Tahar Ben Jelloun #2

Respecter une femme, c’est pouvoir envisager l’amitié avec elle ; ce qui n’exclut pas le jeu de la séduction, et même, dans certains cas, le désir et l’amour

Tahar Ben Jelloun, Eloge de l’amitié.

Stefan Zweig – n°7

Je ne saurais vous décrire mon amertume, mon désespoir. Mais vous pouvez vous imaginer ce que je ressentais ; pour un homme à qui l’on a donné toute sa vie, n’être pas plus qu’une mouche, qu’une main indolente chasse avec lassitude ! De nouveau une vague de fureur enragée passa sur moi.

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, Stefan Zweig

Un neurone sur cet ouvrage et l’autre à réfléchir a posteriori, il m’apparait qu’éprouver, un jour, des émotions d’aussi forte amplitude conforte la pertinence des choix et contribue à la richesse d’une vie, consciente du trésor que sont des sentiments, peut-être moins éblouissants mais substantiels.

L’avocat du Diable dirait qu’on ne leur a
pas laissé le temps de devenir moins chaotiques. :p

Quoiqu’il en soit … “vivre, vraiment vivre, c’est d’abord ressentir !”.

Parenthèse insoupçonnée

Intimité empruntée à une complice ou
réminiscence résistant mal à l’écoulement du temps ?

Comme souvent, ces deux-là sont pratiquement les derniers à monter l’escalier, égayés mais sans mot dire. Tout autour d’eux, l’ambiance est sombre, emplie du sommeil des braves.

Elle revoit le regard à la fois conquis et dubitatif qu’il pose sur elle à cet instant. Peu importe ‘quoi en penser’, il est trop tard pour les histoires compliquées. Malgré l’euphorie de la soirée un brin éthanolée, le programme du lendemain s’annonce intense. Elle grimpe donc vers le sommeil.

A peine allongée là-haut, le corps relâché des tensions de la journée, un murmure se fait entendre. Elle se penche dans l’obscurité pour mieux le comprendre et réalise que ses lèvres rejoignent les siennes, doucement, comme une permission subtile.
Occurrence irréelle, insoupçonnable à la pleine lumière des usages, qui vacille entre inédite sollicitude et tentation désinhibée.

Couché, un étage plus bas et probablement porté par la simplicité de l’instant précédent, il cherche sa main, la trouve, la caresse délicatement.
S’en tenir au fin’amor aurait été plus avisé, seulement elle se glisse près de lui, sans préméditation. Entre ses bras, une bribe d’agréable intemporalité est soustraite à la droiture de ses principes.

Il finit par couper court à la conjoncture, prétextant l’impossibilité de fermer l’œil si elle ne réintègre pas sa couchette. Elle suppose avoir brisé le charme par l’initiative spontanée de son libre esprit. Le Rubicon est franchi.

Au matin, la parenthèse s’est évaporée.
Et plutôt deux fois qu’une.

Toutefois, ce regard si particulier, elle le surprendra quelques mois plus tard, un matin d’hiver, trop survoltée pour y attacher plus d’importance sur le coup.

Soupir effleuré – par David Graux

Sur le point de partir, l’élégant dépose une clef autour du cou de son invitée, assortie d’un compliment. Craignant une nouvelle volte-face qui ferait voler en éclat leur complicité, déjà à rude épreuve depuis un moment, elle garde ses distances, comme une gosse au bord de l’incertitude, échaudée, peu habituée à être ménagée par ses soins.
Peut-être joue-t-il par habitude, peut-être pas.

De retour après une longue journée, son inclination a immanquablement changé. Cause ou conséquence, décidément ils ne partagent pas le même timing. Badinage et humour feront l’affaire, comme toujours de bonne compagnie.

La nuit tombée, il lui offre naturellement une place au creux de son épaule. Attentive aux confidences de la pénombre, sa main parcourt son torse, alors que du pouce, il lui caresse lentement le dos.
Il n’envisage pas de gouter son sein, à l’image de ce jour où in-extremis les impératifs ont repris la main.

