fois.

15 min de pur bonheur !
Merci Yvette … ça marche.

Retour en selle …

Une concentration d’athlète !
Petit Ginkgo a eu, pour la première fois, la patience de me laisser finir la présentation de l’ouverture et fermeture des boites.

Il s’est ensuite appliqué à les ressortir pratiquement dans le même ordre et à les ouvrir. Les fermer a été une autre paire de manche mais l’envie de réussir seul transparaissait …

Expérience réussie.
Nouveau départ pris dans de superbes conditions !
A la rentrée, on attaque la Vie Sensorielle …

Pédagogie Loczy … un sentiment de Déjà-Vu !

Voilà une visite d’internaute vraiment très instructive …

Je découvre cette pédagogie développée par la pédiatre hongroise Emmi Pikler dans les années 1940 et qui me laisse sans voix. Elle semble plutôt s’adresser aux nourrissons et très jeunes enfants, et est tournée vers le respect de leur propre développement.

Voici quelques grandes lignes de la pédagogie, dite Loczy, qui à l’époque étaient novatrices :
- tendresse vers les enfants,
- dialogues avec les enfants,
- mettre l’enfant dans une situation où il sera actif, même tout petit,
- laisser l’enfant dans des situations qu’il peut modifier lui même,
- faire comprendre aux encadrants que laisser faire une action seul, ce n’est pas abandonner l’enfant,
- importance de partager avec l’enfant la joie de faire seul.

Wikipédia développe : “Le respect de l’activité autonome

D’après Emmi Pikler, il est nécessaire que l’activité naisse de l’enfant lui-même. L’adulte doit respecter le rythme de ses acquisitions motrices, et ne pas placer artificiellement l’enfant dans une position qu’il n’a pas encore acquis (ex : ne pas mettre assis un enfant qui ne sait pas encore le faire). Son rôle est de l’aider à trouver le moyen d’y parvenir seul, l’aider à prendre conscience de ses accomplissements. Pour y parvenir, il est important que l’enfant puisse être libre de ses mouvements (ex : pas de barreaux aux lits afin que l’enfant puisse y entrer ou sortir seul).”

Ce n’est rien de moins que la mise en application, dès le plus jeune âge, des principes de Maria Montessori …

Cette pédagogie a dit-on influencé de nombreuses structures d’accueil collectif du petit enfant. J’en suis fort aise pour ces bambins, mais …

… rendons à Maria Montessori (1870-1952),
ce qui a fortement du inspirer Emmi Pikler (1902-1984).

Pour plus de précisions : Emmi Pikler et sa pédagogie Loczy