Un heureux évènement

Louise Bourgoin et la naissance …

Je pensais voir un film acerbe, mettant en pièce tous les clichés de la grossesse et du nouveau né, tout en tombant avec humour dans le cliché inverse de la mère dénonçant l’ambiante obligation au bonheur, assortie à la fécondation.

Alors certes, les gynéco, la poussette, les nuits ont le privilège d’être taillés en pièce avec le mot juste, mais petit à petit le film tragi-comique bascule dans la chienlit ordinaire, dont émane une odeur de vécu. Certaines dames diront que le métrage de Rémi Bezançon est exagéré, même si elles l’ont vécu.

Caps dirait que le scénario, adapté du livre d’Eliette Abécassis, est teinté d’une psychologie hormonale tout à fait légitime. De l’ordre de ces lames de fond qu’on ne comprend pas sur le coup, mais qui bouleversent la personnalité, jusqu’à ce que les choses rentrent dans l’ordre. Oui, mais dans quel ordre ?

Quand je vois comment le couple de l’immature héroïne tourne en ‘eau de boudin’, il ne reste plus qu’à louer l’intelligence de ces hommes qui savent qui aiment tellement leur belle qu’ils trouvent la ressource de comprendre l’insaisissable et sournoise situation, dont ils sont aussi les acteurs, plutôt que de zapper.

Résumer ces symptômes au ‘Post-partum’ serait bien mesquin, puisque l’environnement même des mères d’aujourd’hui pousse à ce mal-être, de part l’isolement intellectuel et pratique, les pressions sociales, les clichés paternels et le mythe de l’enfantement avec lesquelles ces nouvelles mères grandissent.

Voilà tout simplement le témoignage écorché d’une belle dépression.

A la question “Comment faisiez-vous à l’époque ?” Ma mère m’a répondu un jour “Nous ne nous posions pas autant de questions …”. Est-ce donc alors l’apanage d’une génération d’enfants trop égo-centrés, trop cultivés ou trop narcissiques pour se donner corps et âme à leur progéniture, sans en ressortir un brin abimés ?

Je ne suis pas sûre qu’Ange ait lui-même compris grand chose à cette période, mais l’inébranlable confiance qu’il portait en moi était comme un fresnel dans le brouillard.

En rire autant aujourd’hui que l’on était à la dérive hier, malgré une lucidité effrayante. Globalement, un film à voir avant de faire des gamins, histoire d’être plus au jus qu’un vague “C’est pas facile au début !”

C’est si bon …

… de ne pas avoir d’enfant pendant 3 jours !

L’ombre de nos deux têtes casquées passe sur le bitume à intervalles réguliers.
La visière légèrement relevée, le vent relatif me rafraichit. Une main gantée autour de la taille du motard, l’autre serrant la poignée arrière, l’instant me comble. Les vibrations remontent par ma botte droite, alors que la nuit nous enveloppe. L’accélération me grise.
De retour en ville, le reflet sur l’eau du Pont Wilson illuminé ajoute au délicieux tableau nocturne. Décidément, je me sentirai toujours de passage dans cette cité. Bientôt 20 ans que j’y ai posé le pied, pour la première fois.

Il ne manque plus que l’ambiance feutrée d’un pub,
pour achever la soirée.

Toujours stupéfaite …

Encore un post enfoui dans les archives-brouillon, par trop nombriliste sûrement.

Lyon, 6 septembre 2013

Mère indigne qui trouvait que son second fils, aussi craquant soit-il, était esthétiquement moins réussi que le premier !

Il faut dire Petit Ginkgo était un bébé de catalogue, un vrai bébé Cadum Mixa (à l’exception d’une non-ressemblance de sa mère avec Estelle ;)   ).

Tout de suite, je sens votre haro sur les comparaisons.
Mais non. J’observe froidement les faits. A-bas le politiquement-correct qui trompe nos sentiments et empêche de les résoudre.

Mais voilà qu’en 1h, pas moins de 7 inconnus envoient des gerbes de compliments, les yeux étoilés, quand à la joliesse de ma progéniture, comme à chaque fois que nous sortons.

Certes un petit blond de moins de 80 cm, aux yeux bleus, se baladant en toute confiance à travers Ikea ne peut qu’attirer l’œil. Mais entre l’étonnement des papas quant à l’aisance motrice du petit garçon de 13 mois et l’émerveillement des femmes au sujet de sa frimousse d’ange, je reste bouche bée par tant de sollicitude.