Accord tacite, principes ou défaut d’audace, la bulle restera intacte. Peu importe la raison, ils ont trouvé leur distance, même rapprochés.

Au point du jour, le réveil mettra fin à un sommeil agité (qui lui donne raison sur ce point… ). Mais avant de reprendre séparément le cours de leur vie, elle souhaiterait juste qu’ils restent encore un moment comme ça, l’un contre l’autre dans la torpeur matinale. Il consent à ce luxe.

La chronologie se brouille, les détails se décomposent.

Ni leur heure, ni leur histoire, ils oublieront ces digressions.

Tought of you

J’avais pensé en faire un article de la colonne de droite, juste pour souligner une animation poétique Thought of you ‘à l’ancienne bien qu’avec les moyens d’aujourd’hui’ et qui résonnait en moi pour de nombreuses raisons …

… mais en découvrant Ryan Woodward, j’observe un travail d’une richesse époustouflante et une personne en phase avec mes réflexions actuelles.

The making of (12 min) :

“You’ve got to do something with it.”

I have to do something with it …
La phase ‘action’ est bientôt proche.

Lawrence Durrell

The richest love is that which submits to the arbitration of time.

Lawrence Durrell

Câlin de la dernière chance.

Capsicum parie pour un pic de natalité vers le 21 septembre 2013 ! Enfin, si nous survivons à demain …

“Il faut bien en profiter une dernière fois” et “A quoi bon prendre sa pilule”. ;)

Albert Willemetz

N’essayez pas de noyer vos chagrins : ils savent nager.

Albert Willemetz (1887-1964)
Poète et chansonnier français

L’indépendance affective …

- Tu sais, tu vas me manquer ! annonce Capsicum à son fils de 5 ans partant en vacances.
- Mais moi pas. dit le môme très candidement dans les bras de sa mère
- Ah oui. C’est normal. reconnait Capsicum amusée (et un peu égratignée ;) )
- Ben oui, puisque je vais avoir plein de choses à faire. explique le gamin toujours très logique.
- Tu as raison, l’essentiel c’est que tu t’amuses. Quant à moi, je vais penser à toi souvent. assure la maman toujours souriante

Il y a en cet enfant une sorte de maturité affective qui m’étonne et me rend très fière du chemin parcouru jusque là.

Il est bien dans ses bottes (de pluie), ce gamin.

Bref. J’ai tout cassé

BREF, la Série

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Bref. J’ai tout cassé. – Episode du 03/07

BREF – 03/07/2012 – Episode 75

Message Personnel

Une résonance particulière depuis toujours …
notamment sur cette partie parlée.


{parlé:}
Au bout du téléphone, il y a votre voix
Et il y a les mots que je ne dirai pas
Tous ces mots qui font peur quand ils ne font pas rire
Qui sont dans trop de films, de chansons et de livres

Je voudrais vous les dire
Et je voudrais les vivre
Je ne le ferai pas,
Je l’veux, je ne l’peux pas

Je suis seule à crever, et je sais où vous êtes
J’arrive, attendez-moi, nous allons nous connaître
Préparez votre temps, pour vous j’ai tout le mien

Je voudrais arriver, je reste, je me déteste
Je n’arriverai pas,
Je l’veux, je ne l’peux pas

Je devrais vous parler,
Je devrais arriver
Ou je devrais dormir

J’ai peur que tu sois sourd
J’ai peur que tu sois lâche
J’ai peur d’être indiscrète
Je ne peux pas vous dire que je t’aime, peut-être


{chanté:}
Mais si tu crois un jour que tu m’aimes
Ne crois pas que tes souvenirs me gênent
Et cours, cours jusqu’à perdre haleine
Viens me retrouver

