Printemps sur ‘Chapel Street’

Une envie de changer de sujets et c’est ainsi que ce post fut exhumé des brouillons de l’année dernière …

J’y parlais de mon impression de remettre chaque semaine les pieds dans l’ambiance de Chapel Street. A chaque pas, une odeur de restau thaï ou italien me replongeait 12 13 ans en arrière. Les néons rouges ou bleus s’animaient avec la même féérie, les passants semblaient aussi anonymes. Australiens ou français, après tout, je ne les connais pas. Dans ma tête un jingle radio ‘TT FM’ résonne. Le quartier est populaire, animé,  post-chambre du cours de Tap Dance.

Une année de plus et pourtant chaque semaine, je pense encore à ce quartier de Melbourne que je rejoignais de Richmond East par Church Street avec le tram 79, après mes tap hebdomadaires. Aujourd’hui, tout cela fait parti d’une autre vie, même si les claquettes restent un vestige de cette liberté. Années après années, je vois, dans le miroir de la salle de danse, mes co-tappeurs se transformer en Nicholas Brothers.

Jamais trop envie de venir, mais les tap buissonniers sont hors de question, puisque l’exigent prof nous pousse tellement qu’une absence risquerait de me faire perdre le fil. Cependant la magie opère chaque fois. Les fers sur le parquet, il n’y a plus que faire chanter le rythme qui compte. A l’image des mentors de mon adolescence, il est capable d’extraire de moi le meilleur comme le pire, en un simple regard.

J’en oublie tout pour une heure.

Une journée au printemps

Lancer le dé, puis se laisser porter par les axiomes du plateau de jeu.

C’est ainsi que Capsicum se retrouve à prendre des notes lors d’un cours d’université dans une cité dont elle ne connait que le Vieux Port et la gare Saint Charles (pour y avoir transité après une incartade méditerranéenne à la voile).

Étonnement, depuis cette étrange matinée à Grenoble où son état n’était pas enviable, le fil se déroule sans (pour une fois depuis des années) qu’elle doive incessamment nager à contre-courant. Des alliers apparaissent dont elle ne sait pas encore comment exploiter les propositions. Un apaisement plein de promesses qu’il lui reste à bien employer.

Aujourd’hui, les imprévus ajoutent à son plaisir.
Les palmiers soufflent un air de Faro (Portugal) au soleil de midi. Même la recherche d’un câble Ethernet, à la nuit tombée, à travers la résidence universitaire lui sied, rappelant à son souvenir le plaisir qu’elle avait à deviser down under à l’accueil du Friendly Backpacker.

Soul’s reflections par Julie de Waroquier

Comme portée par une nouvelle bulle, contournant les contraintes mais ne l’exemptant pas d’un travail soutenu, elle vole au gré de la brise et se demande où tout cela va-t-il bien la mener.

Épuisée cependant.

La densité n’a pas de prix !

Mais elle éloigne Capsicum du blog.

Pas vraiment le temps de parler de la proximité humaine dans le métro parisien, de la féerie du Cirque du Soleil qui me rappelle toujours Melbourne, de Petit Biloba (16 mois) qui prononce ‘Chat’ avec beaucoup de plaisir, des potes quittés 10 mois auparavant qui nous accueillent comme si c’était hier, de Miss Sergent Major qui décide systématiquement du planning de Noël, du rhume qui nous plie tous sauf Ginkgo, de mon appareil photo qui prend la poussière et des devoirs d’Intelligence Stratégique toujours plus nombreux à chasser les précédents.

Kooza – Cirque du Soleil

Petit Biloba débutait hier ses 4 demi-jours par semaine chez Nounou Pikler après 1 mois acclimatation. Avec un peu de chance, je vais donc rattraper mon retard et à nouveau partager les évènements parapentes, le pari fou de tour de monde en cata sportif d’Yvan Bourgnon, le record de vitesse en kite à 104,86 km/h d’Alex Caizergues, les dessins de rue de Banksy et les projets de slow travel qui me trottent en tête.

Cette cure de jouvence étudiante me rappelle tous les jours qu’avec 2 enfants et une vie rythmée à la française, les adultes se prennent souvent bien trop au sérieux.

Attendez-moi.

