Capsicum = Philosophe bipède

Journée productive mais peu passionnante, à l’exception d’un déjeuner sympathique avec mes collègues, je sors comme d’habitude un peu pressée pour récupérer Ginkgo à la garderie.

Atterrée, je jette un œil tout autour de moi :

Mon vélo, pourtant bien attaché au pied du Grand Méchant Loup, a disparu !

La prochaine fois, je l’accrocherai comme ça !

Putain, il n’était pas plus joli que les autres pourtant.
Me voilà donc piétonne et en retard devant la ligne de tram, au trafic perturbé (manquait plus de ça). Merde, vraiment des crétins des villes doublés d’odieux connards.

Ni mort d’homme, ni atteinte physique, il me faudra juste trouver un commissariat de police pour porter plainte, quand j’aurai le temps : près des faits ou de mon domicile ?

J’ai horreur des démarches administratives, d’autant que je n’ai plus aucun papier d’identité : ni carte nationale d’identité, ni passeport depuis des mois !

Il faudra donc passer à la Mairie pour récupérer mon passeport tout neuf avant d’aller porter plainte, le tout dans la plage des horaires de bureau. Ça va encore être simple …

Et les prochains jours, il faudra se coltiner les bouchons en voiture.

C’est surement des terroristes anti-écologie ! ;)

Je vous passe le couplet où Caps arrive en retard à l’école et finit pas rentrer à la maison, pied-nu sur l’asphalte, sous le regard stupéfait de Ginkgo … assis sur son propre vélo.

Démarche RSE et Développement Durable – Nouvelle virginité à la mode en entreprise

Hier, la réponse s’est assise à côté de moi à la cantine !

Monsieur RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) n’est pas un cadre au sourire charmeur. Plutôt passe-partout, il est serein mais vous emporte dans son discours via la passion et la justesse qu’il met dans ses propos … entre deux bouchés.

Ce que j’aime dans ces grosses boites, c’est qu’elles ont de la ressource et suffisamment d’inertie pour aborder des questions pas forcément rentables au premier abord … Cependant, bien qu’elles en aient souvent les moyens, in fine peu nombreuses sont celles qui s’intéressent à une quelconque contribution aux enjeux du développement durable.

Et oui, le Grand Méchant Loup a la volonté de prendre en compte les impacts environnementaux et sociaux de ses activités, afin de les améliorer.

Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas devenue aussi naïve que le benêt à grelot.

Il est bien évident que le but premier de l’EXCOM (Executive Committee) est plus de briquer l’image de la société pour courtiser le consommateur et les marchés que d’agir en grand philanthrope.

C’est là où le consommateur responsable à pris le pouvoir !
Législation certes, mais les entreprises deviennent pro-actives pour gagner en crédibilité et en réputation. Une vision idéaliste du ‘modèle gagnant-gagnant’.

Mais peu importe, tant qu’elle se retrousse les manches pour un bénéfice plus louable, qu’elle remet l’humain au cœur de leur fonctionnement et au centre d’initiatives de solidarité à l’extérieur de leurs murs.

Cela n’annihile pas l’esprit critique des observants pour démêler le RSE du Greenwashing et surveiller les fonds ISR (Investissement Socialement Responsable).

Monsieur RSE est un ingénieur projet avec plus d’une décennie d’ancienneté, qui à mi-quarantaine a fait sa crise. L’histoire ne dit pas si à cette occasion, il a côtoyé le Démon de Midi, mais elle raconte qu’il s’est lancé dans une grande quête de sens, de laquelle il ne pouvait exclure le plus clair de son temps : son entreprise.

Porté par la philosophie « penser global, agir local » de René Dubos (1972 – ça ne date pas d’hier mais tellement actuel), il est dernièrement devenu pèlerin en sa filiale, pour distiller la bonne parole d’homme à Homme. Son premier objectif est de fédérer les bonnes volontés, repérer les forces vives débordant d’idées, pour ensuite fonder des actions bien concrètes.