La palme va à cette dame observant le bébé jouer avec son frère entre les sommiers et les lits : “Qu’est-ce qu’il est mignon, vraiment ! D’ailleurs le grand aussi … Vous les avez bien réussis.”

Soyons honnêtes, nous n’en avons aucun mérite !

Mais pourquoi bouder un tel plaisir qui chaque jour transforme mon regard à son profit ? Aussi accueille-je ces éloges avec un radieux “Merci, pour lui/eux.”

N’attirons pas plus les foudres des Dieux et espérons que cet aspect perdure mais ne soit pas leur seule qualité. :)

Merveille …

par Elliott Erwitt (NY 1953).

Tellement aimé être aussi bien photographiés.

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Engagement …

J’aime fouiller dans les brouillons jamais publiés et découvrir ce genre de texte sans fard, surement abandonné à l’oubli pour son caractère un peu trop personnel … sauf que 9 mois plus tard, le même questionnement s’impose toujours à moi.

Ryan Woodward – Tought of you

Lyon, 1er septembre 2012

Une révolution.

Toujours un projet dans les valises, j’ai longtemps croqué la vie pour mettre à profit cette course contre la montre. Plus les années passent, plus l’instant devient court, plus il est urgent de vivre. Il m’a été facile de surmonter quelques faiblesses et démons, en multipliant les casquettes. Rien de plus stimulant et satisfaisant que de se frotter à ses peurs pour les surmonter. Des expériences qui ont densifié ma vie et ont laissé de magnifiques empreintes dans ma mémoire.
Un accomplissement en encourageant un autre.

Ma peur à moi (je l’ai découverte en nourrissant ce blog), enfin l’une de mes peurs est celle de l’engagement. L’engagement de toute sorte, de toute intensité, qui pourrait irréversiblement me priver d’une si chère liberté. Une illusion peut-être … enfin sans aucun doute, qui ne m’a jamais fait rêver au mariage ou à la maison idéal, de peur de m’aliéner à un homme ou un prêt sur 30 ans.

Les plus beaux instants de ma vie ont la rudesse d’un bivouac, les couleurs d’un paysage attendu depuis des années, le merveilleux son des rires autour d’un T’punch, l’effluve enivrant d’un parfum, les larmes de la douleur surmontée, la froideur des embruns, l’improvisation d’un raid vélo/skate en pleine nuit, l’extase d’une soirée down under avec Ange ou la douceur de l’aube se levant au milieu de la Méditerranée. Rien de bien luxueux, rien qu’ intensité non monnayable.

Cet intéressant mélange de bon petit soldat et de chieuse qui évite l’ennui donne une gamine capable de courir jusqu’à l’épuisement, une ado déterminée à obtenir un monitorat malgré une météo qui brise les mâts, une femme toujours proche du dépassement de soi. L’exigence pointue qu’elle s’inflige ne la rend pas toujours facile à vivre. Mais pugnace, elle s’accroche pour atteindre ses objectifs. Au point de s’envoyer 4 années de prépa dans le seul but d’obtenir les moyens de ses ambitions : faire ce qu’elle veut dans la vie, une utopie … ou pas.

Longtemps, je me suis battue pour atténuer une nature un peu trop indépendante, fantaisiste, écorchée, instable mais intense, jusqu’à ce que je comprenne qu’elle était ma force. C’est donc une fois acceptée qu’elle s’est enfin laissée apprivoiser.

Alors est né Petit Ginkgo, le plus fort engagement de toute mon existence, pris comme un vrai risque. Devenir responsable d’une autre âme, à vie, est la plus grande incertitude qu’il m’ait été donné de choisir. Il ne s’agissait pas simplement de donner la vie mais surtout de faire en sorte que ce petit être tout neuf jouisse des meilleures conditions (pas forcement matérielles) pour débuter dans l’existence. Ce fût aussi le plus fort lien consenti à un homme, à vie.

Faire table rase d’une nostalgie lycéenne, étudiante pour se tourner vers l’avenir, est l’exploit d’un sourire d’enfant. Ainsi tout un champ de réflexion qui m’avait à peine effleuré jusque là s’ouvrit devant moi :

Découvrir ce que signifie ‘prendre son temps’, ‘profiter de l’instant’, fut une vraie gageure que seul le rythme d’un jeune enfant peut vous enjoindre à vivre. Et puis, l’enfant grandit si vite, rien ne se répète indéfiniment, impermanent. Tout ce qui est pris est précieux. Plongée dans la pédagogie Montessori, le respect de l’enfant, la Communication Non Violente, la pleine conscience ne tarda pas à faire aussi son apparition. De quoi inhiber ma frénésie pour me tourner vers la qualité en toute chose.