Cirque du Soleil

Serrer les fesses …

… quand la douane australienne choisi d’inspecter la personne avant vous et celle après vous, alors que vous traversez la ‘Nothing to Declare line’ avec votre traitement antituberculeux en poche pour 6 mois et votre petit papier jaune dont la case ‘Tuberculosis Connait Pas’ a été cochée.

Je vous l’accorde, là ce sont les douanes allemandes,
mais c’est pareil partout !

Parfois ce n’est pas pour débarquer que les choses se gâtent mais en transit à Kuala Lumpur alors que l’agent féminin de contrôle  vous aboie dessus dans une langue difficilement compréhensible car elle pense que vous êtes une dangereuse terroriste se baladant avec un monstrueux ciseau à herbe dans votre bagage cabine, pour assassiner le pilote.
Méprise aux rayons X, l’objet du délit était un casse-tête idiot constitué de fers à cheval …

Parce qu’en transit, il n’y a pas besoin d’être à l’autre bout de la planète pour se faire coffrer.
Il suffit d’atterrir à Lisbonne en simple formalité pour rentrer en France … avec une malheureuse bombe au poivre à 3,30 euros dans les bagages de son acolyte, considérée comme une arme de ?eme catégorie, illégale au Portugal.
L’avion a été chopée de justesse, sur ce coup là, grâce à un charmant policier Portugais rattrapant les frasques de son collègue ‘Pitbull de Compétition’. Tout de même 150 euros d’amende iront au moins à une association d’enfants.

Après tout, même en France, il aura fallu s’envoyer par la Poste un minable petit coupe-ongle, soupçonné d’être une potentielle arme de détournement d’avion sur le tarmac bordelais.
Et ne parlons pas des bottines dont la fermeture éclair fait sonner le portique. Bien faillie finir en petite culotte sur le tapis roulant de Luton (GB).

Dommage que Caps ne soit pas un agent, elle aurait appris à passer les contrôles aéroportuaires sans sueurs froides …
D’ailleurs, résidu de guerre froide dans sa mémoire d’enfant, elle n’en menait pas large à Moscou. On ne sait jamais, sur un malentendu. :(

Vous comprendrez donc sa lutte contre Morphée lors d’une escale de 18h en Malaisie, de peur qu’un passager mal intentionné profite d’un instant d’inattention pour faire passer des méthamphétamines dans ses bagages. Ils condamnent à mort pour moins que ça dans ce pays …

Hors des aéroports, Capsicum est très calme en voyage !

Quand je pense à la vie …

… d’avant “les enfants” !

Les sorties en Laser par force 6 à 7, le ski alpin sans enseignement, le slalom entre les pierres trainée par ma voile de parapente, les soirées téquila à volonté, la plongée sur épave en Atlantique, les nuits du téléthon à descendre d’un donjon en rappel, la traversée du désert en Toyota Starlet, les raids nocturnes vélo-skate, les expériences culinaires au fin fond d’une yourte … à ben non, ça c’était après !

Y’a donc encore de l’espoir.

Le bruit métallique de mes pas.

East Richmond, je n’aurais manqué le cours hebdomadaire pour rien au monde.
A en pleurer, si malencontreusement en retard, l’accès m’était refusé. Soumise aux règles strictes d’une véritable école de danse, les taps étaient devenues pour moi une expression addictive. Le parquet, caché sous la moquette de cette sympathique maison melbournienne peut probablement encore en attester !

Comme un amour de jeunesse, j’y reviens encore et encore …

Aujourd’hui le prof n’a pas l’air frondeur, ne porte pas des boots aux pieds et n’a pas la ligne Cats à son CV. Il est pourtant reconnu, le rythme chevillé au corps et pas que pour la salsa. Le mec est doué, précis et exigeant. Exigeant, voilà ce qu’il me faut, en vraie siphonnée du bocal que je suis.

L’autre soir, j’ai arrêté de compter, seule l’oreille guidait mes pas.

De retour en France, tous les cours, plusieurs fois par semaine, étaient ma seule échappatoire au gris quotidien des candidatures spontanées. La salle de danse classique au fond d’une arrière-cour, me laisse encore un souvenir de chaleur humide et bordelaise. Réunir grande bourgeoise et artiste percée sur la même musique relevait de la performance. C’était sans compter sur l’ambiance acharnée de cette époque et la convivialité du prof pour limer les disparités.  Une fête de la musique mémorable … à se produire en public.