Monsieur RSE n’est pas un grand théoricien puisqu’il puise son pragmatisme dans sa propre expérience industrielle. Là est sa force : mettre à profit ses compétences affutées pour intégrer les parties prenantes internes et externes (employés, clients, voisins, ONG, autorités publiques, etc.) dans la réflexion stratégique.

Pourquoi n’ai-je pas pensé que la société civile avait fait assez de chemin pour que le fameux profil de changement soit internalisé, chez le Grand Méchant Loup ou ailleurs ?

Malgré les polémiques générales à ce sujet, voilà une mode drôlement positive, qui n’empêche pas de garder les yeux grand-ouverts.

Mon œil brille donc avec des pensées derrière la tête …

Grand Méchant Loup

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Observatoire de la Responsabilité Sociétale des Entreprises
Plate-forme21
Qu’est-ce-que la responsabilité sociétale des entreprises

Il faut choisir …

… bosser dans une étuve ou dans le noir !

En même temps, je préfère ça plutôt que pianoter sur l’ordi avec des mouffles.

Margaret Young

Often people attempt to live their lives backwards: they try to have more things or more money in order to do more of what they want so they will be happier. The way it actually works is the reverse. You must first be who you really are, then do what you need to do, in order to have what you want.

Margaret Young

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Après quelques années de réflexion, approcher le SUCCÈS dans sa forme la plus épanouissante, est devenu en théorie : une évidence, en pratique : une réelle difficultés à s’extraire du pli constructeur.

Ne plus être tout à fait adaptée à l’absurde vie usuelle de nos sociétés occidentales (la seule vraiment familière) et pas assez déterminée pour embrasser des voies riches de sens, interroge profondément sur sa propre place dans une vie si courte, dans la société en devenir et auprès des siens.

Il ne reste donc plus qu’ETRE, envers et contre tout.
Une gageure.

La tac, tac, tactique du veilleur stagiaire.

Après une soutenance fort remarquée, Caps bouclait son projet aéro de fin d’étude. Sa tutrice qui rechignait habituellement à quitter son Aquitaine, avait fait le déplacement jusqu’en banlieue parisienne, pour soutenir avec ferveur les travaux supervisés depuis 6 mois.

Elle boucla leur collaboration par une confidence : “Tu nous as fait peur au début. Nous nous sommes dit qu’il allait falloir te calmer !”.

dommage qu’un plan social empêchait l’embauche, parce que Caps y aurait bien pris ses quartiers – surtout pour le surf, à la sortie du boulot …

11 ans plus tard, Capsicum ne peut que constater qu’elle se met toujours une forte pression afin d’être à la hauteur des diplômes, de la gratification … et de son âge.

et sur le point gratification, elle a toujours été très gâtée pour des stages !

Cependant, à peine débarquée, le mode ‘efficacité’ rend manifestement les workmates très nerveux.

Ainsi, après une première semaine sur les dents, Caps allège la self-pressure pour migrer vers une phase plus ‘Caméléon – j’m’en foutisme’ , histoire de ne pas effrayer ses tuteurs et collègues, ni paraitre trop avide quand elle requiert des infos sensibles

son nouveau cœur de métier

Note : Ne pas prendre goût au mode ‘laid-back’ !

Grand Méchant Loup

Mode Expérimentation

Pour prendre ses marques,
Caps teste, tente, essaie, goute tout ce qui est à sa portée.

* Elle teste tous les trajets possibles à vélo, avec ou sans pluie, en voiture, tous les horaires, avec ou sans enfant et viendront bientôt les transports en commun.
* Elle goute les différentes formules de la délicieuse cantine d’entreprise, à crédit, en attendant que son compte soit créé.
* Espérons qu’elle n’essaie pas différents styles vestimentaires car dans la vraie vie, “L’habit fait le moine”. Quelles tronches, tireraient les CCAC*, face à une collègue grunge ou panthère !