Une fois l’autonomie de l’enfant acquise et son équilibre stable, la maternité ne me comblait plus tout à fait. Le goût pour l’ailleurs et les chemins de traverse se rappela à moi. Même si le travail avait repris une grande place, la course contre la montre se poursuivit, certes moins frénétiquement. Mais une envie d’évolution se réveilla dans tous les domaines, à deux doigts de tout perdre.

Serais-je une héritière du fardeau de l’inaptitude au bonheur ?
Certes, la quête de l’impossible permet parfois de réaliser de grandes choses mais elle rend la béatitude inatteignable. Investies à 100% dans ce qu’elles entreprennent, prévoyant la minute, la semaine, le projet suivant, ces personnes ont une incroyable volonté de tout expérimenter, de vivre mille vies en une, de ne surtout pas gâcher une minute. Mais la course pour le futur tue le présent.

La vie changea donc, sans vraiment trouver un équilibre satisfaisant, toujours guettée par la facilité du conformisme, jusqu’à ce que je me pose l’effrayante question : que ferais-tu si tu savais n’avoir plus que quelques mois à vivre ?

La réponse s’imposa à moi : faire en sorte que Petit Ginkgo (5 ans et 7 mois) soit bien entouré pour devenir un homme équilibré, débrouillard, critique et libre. Créer une fratrie pour lui, son père et l’enfant à venir.

Voir la vie sous un angle si dramatique m’encouragea à sauter ce grand pas … pas si simple. Ce fut l’acte le plus altruiste qu’il m’ait été donné d’accomplir, complètement impliquée et pour la vie. L’arrivée de Petit Biloba (1 mois et 1 semaine) marque le début d’une merveilleuse aventure. De quelle façon me changera-t-il, à son tour ?

Outre un boulot à plein temps, empli de joie mais dénué de sommeil, j’ai à nouveau besoin d’un défi pour me projeter dans l’avenir et épuiser mon champ des possibles. Pour la première fois de ma vie, je manque d’anticipation.

Dans quelle voie, suis-je prête à m’engouffrer ?
Pour quelle cause canaliser toute mon énergie ?

La vérité, toute la vérité, rien que la vérité …

Votre Capsicum s’est beaucoup aigrie depuis 2 ans à Lyon.

La faute n’est imputable à personne, juste à mes propres illusions …
Je me développe à l’inverse de mes congénères. Élevée pour faire face à la violente réalité du monde, j’étais prête à bouffer tout ce qui me résisterait, quand j’ai quitté ma steppe natale. Or plus je vieillis et plus mon cuir s’affine et s’assouplit, laissant mes flancs sans armure aux coups de la vie.

L’arrivée au Phare s’est teintée d’une évidence amicale très vexante : personne ne s’est proposé pour nous aider au déménagement. Certes, Ange vous dira qu’on n’obtient rien en ne demandant rien, mais ma naïveté était telle que je pensais mes amis suffisamment attachés à moi pour ne pas avoir à leur demander. Autant dire que porter tout notre bordel à 6 bras m’encouragea vers la simplicité volontaire … :)

Ensuite, j’aurais bien voulu pendre la crémaillère.
D’ailleurs j’ai commencé sur la lancée à inviter quelques amis et/ou connaissances. Certains ont trouvé des excuses bidon pour ne pas venir, d’autres n’ont jamais rappelé après. Effaçant d’un revers de main toute velléité festive au Phare, je n’ai pas insisté dans l’humiliation. (Les mêmes qui ne répondaient pas à mes messages me reprocheront par la suite de ne pas les avoir invités.)

Une période très complexe où Petit Ginkgo et moi vivions en autarcie à installer notre intérieur et à faire l’école à la maison. Un hiver aussi froid que mon cœur. Seuls les cours de gym et de judo de Petit Ginkgo ainsi que la recherche de verdure occupaient nos sorties. Le soir, nous attendions le retour d’Ange avec impatience. Lui, avait une vraie vie sociale mais ne nous voyait pas dépérir.

D’ailleurs, il a fallu ré-apprendre à vivre tous ensemble.
“Papa week-end” a du se transformer en “Papa tous les soirs”. Et malgré une réelle volonté d’être deux, je continue de penser que le couple heureux habite peut-être sur le même palier mais probablement pas dans le même appartement. Nous n’avons cependant pas les moyens de mes ambitions ! ;)

Minimisant la taille de la ville, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, je m’efforçais de me déplacer à vélo avec 23 kg supplémentaires dans le siège enfant. De quoi dégoutter de parcourir Lyon et préférer s’enfermer dans son Phare.