Si tu crois un jour que tu m’aimes
Et si ce jour-là tu as de la peine
A trouver où tous ces chemins te mènent
Viens me retrouver

Si le dégoût de la vie vient en toi
Si la paresse de la vie
S’installe en toi
Pense à moi
Pense à moi

Mais si tu crois un jour que tu m’aimes
Ne le considère pas comme un problème
Et cours, cours jusqu’à perdre haleine
Viens me retrouver

Si tu crois un jour que tu m’aimes
N’attends pas un jour, pas une semaine
Car tu ne sais pas où la vie t’emmène
Viens me retrouver

Si le dégoût de la vie vient en toi
Si la paresse de la vie
S’installe en toi
Pense à moi
Pense à moi.

Mais si tu…
{instrumental}

Françoise Hardy & Michel Berger (1973)

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Alexandra David-Néel – n°3

Je ne peux m’empêcher de sourire en songeant que les circonstances me donnent précisément l’idéal d’habitation que j’ai toujours rêvé pour un ménage : un jardin avec deux demeures. Très jeune, je trouvais déjà cette disposition la plus heureuse que l’on puisse imaginer, (…).

Oui, chacun sa case, la liberté ou, en plus subtile analyse, la possibilité de liberté, de la solitude, rendant plus agréables les heures passées ensemble, les faisant désirer et prolonger avec d’autant plus d’insistance qu’on ne les veut pas forcées, pas obligées. La case séparée qu’on range selon sa marotte, où l’on reçoit, à l’aise, qui bon vous semble, sans crainte de gêner ou d’ennuyer son compagnon de vie …

Quelle sage conception pour des tempéraments indépendants et combien elle donne de charme à la vie commune qui devient une source de joie, de plaisir, d’aide mutuelle, un repos et un réconfort de tous les instants en dépouillant ce que la présence continue et forcée l’un près de l’autre emprunte du bagne et de la chaine.

Alexandra David-Néel,
12 Octobre 1904,
Correspondance avec son mari (1904 – 1941)

Rassurez-vous, pas de message personnel ! Même si dans l’idéal …

Mais depuis le temps que Capsicum s’évertue à le dire : Le couple heureux vit, peut-être bien sur le même palier, mais sûrement pas dans le même appartement !

L’aventurière en faisait déjà état, il y a 108 ans.

Miss you

Benoit Courti nous surprend encore avec cette image sensuelle teintée d’absence.

Une mouvance photographique très en vogue ces derniers temps qu’il a su interpréter avec talent.

www.benoitcourti.net

par Benoit Courti
- 15 Mai 2012 -

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Cesare Pavese

Tu seras aimé le jour où tu pourras montrer tes faiblesses sans que l’autre s’en serve pour augmenter sa force.

Cesare Pavese, Journal intime


Bernard Giraudeau – n°20

Restez-là, tout près de moi. J’ai beaucoup écrit le mot amour sans l’avoir jamais prononcé que sur la scène et il me semble que je pourrais vous le dire à l’infini, mais je sais déjà que ce serait une fatale erreur. Vous l’écrire, oui, vous le dire, non. Il est étrange de constater qu’à force de le prononcer, on finisse par lui donner une sonorité glaçante. L’amour ainsi nommé sans fin n’est plus qu’un vide avec seulement une enveloppe autour, le mot lui-même.

Bernard Giraudeau, Cher amour (2009)
Editions Métailé (p.243)

CQFD … ;)

La polémique de Valentin …

… est une foutaise !

Entre les mécontents qui trouvent Vatentine’s Day trop commercial et ceux celles qui en profitent pour rattraper tous les autres jours de l’année, voilà un sujet de saison que les journaux télévisés traitent de manière récurrente et … fatigante.
La Saint Valentin n’est que ce que les gens en font.

Cliquez pour agrandir !

Il suffit de se mettre d’accord.