* Elle tente aussi tous les cafés disponibles à la fameuse machine gratuite. D’ailleurs, le petit café-noisette de midi prolonge une pluvieuse mais néanmoins jolie journée.
* Sur sa lancée, une chance qu’elle ne ressemble plus à rien ait passé l’âge de butiner, parce qu’elle parie qu’un pourcentage non négligeable des collaborateurs doit prendre de très relaxantes pauses déjeuner (indice : l’hôtel, de l’autre côté de la rue).
* En cessant d’être centrée sur elle-même, elle expérimente des approches plus psychologiques auprès de ses collègues directs, histoire de trouver la clef de chacun, lui permettant d’obtenir ce dont elle a besoin professionnellement.

Une transition nécessaire et profitable qui rend de sa valeur au temps libre,
surtout quand c’est sans enjeu pour de faux !

* Costume Cravate Attache-Case

Grand Méchant Loup

Egomaniac

Se maquiller tous les jours, au propre comme au figuré, à la cantine, supporter les discussions insipides sur le dress code local, tous les soirs, échanger les escarpins contre des baskets après avoir passé le portillon de sécurité,  mais aussi être fière d’une petite trouvaille qui pourrait faire avancer mon projet … enfin si on m’en laisse la latitude.

Le comble, c’est que l’on ne me demande pas tant de mettre à profit mes toutes fraiches compétences en intelligence stratégique mais plutôt de mobiliser mes qualités d’ingénieur projet … sans m’en donner ni les moyens, ni la légitimité.

Décidément, je me sens un peu à l’étroit
dans le costume de la stagiaire de service.

Pour preuve une réunion houleuse avec le boss, après 4 jours de maison. Finalement, le rôle de mère au foyer ne refroidit pas un sang bouillonnant. Impossible de nier son tempérament.

Cependant la carte diplomatique s’impose d’urgence.

Grand Méchant Loup

Coffee or not coffee

Après 30 min de vélo dans la circulation, une matinée de concentration intense, quelques emails et une réunion, impossible d’avoir le cerveau suffisamment affuté après 13h, sans un petit expresso.

N’en parler pas à ma mère, elle aurait une attaque, vexée que je refuse de boire la précieuse boisson, chez elle.

Et dire que la semaine compte encore 3 jours … vraiment plus l’habitude.

Y’a-t-il moyen de faire une période d’adaptation allégée ?

Genre une dizaine de jours sur un mois,
comme Petit Biloba chez Nounou Pikler ;)

Grand Méchant Loup

Intégration

Un homme traverse la rue avec sa fille alors que je passe à vélo, pour mon premier jour de travail, depuis presque 3 ans et demi (c’est à peine si j’ose le dire). La gamine blonde est souriante :

- Papa, qu’est que tu vas faire aujourd’hui ?
– Ce que je vais faire aujourd’hui ? Euh … rien de bien extraordinaire.

A défaut de sauver le monde ce jour, découvrons ce qu’un grand groupe fait pour l’humanité au département ‘stratégie’.

Des fois qu’il y ait quelques convergences d’intérêts
entre les pays en voie de développement et cette industrie ;)

Grand Méchant Loup

Paris vaut bien une messe.

Ma convention a été signée aujourd’hui, j’appartiens donc officiellement au Grand Méchant Loup pour les 4 prochains mois. Impossible de savoir si j’en suis ravie ou dépitée.

Dualité, laisse aller, c’est une valse.

Grand Méchant Loup

Me, moa & myself

Bon, d’accord le blog est très égotique mais après tout ce que je connais le mieux est mon environnement. D’ailleurs, personnellement je le trouve de plus en plus gnangnan. Ça manque de relief et d’engagement.
Justement la sérénité est donc vraiment chiante.