Msn, Skype et le téléphone ne sonnaient plus.
Les anciens collègues ne trouvaient pas utile de m’appeler, les anciens potes n’avaient rien à foutre de notre changement de vie, les autochtones n’avaient semble-t-il aucun intérêt à nous intégrer dans leur vie. Oui, je sais, si au moins j’avais demandé … Fallait-il vraiment demander ?

Ma plus grosse préoccupation était de constituer un carnet d’adresse tenant la route.
Mais comment trouver un pédiatre efficace et ouvert, un acuponcteur éclairé, un garagiste et un dentiste non fourbe, un gynéco sans dépassement d’honoraire, un ostéo soulageant, un dépanneur informatique quand on ne côtoie pas les lyonnais ??

Mon fils sous le bras, je suis donc partie pour un road trip à travers le Portugal, histoire de ré-étalonner mon émerveillement. Puis Petit Ginkgo entra dans une nouvelle école. Il retrouva alors l’essentiel : son sourire.
Je me lançais donc dans la préparation d’un nouveau voyage, comme j’en avais rêvé en quittant mon boulot.

L’expérience capverdienne me renvoya notamment à l’essence de la vie : les enfants.
Une nouvelle aventure fut décidée. Mon ventre s’arrondit comme le souhaitait Ange. Les nausées ne me quittèrent pas pendant 5 mois, un mal-être physique si peu considéré s’installa. Mon nouvel acuponcteur m’abandonna avec tous les petits maux de la grossesse. Je n’avais aucune confiance en ma sage-femme et mon choix de maternité, sans conseil et sans éclairage, fut si difficile dans cette nouvelle ville. Le voyage n’était évidemment pas envisageable, mais un éclair de lucidité m’atteint : trop frileuse pour entreprendre dans la photographie.

L’apothéose de la solitude, je la vécus à la maternité, en tête à tête avec ce merveilleux petit enfant à découvrir.
A part, Ange pressé de rentrer au Phare après sa journée de travail, aucune visite, pas de champagne, pas de présent, aucun doudou dans le berceau, seulement 3 ou 4 sms de félicitations. Le sol se dérobait sous mes pieds, les bras emplis de nouvelles responsabilités.

Il fallut des mois pour apprivoiser l’enfant, pour enfin faire naître un sourire, lui créer une vraie place au sein de la famille. Une période emplie de doutes et de peurs dont tout le monde se foutait, autant les amis copains que les parents. Qu’imaginais-je ? L’état de grâce ?
D’autant que même affectueux et présent, Ange mit des mois à s’investir auprès du nouveau né, le plus beau présent que j’ai pu lui offrir.

Une estime de soi qui se délite jour après jour. Un reflet qui ne me ressemble pas.
Présente pour les miens au point de me nier, qui est là pour m’apaiser, m’encourager, me recueillir, croire en moi ? La frustration se diffuse en constatant chaque jour que mes mots ne valent rien. Il arrive qu’on ne réponde même pas à mes questions. Un mépris par habitude. Devant ce défaut de considération, je m’endurcis chaque jour un peu plus. De désillusions sociales en désillusions personnelles, je flétrie et abandonne petit à petit ce qui génère ma peine. Qui suis-je devenue ? La guerrière à l’instinct affuté a-t-elle fait place à une pleutre utopiste et cul de plomb ? Ai-je encore tenté de rentrer dans ce fameux moule qui ne me réussit décidément pas ?

A l’heure où Petit Biloba commence à marcher et Petit Ginkgo perd sa première dent de lait, les pages se tournent … Pour leur santé et la mienne, les enfants ne peuvent être ma seule source d’accomplissement. Or j’ai perdu en imagination et en fantaisie.
Pour moi, l’avenir s’apparente à un vide intersidéral. Pour la deuxième fois en quelques années, mon avenir est nébuleux, aucun projet sous le coude, pas d’envie passionnelle, aucun chemin évident ne s’offre à moi.
Tout me semble si compliqué. Où vais-je ?

Mon quotidien fait le grand écart entre petits bonheurs et solitude.

Envisager l’accouchement autrement

Désolée les mecs, passez votre chemin si le post vous gonfle
mais il est important de témoigner pour faire avancer les mentalités !

Pour avoir accouché très facilement et très rapidement, j’écoute le récit suivant avec intérêt car il vient conforter mon intime conviction. Pour être clair, vu mes deux accouchements, je pense que ce témoignage est plausible.