Mon pied droit a grossi en 9 ans.

Et puis, il y eu les cours sans intérêt de cet autre prof, si narcissique, qu’il perdait ses élèves, un à un, sans même s’en apercevoir. Abandonnant le navire le plus vite possible, je fus repêchée, l’année suivante, trois rues plus loin, par un performer de Lord of the Dance. Cependant, le gros ventre aura raison de ce nouvel engagement rythmique. Le certificat médical précieux sésame ne voulant pas être délivré. Et pour cause …

Aujourd’hui, le maître de danse estime que les adultes sont responsables.
Leur crise cardiaque leur appartient !

Il commence à me plaire celui là. ;)

Si heureuse …

… de retrouver mon amie, née de l’autre coté du rideau de fer, rencontrée Downunder (il y a 11 ans) et complice de l’Expérience Aquitaine, il y a presque 9 ans.

Sans nouvelles depuis 2 à 3 ans, un profond sentiment
de gâchis incommensurable s’imposait.

Cependant, je ne pouvais me résoudre à l’ajouter à la blessante liste des amis perdus ces 15 dernières années. Celle qui comporte déjà 1 frère et 3 très chers compères de différentes époques, malheureusement évanouis dans les limbes de l’incompréhension …
Et la question n’est pas forcément géographique.

A 24 ans, elle et moi, nous étions promis de recevoir nos futurs enfants respectifs afin de leur faire profiter de séjours linguistiques en immersion.
La meilleure méthode que je connaisse pour l’apprentissage d’une langue.

En grande voyageuse qu’elle est, je la retrouve de retour en Europe, mariée et attendant son premier enfant.

L’amitié n’est pas toujours simple.
Elle est pourtant si essentielle à mes yeux.

Tap Dogs à deux pas

Le mémorable show de Dein Perry a posé ses percussions à la Maison de la Danse à Lyon, faisant salle comble, pour un spectacle de 1h20 qui envoie. De l’humour et de l’imagination, en plus du talent de ces tap dancers !

par Ralf-Brinkhoff

Souvenir d’un autre continent

A lire aussi : Tap Dogs à Lyon / Adam Garcia – Tap Dancer de génie !

10 ans après … le mystère lacté élucidé !

Capsicum a retrouvé le si bon goût du lait australien !!

Tout simplement non pasteurisé … mais ‘frais microfiltré’ !

Timelapse of Vivid Sydney 2011

Illustration Down Under d’une petite conversation avec un photographe de Nature Capitale à Lyon

par James Zhao

Merci Tugdual.

C3H5(NO3)3 …

Il y a 10 ans, Capsicum passait au nouveau millénaire dans l’ambiance hors du commun d’une église habitée par le God save the Queen.
Et depuis ?

Une nouvelle page se tourne.
Qu’elle soit intense et au diable les résolutions !

Je souhaite ‘simplement’ allier Discipline, Fantaisie et Esprit d’entreprise.
Tout un programme ;)

It’s a wonderful life

Au tintement de la clochette en déballant les déco(s) de Noël, ce film de Frank Capra me revient chaque année à l’esprit …

Encore un coup de ma prof d’anglais de lycée !

Et puis, je devais retrouver ce conte de Noël de 1946, en noir et blanc, un soir de réveillon solitaire à
The Astor Theatre.

On y retrouve James Stewart au prise avec l’aigreur de la vie, les travers de la société et les rêves brisés, jusqu’à ce qu’un ange prouve qu’il mérite ses ailes !

Une madeleine …

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La Maison des Meffre

Dernièrement, on demanda à Capsicum ce qui avait cristallisé ce blog …

Sur le coup, la réponse fut vague, à la convergence de nombreuses envies, comme celle d’exprimer sa personnalité sans fard, d’observer l’évolution d’un cheminement, de confier tout le bonheur de faire pousser un enfant … de rendre productives mes habituelles recherches, en partageant  ces trouvailles sur la toile.

Mais en retrouvant cette photo dans un vieux post non publié datant des débuts du blog en 2008 …

Maison construite par les Meffre vers Hobart en Tasmanie.
Image issue d’un article du Dauphiné Libéré sur eux datant de 2002.