La photographe, qui m’a assez mal coachée un temps, se demandait quels sujets je pouvais bien aborder pour avoir plus de visites que son propre blog photos. Elle pariait pour du sexe ou de la politique ! Et pour le coup, ni mes fantasmes, ni mes réalités ne sont une matière récurrente. Quant à la mascarade que jouent nos énarques, je la laisse à ceux qui savent de quoi ils parlent … ou pas.

Votre dévouée Capsicum !

Après, il n’y a pas de secret : 6 années en ligne aident à générer un monceau de mots clefs fort prescripteurs. La preuve en est que Maurits Cornelis Escher s’est fait ravir la première place depuis plus d’une année par La Pietà … de Michel-Ange, talonnée par Emmi Pikler et sa pédagogie Loczy.

Et pour ne rien vous cacher, tout sujet un tant soit peu profond nécessite de la recherche afin de se faire une opinion sur pièce et du temps pour rédiger une analyse suffisamment pertinente, ce dont je manque cruellement depuis des mois. ( de pertinence ? non de temps …).

Alors oui, c’est facile de vous fournir en phrases et borborygmes en tout genre produits par mes deux lascars. Simples excuses pour vous faire part de leur évolution et de l’amour observateur que je leur porte.

Facile aussi de mépriser mon psychopathe de frère osant m’envoyer aujourd’hui un e-mail de grand seigneur. Quand le souvenir du même personnage souhaitant vivement m’en coller une pour avoir apporté les cadeaux de noël de ses parents à ses enfants, me revient, je nourris du ressentiment vis à vis de son comportement déviant qui nous aura mené à un blackout de près de 7 ans, faisant de mes neveu et nièce de parfaits Étrangers de Sang. Et dire qu’après tout ça Mummy lui fait endosser le costume de victime alors que ses propres gamins le chargent devant le juge pour aller vivre avec leur mère.

Facile de suivre à minima les esprits éclairés qui me servent d’exemple pour muscler ma réflexion en matière de pédagogie infantile, d’esprit d’aventure, de méditation de pleine conscience, de simplicité volontaire et toutes les théories qui me paraissent de plus en plus avoir du sens dans cette société en mutation.

Facile d’extraire de leur contexte de petites phrases d’auteur, illustrant parfaitement mon état d’esprit à l’instant t.

Facile de vous connecter de façon sporadique avec les évènements du parapente, de la voile, du kite, de la chute libre, etc, alors que cela ne remplit pas le manque d’action que je ressens.

Facile de distiller des lieux-communs boboïsants dans l’air du temps pour me donner l’impression d’offrir une part d’éclairage à ceux qui n’ont pas le temps de se torturer l’esprit avec des futilités.

Facile de rêver à mots ouverts sur les prochains voyages.

Mais je m’en fou après tout, puisque le blog offre les instantanés d’une époque, au même titre que les clichés que j’ai triés, traités et rangés, bien sagement aujourd’hui.

Bientôt je croiserai chaque jour les M. Du Con, que j’ai évités depuis des années. Ils nourrirons bien mes billets ! Et je ne doute pas que le Grand Méchant Loup me donne matière à m’exprimer. Une nouvelle phase s’accomplira bientôt.

En attendant, le blog a mes faiblesses et puis c’est tout !

Avant d’aller bosser chez le Grand Méchant Loup

Il semble parfois qu’on aborde jamais et qu’on se retrouve au large. Des vents contraires, sans doute.

Bernard Giraudeau, L’Ami Chilien

Allez savoir comment deux DVD de ‘Les Carnets de voyage de B. Giraudeau’ se retrouvent sous mon œil, au premier jour de la fin universitaire de mes études … alors que je déambule dans les allées Jeunesse de la bibliothèque de La Part Dieu, avec Ginkgo.

Le tourbillon se conclue par une fatigue corporelle, doublement incommodante. Comme si le blocage cervical ne suffisait pas, il fallait bien un bonne bronchite pour fêter ça !