Il est incontestable que la médicalisation de l’accouchement a fait diminuer la mortalité infantile.

Cependant, beaucoup de femmes ayant une grossesse normale, sans angoisse et qui prépare leur accouchement en se mettant à l’écoute de leur corps et de leur bébé, trouvent intuitivement les positions qui leur conviennent et le tempo à suivre lors de l’accouchement car elles se re-connectent à leur instinct.

Pour moi, les deux clefs d’un accouchement “idéal” et respectueux de la maman et de l’enfant sont donc la préparation mentale et technique ainsi que la confiance en son corps de femme. Envisager l’accouchement comme un évènement sportif de haut niveau !

C’est tout un travail pour en arriver là : relaxation et/ou sophrologie et/ou auto-hypnose et/ou méditation et informations posturales voire haptonomie en complément, soutenue par l’acuponcture et sans oublier le passage à la moulinette de tous les doutes et questions physiologiques et techniques, etc.

S’il y avait eu un troisième accouchement (la question ne se pose plus car nous sommes complètement comblés avec nos deux petits gars), j’aurais pris en compte ce témoignage sans pour autant me tourner vers l’accouchement à domicile. Car je m’en voudrais de ne pas avoir donné toutes les chances à mon enfant s’il y avait un problème.

Facile à dire, puisque j’ai trouvé pour la naissance de Petit Biloba une maternité (Maternité de Givors) qui rend vraiment sa place à la mère dans son propre accouchement : vous en connaissez beaucoup des maternités où l’on peut accoucher dans la position qui convient à l’instant t, sur des tapis au sol ?

Il y a tellement à faire : c’est passionnant !
Merci à Petite Fée Coquelicot pour les vidéos.

A lire aussi : La plus flagrante inégalité de la vie : l’accouchement !
Accoucher sous auto-hypnose !?
Un autre monde : l’haptonomie.

Dure réalité …

J’ai pourtant bien réussi une fois à contrer cette malédiction !

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Baby Ball

Vous voyez ce truc gigantesque, tout rond et rebondissant
(non, non, je ne parle pas de la nana !) …

… un article très en vogue chez les femmes enceintes !

Je n’aurais donc qu’un conseil mesdames : gardez votre gymnastic ball gonflée après l’arrivée de bébé. C’est une merveilleuse alternative aux aller-retour exténuants avec bébé à bout de bras.

Cela trompe admirablement l’aptitude gyroscopique de votre adorable bambin qui se réveille irascible dès que vous arrêtez de marcher ou que vous vous asseyez.

Cependant, ça n’aura aucune influence sur son altimètre, capable,
même endormi, de déceler le moment où vous vous apprêtez
à le déposer dans son lit ! ;)

Ensuite, vous pouvez toujours vous en servir comme pouf d’appoint ! (non, non, je ne parle toujours pas de la nana).

Note qui n’a presque rien à voir : Viva Petit Biloba (2 mois et des poussières) qui nous a gratifié d’une nuit de 21h30 à 7h00 !

Votre grossesse s’est bien passée ?

Oui ! J’ai fini par accoucher …

Bis repetita placent

Comme Petit Ginkgo à son heure, Petit Biloba fait sensation
quand je me promène dans la rue.

Comme l’impression de me balader avec un petit chiot.

Si le regard des mecs est plutôt fuyant, les femmes se retournent sur notre passage, louant son visage poupon et ses beaux yeux bleus.
Pourquoi s’émerveille-t-on devant un nourrisson et puis plus du tout, lorsqu’il grandit ? Est-ce l’innocence qui touche les gens ? Est-ce la personnification du renouveau ? Un espoir renouvelé qui écrira une nouvelle histoire ?

Un goût de petit Jésus ?
Non, non, je n’ai rien de la sainte vierge …

Ou bien, est-ce le reflet de leur propre existence qui passe devant les yeux de ces inconnus ?
Dans le métro, cette femme souriant à l’enfant que j’avais dans les bras, me confia rêveuse que son bébé avait maintenant 25 ans …

“Profitez”, disent-elles “Profitez de ces moments courts.
Profitez, ce sont les meilleurs.”

Ont-elles oublié les nuits sans sommeil, les doutes, l’asservissement volontaire ? Je ne crois pas. Elles m’attendrissent.
Mais l’adage si souvent entendu dans la bouche de ma mère me semble toujours si juste : “Petits enfants, petits soucis, grands enfants, grands soucis.”