… me revient l’état d’esprit de cette époque où galvanisée par un livre Les Vagabonds de l’Océan de Michelle et Georges Meffre, j’avais – au delà de la théorie – enfin pris conscience que l’on est acteur de sa vie, sans avoir besoin de beaucoup de moyens.

Il fallait le crier à l’univers et l’étayer d’exemples,
avant de me lancer moi-même ;)

Deux tours de soleil plus tard, cette image reste le symbole de la réalisation des rêves de plusieurs personnes et accessoirement me fait penser à un plan sorti d’un de mes crayons, il y a déjà quelques années.

Les ‘vagabonds’ se sont posés dans une maison à leur image car construite de leurs mains …

… ce qui ne les a pas empêchés de repartir ensuite !

Way of the Ocean


WAY OF THE OCEAN – Official Trailer

Josh Kerr, Adam Robertson, Dane Reynolds, Asher Pacey, Taj Burrow, Craig Anderson, Jordy Smith and Kelly Slater et dirigé par Matt Kleiner

WAY OF THE OCEAN: Australia est la première partie d’une série de 5 films autour du monde.

“The film is a definitive portrait of Australia’s deep rooted connection to the sea and all its energy. The largest island on earth provides a breathtaking backdrop to some of the worlds best waves in this groundbreaking documentary. From the tropical waters surrounding the great barrier reef, through the frigid rawness of the southern ocean and up to the remote desert of Northwestern Australia, WAY OF THE OCEAN is sure to captivate your senses.”

De magnifiques images :
http://wayoftheocean.com/

Casino Connections

C’est à 21 ans que je mis les pieds dans un casino, pour la première fois.

Probablement trop bien accompagnée pour que le physionomiste me demande ma carte d’identité, je découvris l’atmosphère des salons, tantôt feutrés, tantôt électriques, tantôt enfumés. Mais c’est le niveau sonore envahissant qui concourrait à la folie des lieux, dont je me souviens le mieux.

La salle des machines à sous était particulièrement survoltée. Hypnotisés par le défilement des symboles, les joueurs s’obstinaient à nourrir cette armée de bandits manchots, inlassablement bruyants.

Égérie volontairement éphémère, j’observais l’homme, la quarantaine sportive et très élégante, lancer les dès avec délectation. Personne ne pouvait manquer cette étincelle dans son regard.

C’est donc cela …  la fièvre du jeu !

L’histoire ne dit pas s’il était sous l’influence de la pleine lune qui se reflétait sur l’océan, ce soir là.

Mais l’ambiance d’un casino est terriblement fascinante pour qui aime le monde de la nuit. Je ne m’en privais donc pas quelques années plus tard …

The Crown Casino - Melbourne

Passé le souffle des flammes du Crown Casino, le raffinement prend place au milieu des fontaines art déco, des clubs pseudo privés, du majestueux escalier de l’Atrium et des bars à cocktail sous les jeux de lumières bleutées.

Sans commune mesure avec le vieux continent, mes talons s’enfoncent dans l’épaisse moquette du temple du Blackjack et de la Roulette.
Les nombres déjà sortis affichés à chaque table, nous en choisissons une et l’observons pendant 4 ou 5 lancés avant d’y commander un verre.

La boule tourne et rebondit de case en case. “Eight, black, even …”
La chance sourit jusqu’à ce que le croupier soit remplacé. La suite des nombres en sera bouleversée, forcément. C’est la règle !

Alors, sa main effleure mon dos nu.
Nous désertons la place.

Mais partout où je pose les yeux, les visages sont concentrés, souriants, certains au bord de l’extase comme si l’air conditionné leur insufflait une dose massive d’endorphine.

Sur le chemin qui mène à ce qui deviendra le Crown Signature Club, un écran gigantesque est partagé en 18 mosaïques. Ici on parie sur tout et n’importe quoi ! L’excitation y est à son comble parce que les uns et les autres exultent au rythme des victoires. Passons.

Parenthèse cosy, le temps de converser autour d’un cocktail et la table privée s’ouvre, essentiellement masculine …

Tard dans la nuit, certains y perdront
leur billet d’avion retour pour l’Europe … et bien pire !

Des images, des parfums et un aplomb qui me paraissent issus d’une toute autre existence … sous le filtre des très sages 10 années suivantes. :)

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VDM … à mon tour !

Spirit of … Down Under.