Je regarde le sommeil paisible de Petit Biloba.
Serais-je là suffisamment longtemps pour lui permettre un beau départ dans la vie ? Quel caractère se dégage déjà de sa personnalité de nourrisson ? Qui deviendra-t-il ? J’ai hâte que les connexions se fassent vite dans sa petite tête pour mieux le découvrir. (Ou comment vivre dans le futur sans laisser sa chance au présent !) Serons-nous les parents avisés, dont je rêve, capables de créer un lien fort entre les deux frères et de ne pas perdre la connivence avec eux, à l’adolescence au fil des années ?
Et si je n’étais plus là ? Malgré son intelligence, leur père serait-il suffisamment à l’écoute des détails dont on ne parle pas facilement mais qui peuvent créer des failures si elles ne sont pas évacuées rapidement ?

Ces questionnements existaient déjà en moi pour Petit Ginkgo.
En 5 ans et demi, l’enfant a soufflé sur ces inquiétudes en devenant un gamin vif, débrouillard, charmeur, curieux de tout ce qu’il ne connait pas, adaptable et observateur, tout simplement intelligent, sachant apaiser sa colère sous-jacente et à l’aise dans son corps. Il a des bases émotionnelles suffisamment solides pour s’en sortir dans la vie, si elle se révélait cruelle.
Que du bonus, maintenant. A nous de ne pas merder et de continuer à le guider sur son chemin d’homme équilibré, accompli, juste et engagé.

Pour Petit Biloba, il faut tout recommencer de zéro.
Et cela débute par un patient décryptage, des gestes attentionnés, des mots pour éviter les maladresses qui abimeraient ce petit être. Faire chaque jour de son mieux pour nourrir son développement, sa flamme intérieure. Une nouvelle aventure de la vie est en marche.

Du coup, si je n’avais que 4 conseils pour mes petits Ginkgo Biloba …

- Développez votre esprit critique.
-Si vous voulez faire quelque chose, trouvez des moyens plutôt que des excuses.

- De deux chemins, choisissez le plus dur. Parce que c’est là qu’il y a le moins de monde et sa liberté on la trouve là.

Et surtout, n’oubliez pas de vivre, mes enfants !”

Interdite de Lactarium …

L’enthousiasme commençait à monter.
Imaginer aider ces petits bouts de chou de néonat qui se nourrissent mL par mL, contre finalement peu de contraintes, motivait la démarche de Capsicum.

Sauf que les conditions de don de lait maternel sont identiques à celles du sang. Et Capsicum est déjà interdite de don du sang !!!

Sniff …

Alors si ça vous tente de donner, même un petit peu et/ou peu de temps, chercher votre lactarium le plus proche sur le site de l’Association des Lactarium de France.

I want my body back ! – n°2

Où est passé mon 90B ?

J’ai beau chercher partout je me retrouve avec deux obus de 105 … C, prêts à éclater à la moindre pression. Après 10 jours, je me réjouissais : “Chouette la montée de lait s’est passée idylliquement ! j’ai les seins souples. I’m the best …”

Et ben non. En bonne laitière, j’en ai assez pour allaiter 2 mômes.

Obus de 105mm … ;)

C’est là où le post-partum prend tout son sens avec un petit déficit de sommeil. (Et encore, ce Petit Biloba peut dormir 6h d’affilé de nuit !) :

Où sont passés ma silhouette de jeune fille, mon ventre plat et mes seins qui tiennent sans soutif ?

Le premier qui me dit qu’il a fallu 9 mois pour faire un petit et qu’il en faudra 9 autres pour récupérer, je le crucifie.

La seule véritable amélioration,
c’est que je peux dormir à plat ventre, désormais !

A lire aussi : I want my body back !

Petits Bonheurs – n°55

Le sourire de contentement d’un nouveau-né qui commence à s’endormir paisiblement.

Petits Bonheurs

Bon sens maternant …

“Votre enfant se nourrit de votre confiance pour avoir confiance en lui plus tard.”

Happy Baby Book (p 14)

Mais ils ne disent pas que des conneries dans les pubs pour jeune maman, distribuées à la maternité !

La clef …

Un nouveau venu dans le clan de Capsicum …

Petit Biloba … est né dimanche. :)

La nature est incroyable, je n’en reviens même pas moi-même !

Vous pouvez suivre nos aventures de ces derniers mois à ce sujet, sur le fil ‘L’Aventure Petit Biloba’ (4 jours) !

Un prénom pour mille vies …

Quelle galère !

Il parait que nous n’avons plus beaucoup de temps pour choisir comment nommer cet enfant … Je ne suis pas de celles qui avaient choisi les prénoms de ses enfants dès l’adolescence !

Un prénom, ce n’est pas juste mignon pour un bébé ou un enfant. Ce n’est pas juste pour faire plaisir à l’entourage. Et puis, avec un nom de famille qui ne passe pas inaperçu, les jeux de mot vont bon train … Vigilance !

Ce prénom, l’enfant le trainera toute la vie, deviendra un homme, une femme avec des responsabilités ou des projets, dont le prénom sera susurré par le désir. Alors évitons le ridicule à l’age adulte. L’unicité est aussi cruciale, mais pas trop fumé ou pédant.

Encore que pour une fille ça pourrait le faire, mais pour un p’tit gars, pas simple.

Se projeter dans un avenir si lointain n’est pas vraiment simple pour un Capsicum de mon espèce qui ne veut pas voir plus loin que le bout de son nez.

Enfin voilà, l’inspiration fait défaut avec un cahier des charges aussi rempli.
Ah … si les mômes savaient comment on se prend la tête pour eux parfois.

L’Aventure ‘Petit Biloba’ (8 mois et 1 semaine de grossesse)

C’est un complot !

Pour un peu de pseudo tension, me voilà en salle d’attente de la maternité depuis 1h, histoire de faire un test au calme. Tu parles d’un calme …

Entre la mignonne qui accouche sous péridurale alors que son terme est à 3 jours du mien et la femme qui étouffe plus ou moins ses cris dans la douleurs, me voilà au jus !

Reste encore au chaud 8 à 10 jours … pas avant.
Et pas de toxémie gravidique !

L’Aventure ‘Petit Biloba’ (8 mois de grossesse)

Prends ton temps … petit bout.

Les fatidiques 37 SA sont passées …
D’après les professionnels, il n’y a plus de risque de prématurité. Mais il est évident que nous préférerions que ce bébé continue de ‘cuire’ jusqu’au bout !

Je sens que nous ne sommes pas loin du but et les médecins ne cachent pas qu’il suffirait de quelques fortes contactions pour me mettre en travail. Mais si ce bout de choux pouvait attendre encore une dizaine de jours, ce serait parfait.

… pour les finitions !
et puis sans aucune rationalité … pour que ce soit un petit Lion.

La vie est au ralenti. Je sens mes ligaments travailler et mes hanches semblent faire un marathon chaque jour.

La perspective de l’accouchement ne me rend pas aussi zen que je le voudrais. Pourtant, les nombreuses et positives affirmations des sages-femmes quand à mon formidable accouchement précédent, la position actuelle de l’enfant, le bon déroulement de la grossesse, la robustesse de l’enfant et ma propre constitution font que les meilleures chances sont de notre coté.

Tout ira vite, j’en suis convaincue … mais pas tout de suite. ;)

L’Aventure ‘Petit Biloba’ (8 mois de grossesse)

Gym prénatale : Walea

Très doux et en rapport avec votre trimestre de grossesse, du yoga et de la gym prénatale vous sont proposés pour garder un minimum de forme avant l’accouchement.

Ne m’a-t-on pas dit, il y a 5 ans, que l’accouchement était un marathon auquel il fallait se préparer ? Une solution pour se bouger chez soi, à son rythme. Et quand, on porte  un ballon de rugby à la place du ventre … ce n’est vraiment pas négligeable !

Il y a aussi de la gym post-natale et de remise en forme.

A 8 mois de grossesse, je trouve ça très tranquille quand même.
Mais bon, il ne faudrait pas accoucher en avance …

L’Aventure ‘Petit Biloba’ (8 mois de grossesse)

Epanouissement gestationnel …

Ce môme a surement les velléités de profiter de l’espace sous-costal pour aménager une véranda tout confort, pendant son séjour dans mon ventre !

Quel rosse … qui se sent déjà à l’étroit.

Comme l’impression d’un hématome généralisé au niveau du diaphragme.

L’Aventure ‘Petit Biloba’ (7 mois et demi de grossesse)

Une bonne laitière …

Je crois que je ne vais pas trahir ma réputation fièrement acquise durant les deux premières années de Petit Ginkgo. A 7 mois et demi de grossesse, j’ai déjà le sein droit produisant du colostrum …

Espérons que ce ne soit pas un signe de prématurité. En effet, ce petit doit cuire encore un peu !