De ce matin d’hiver, sur les docks, le souvenir de la lumière orangée, encore fraiche, l’aérien sentiment d’ailleurs, l’odeur marine et l’intense bien-être fugace sont plus présents que tout autre élément de contexte, de conversation ou de détail.

Port Melbourne – Australie

Un moment sur ce ponton pendant lequel une énergie instinctive et palpable nous traversa, au filtre des lunettes noires. Un baiser dont il reparlera, bien des années plus tard …

Parmi ces instants encore persistants, il y a …

… le son grave du Spirit of Tasmania arrivant à bon port.

Histoires de Putter …

- Sais-tu qu’ils jouent au golf en pleine nuit à Coober Pedy, pour s’affranchir de la chaleur du désert ?

En un quart de seconde, Capsicum revoit le tee phosphorescent et la barrette d’un jaune éclatant sur le caddie baladé sur l’herbe. Une franche rigolade, dans ce monde où elle donne parfaitement le change.
L’odeur des fleurs en cette nuit d’été est entêtante alors que les participants sirotent un cocktail sur la terrasse du Club House, avant un mémorable 9 trous nocturne.

La nuit s’annonce tout aussi passionnante que le jeu, à en croire l’œil qui frise et le sourire carnassier du favori de l’épreuve, au polo Ralph Lauren si saillant.

… Soudain interdite, Capsicum se questionne intérieurement : … “de l’herbe” … ? Mais à Coober Pedy, il n’y a que de la poussière et puis … Ange.

Golf des Olonnes Pierre-Levée (France)

Collision de deux souvenirs
à 15 000 km de distance et 6 années d’écart !

Qui peut confondre le Golf de Pierre-Levée avec le Coober Pedy Opal Fields Golf Club ? Deux mondes si différents, presque en opposition.

Et pourtant le souvenir du désert rouge est encore bien vivace …

Le vent violent soulève le sable sur le promontoire d’où l’on distingue parfaitement le terrain. Évidemment, pas de rough, de pré-rough, de green ou de fairway !

Coober Pedy Opal Fields Golf Club (Australie)

Là bas, les joueurs placent au sol un carré de fausse herbe pour y déposer le tee qui soutiendra la balle. Sous le promontoire,  il faut attendre que le vent, qui rend fou, montre des signes de faiblesse pour se mettre au practice !

Ce soir là, après avoir contemplé un des plus beaux couchers de soleil de l’hémisphère sud, Ange et Capsicum dormirent sous terre, bercés par les légendes urbaines mais troglodytes des mineurs, entendues dans la journée :

“Manquant de rangements, une jeune veuve cherchait quelques forts gaillards outillés de ses amis, pour creuser un nouveau placard dans sa cuisine. A force de promesses non tenues, elle finit par s’y atteler elle-même. Résultats, sa maison s’agrandit de 3 nouvelles pièces … Elle était tombée sur une veine d’Opal en effectuant ses travaux !”

“On dit aussi, dans la Capital de l’Opal, qu’un viel homme a 3 cours de squash et 1 piscine pour lui tout seul ! Quand un arrêté a interdit l’exploitation des filons de cette pierre fine, sous la ville de Coober Pedy … les permis de construire eux étaient encore délivrés !”

Le golf en Australie est un sport populaire, très abordable et surtout il a l’avantage de tuer le temps quand on vit loin de tout.

Ah … les méandres de la mémoire !

- Oh … Nous avons manqué une partie de golf nocturne en plein désert ! Il va donc falloir y retourner …

;)

Evanouissement salutaire

M’est revenu en mémoire le deuxième hiver de mes 23 ans …
C’est fou comme la mémoire est sélective !

Je venais d’arriver dans l’hémisphère sud avec un accent français aussi charmant que mon anglais était aléatoire.

Émerveillée par les plateformes de train, les senteurs d’Eucalyptus et les fish & chips, il n’y avait que mon optimisme pour trouver que j’avais une chance incroyable de passer 2 mois et demi en Australie. Je ne savais pas alors que je reviendrais …

Cela faisait à peine 3 jours que j’habitais à deux pas de Toorak Road, chez ma chef, en attendant de trouver un hébergement, que ma nature indépendante était déjà mise à rude épreuve.

Cette française qui allait avoir trente ans avait la fibre patriotique depuis que son patron lui avait demandé de superviser une étudiante venue de son pays natal. Je n’ignorais pas ma veine d’avoir un point de chute au sortir de l’avion chez une personne comprenant parfaitement ma langue (et pour cause). Cependant, vivre avec son “supérieur”, quand l’affinité est loin d’être sensuelle, s’avère parfois compliqué …

Southbank, Melbourne par Kim Buckley and Richard Baxter

En plus du boulot, je passais 2h chaque jour à appeler toutes les petites annonces des Share Accommodations, exercice “téléphonique” démoniaque lorsque l’on ne maitrise pas une langue.

Entre quelques visites de chambre de bonne en pays chinois ou de confetti puant partagé avec des étudiants accrochés à leur console, j’essayais de faire mon travail avec conscience pour éviter toute remontrance au diner.

Finalement, une collègue, sur le point de  s’installer avec son mec, m’avait promis de libérer son logement, la semaine suivante. 10 jours plus tard, elle évitait soigneusement le sujet.

Ce jour là, frôlant l’overdose de mon sergent chef,  je décidais d’aller me défouler au club de gym de la fac en m’attaquant à l’everest du Fitness australien de l’époque : le Circuit Training.

Dans cette pièce réunissant une quinzaine d’appareils de torture, le but du jeu était de changer d’atelier toutes les 6 minutes et de réaliser dans ce laps de temps le plus d’exercices possible à chaque poste.

Bien que je ne comprenne aucun mot du coach dans cette atmosphère survoltée, la cloche de changement d’atelier retentit une fois, deux fois. Mais à peine avait-elle tintée une troisième fois que je me sentait tomber dans un gouffre d’où le son extérieur ne me parvenait plus.

Arrivée au fond, dans cette atmosphère cotonneuse, me sentant en suspension, j’étais enfin apaisée : “Ce cauchemar est enfin terminé. Tout ceci n’était donc qu’un mauvais rêve ! Je vais pouvoir me réveiller chez moi !”

Chez moi …
Concomitant avec l’illogisme de ma réflexion, une voix masculine et une musique infernale attiraient mon attention. Les fibres de coton se déchiraient me laissant apercevoir le coach. Je finis par sentir qu’il me tapotait les joues en articulant un borborygme inquiet.

Bien que le gars fut plutôt décoratif, la déception m’envahit. Non, mon tourment était belle et bien une réalité …

Le WE suivant, je m’installais au Friendly Backpacker sur King Street,
où commençait un tout nouveau séjour.

Mot d’Enfant … n°27 – Géographie II

- Oh, Maman, pourquoi tu as une voiture comme collier ?
- Euh … mais ce n’est pas une voiture. Mon pendentif représente l’Australie !
- L’Australie ?
- Viens voir la carte du monde, mon fils … je vais te montrer quelque chose.

Petit Ginkgo, 3 ans et presque 4 mois.

Mon grenier Bordelais

Saxophone et guitare sous les toits du 23 rue Bouffard …

A cailler en hiver, à crever en été caniculaire, ma peau garde le souvenir du vent printanier s’engouffrant par la rue des antiquaires.

La nuit aux heures feutrées égraine le temps plus lentement pour goutter au délice d’une toute fraiche liberté … avoir le temps mais pas d’heure.
De jour, il y a les bus et leurs arrêts choisis aléatoirement, dans le seul but d’explorer les coins et les recoins ; en capturer l’essence, un reflex à la main.
Entre chien et loup, se faufiler à vélo jusque dans les caves, en se jouant des tranchées du tram, pour un concert au Port de la Lune.

Nicolas Messyasz -” les vents girondins ” -
10 Novembre 2004 – Bordeaux (33) Quinconces

Tap Dance sur les marches du Musée d’Aquitaine … il y a des cours sacrés … qu’on ne manquerait pour rien au monde !
Diners aux terrasses populaires, mais privées, à refaire la vie  Down Under, avec les copains de là-bas. Restes de conversations agitées … depuis lors, les sujets politiques sont proscrits et les compères éparpillés.
De toiles resquillées au son rock des verres partagés, l’espoir de rendre le monde meilleur s’est cristallisé … là !

Au fin fond, une certitude … la Vie est à Nous !

Sans le sous mais pleins de ressources, nous creuserons notre propre sillon … Virtuoses de l’improvisation qui transfigureront leurs riens en art !