L’Aventure ‘Petit Biloba’ (7 mois et demi de grossesse)

Il faut le dire …

… depuis que j’ai quitté le Private Practice à la lyonnaise, je ne rencontre plus que des sages-femmes et des médecins assez ouverts d’esprit. Ce qui me rassure sur l’évolution des mentalités mais rend mon choix de maternité encore plus difficile.

D’un coté la plus grosse maternité du coin (à 10 min) qui sous un premier abord d’‘usine à bébés’ fait un peu peur, mais s’avère à l’écoute des patientes qui souhaitent être plus présentes dans leur accouchement.
De l’autre une maternité ‘Nature’ (à environ 55 min avec la circulation) reconnue dans la région pour son respect des bébés et des mamans, jusque dans la position d’accouchement et dans les soins au bébé.

Je suis d’accord avec vous, il vaut mieux ça
qu’un très traditionnel ‘Ta gueule et pousse’ !

Je tiens à signaler que je ne suis pas du genre ‘Bobo Méga Chiante’, contre tout ce qui est pour et pour tout ce qui est contre, obsédée par faire valoir le droit à l’alternativité.
Non, je suis attachée à des actes réfléchis et respectueux mais allant parfois à l’encontre des protocoles habituels. Par exemple, ne couper le cordon qu’une fois qu’il a cessé de battre pour permettre une meilleure transition avec les poumons du nouveau né, alors qu’aujourd’hui le don de sang de cordon est mis en avant pour réaliser une banque nationale de cellules souches (c’est encore une autre affaire d’ailleurs …).

Alors, jusqu’où est prête à me suivre la maternité de niveau 3 qui réalise 4000 accouchements par an ? Dans les faits, ne seront-ils pas trop sécurisationnistes ? Petit Biloba étant prévu pour être un beau bébé du gabarit de Petit Ginkgo (3 kg 800), voilà la sage-femme prescrivant une nouvelle écho pour surveiller le périmètre crânien … Si le premier de ce type est passé, le second suivra ! C’est un peu l’effet ‘ceinture + bretelles’.

Pour ce qui de la maternité alternative, réalisant 400 accouchements/an, il y a parfois beaucoup de circulation routière entre elle et moi. Or pour un second enfant, cela risque de venir vite … De plus, les équipements et locaux sont soit vieillots soit en travaux. Quand aux salles de naissance, elles ne sont guère différentes d’une maternité classique. Et puis, la maternité n’étant que de niveau 1, cela me fait vraiment flipper si le bébé arrivait en piteuse forme.

Quelle mauvaise idée de me coucher à 2h du matin pour achever la rédaction d’un projet de naissance … alors que le lendemain la sage-femme n’a pas le temps d’en discuter !

Alors, l’ouverture d’esprit obstétrique = nouvelle volonté ou poudre aux yeux ?

L’Aventure ‘Petit Biloba’ (7 mois de grossesse)

Maternité à la mode …

Quand on s’intéresse à une maternité ‘Nature’ et ses 400 accouchements/an, il faut s’attendre à la visiter en compagnie de bobos pur jus ! Mais je ne suis pas sûre qu’être alternatif pour être alternatif soit réellement une preuve de jugement éclairé :

“- Oui, mais si on veut refuser le test de Guthrie parce qu’il est systématique,
on peut ? Au fait … c’est quoi le test de Guthrie ?”


Parmi les 3 maternités approchées durant la grossesse, je me demande si accoucher au CHU en négociant un projet de naissance ne serait pas plus ‘militant’ pour l’évolution des mentalités, en faveur d’un accouchement plus équilibré entre physiologie et médicalisation.

Durant ce nouveau parcours,  j’ai pu constaté que le milieu médical avait quand même déjà beaucoup évolué, en 5 ans !

Alors 10 min ou 55 min ?
Il va falloir se décider maintenant !

L’Aventure ‘Petit Biloba’ (7 mois de grossesse)

L’anesthésiste féministe …

… qui vous confie que toute cette mode du maternage, c’est juste pour ré-enchainer les femmes à la maison et laisser le boulot aux mâles.

“Toutes ces petites jeunes qui se font avoir !
Et puis, pourquoi souffrir quand il y a la péridurale ?”


Ce n’est peut-être pas entièrement faux …
Mais Capsicum est convaincue que si la mère est équilibrée et a elle-même choisi d’être à la maison, l’enfant en retire beaucoup de bénéfices. Peut-être même un investissement pour l’adolescence si elle sait ne pas être une mère abusive poule.

Moduler sa vie sous différentes facettes, au fur et à mesure des années :

De quoi vivre 10 vies en une !

L’Aventure ‘Petit Biloba’ (7 mois de grossesse)