Et bien, y’a encore du boulot … :)

Morning Tea …

L’odeur de café qui envahit le bureau me transporte bien des années en arrière …

Fermant les yeux, j’ai la délicieuse impression qu’en les rouvrant, je me retrouverai Down Under, au milieu de mes collègues australiens prenant leur pause matinale, si sacrée.


Nicolas Messyasz - ” instants torréfiés ” – 31 Mai 2005 – Paris (Pigalle),

Lundi, 10h, réunion hebdomadaire consacrée à la revue d’avancement des projets, autour d’un café (enfin une lavasse …) agrémenté de quelques “blueberry muffins”. Mais le cadre décontracté, très anglo-saxon, ne porte en rien atteinte au sérieux de la réunion mobilisant les esprits.

Les autres jours de la semaine, Capsicum peste contre cette coutume envahissante ! D’autant que quand ce n’est pas Morning Tea, c’est … Tea Time …

Pourquoi stopper dans son élan, alors que la concentration atteint justement son apogée à 10h … ?
Il parait que c’est bon pour … socialiser !

Comme partout, c’est autour d’un café ou d’une clop
que la vie de l’entreprise se tresse …

Sauf que … Capsicum ne prend ni cigarette, ni café !

Sex, Drugs & Rock ‘n’ Roll

Tu parles d’une mémoire vivace !
Relire ses écrits “10 années plus tôt” et s’étonner du peu d’entrave limitant sa gourmandise de vivre.

Si cette audacieuse Capsicum avait tenu un blog à l’époque,
vous ne vous seriez pas ennuyés !

Port Arthur … Parfum de Tasmanie !

Tasmanie,
Mars-Avril 2001

Alors que la brume n’est pas encore levée, je pars voir les concrétions rocheuses de la côte, puis direction le passage de Eaglehawk Neck pour atteindre la presqu’île de Port Arthur, down under.

Ma bomb, louée sans l’option “freins”, a roulé toute l’après midi. Le jour décline et le YHA ne doit plus être loin. C’est une weather-board house de style victorien comme je les aime. Demain, à moi le Pénitencier de Port Arthur objet de mon détour :

Autour d’un verre, je fais la connaissance d’une institutrice anglaise ayant échangé son poste avec un australien parti en Grande Bretagne. Ce qu’elle retient de Port Arthur … the Island of Dead ! Nous passons la soirée avec les autres voyageurs à échanger quelques bons tuyaux …

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Deux nuits à 15 000 km …

Une nuit, comme on en apprend plus à en vivre …
Une nuit  où le brouillard est tellement envahissant que l’on ne peut y voir à plus de 10 m, une nuit de commando froide et humide.
Nous filons tout en raison gardant, à charge d’âme.

Me vient à l’esprit une autre nuit, beaucoup plus chaude et sèche, une nuit down under sur la si linéaire Stuart Highway.
On nous avait conseillé de ne pas rouler dans le désert de nuit. Les animaux étant littéralement hypnotisés par les phares des voitures, il est dangereux de se déplacer la nuit sous peine de retrouver un kangourou sur le capot.

Après plusieurs dizaines de kilomètres à scruter l’obscurité à deux paires d’yeux attentifs au moindre mouvement, je fanfaronne :

- Je commence à me demander si ce n’est pas une histoire à touriste, pour les garder bien au frais dans les hôtels et les backpacks. Il n’y a pas plus d’animaux sauvages que de péage sur cette route !

Quand soudain un petit kangourou gris, affolé, s’agite sur le bas coté et déboule devant nous, suivi par sa mère. Le pied sur le frein de l’automatique ! Ouf … évités de justesse.
Et dire qu’ici, ils chassent le kangourou en pick-up avec pare-buffle.

Cette nuit là, nous rencontrerons dans l’outback : un aigle, un émeu et son petit,  deux dingos, des dromadaires et plusieurs grands kangourous.

Toujours écouter les autochtones …

Chronique de la Circulation

Les pièces du puzzle se mettent en place.

D’après un vieux mate de passage dans l’hexagone, la crise n’a pas tant sinistré l’Australie et le marché de l’emploi. Les universités chinoises devenant meilleures chaque année, les doctorants ne migrent plus, laissant des places disponibles.

Y’a plus qu’à obtenir une bonne note au IELTS …

;)