Par exemple, pourquoi ne pas le fêter le we suivant la Saint Valentin, à raison de 5 euros de cadeau maximum ? Rien de plus qu’une véritable attention, probablement un peu amusante pour une question de prix ! Certes, du coup il faut se creuser un peu la tête.

par Georges Poulet ?? (Merci Sandra !)

Une idée, d’ailleurs ?

Société de Consommation

Un petit goût amer.

C’est affligent de penser à quelqu’un qui a cessé de penser à vous depuis bien longtemps.

Il y a des soirs où les instants reviennent comme des flashs, où les mots insignifiants de l’époque résonnent à l’esprit, faisant persister un doute inutile. Sans la peur de détruire le plus précieux, l’instant aurait été saisi sans tremblement. Pourtant l’essentiel a, de toute façon, été ruiné par la simple ambiguïté.

Mais quelle importance ? Tout cela n’a finalement plus cours aujourd’hui. Son instinct en la matière a toujours été sûr, alors pourquoi se serait-elle dupée elle-même ? Quoiqu’il en soit, le fin mot de l’histoire restera probablement à jamais nébuleux.

La pleine conscience tente de laisser passer les réflexions appartenant au passé qui ne font qu’entretenir un état contemplatif qui lui va mal au teint.

Une grave erreur de jugement qui fait plus ou moins sourire quand, contre toute attente, on a œuvré dans l’ombre pour aplanir leurs relations tumultueuses qui ont fini par se transformer en avenir.

Une simple histoire d’égo, alors ?

A défaut de distance géographique, il est temps de passer son chemin … histoire de préserver ce qui peut encore l’être.

Denis Diderot – n°8

Est-ce qu’on est maître de devenir ou de ne pas devenir amoureux ? Et quand on l’est, est-on maître d’agir comme si on ne l’était pas ?

Denis Diderot, Jacques le Fataliste et son maître (1796)

Nuit d’orage

La violence inonde l’empyrée
Tonnerre
Esprit captif
Réitération du présent
Tes mains caressent la lueur de mes yeux
bleus
Je regarde la colline
La tornade se rapproche
éthérique
La musique de ton souffle tambourine sur ma peau
Un éclair transperce la galaxie lointaine
Etoile invisible, accrochée à mon cœur
Les gouttes innocentes éclaboussent notre paradis
Soupirs figés
Symbiose suprême
Destruction

Sybille Rembard, 2009

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Tarif 1915

Fleurs bleues et féministes, passez votre chemin …

Des trucs à apprendre ?

Nicolas Grimaldi

Imaginer, rêver, espérer, c’est avoir réuni toutes les conditions de la désillusion.

Nicolas Grimaldi, Proust, les horreurs de l’amour (2008)

César & Rosalie – n°2

Ce n’est pas ton indifférence qui me tourmente, c’est le nom que je lui donne: la rancune, l’oubli. David, César sera toujours César et toi, tu seras toujours David qui m’emmène sans m’emporter, qui me tient sans me prendre et qui m’aime sans me vouloir.

César & Rosalie par Claude Sautet

Une belle rencontre !

Les fonds de tiroir regorgent de perles …

L’Amoureux – Lyon (01-04-2011)

Mais l’histoire ne dit pas si le mec a retrouvé sa belle.

Histoire ordinaire … entre Nord et Sud.

Cela commence au printemps par un voyage avec son mari dans de magnifiques îles arides de l’Atlantique. La cinquantaine n’a en rien entamé sa capacité d’émerveillement, d’une intelligence affutée, la belle a mené jusque là sa vie trépidente, avec lucidité et entreprise. Elle danse, elle s’amuse dans cette ambiance rythmées par les percussions.

Le séjour n’aura pas été long dans cette île montagneuse de toute beauté. Tout au plus 3 jours, le temps d’une belle randonnée, d’une danse et d’une innocente discussion avec un gars du coin, autour d’un punch. La belle s’envole vers une autre île, avec son mari.

En dur – L’île (Juillet 2011)

Un soir oppressée par un endroit touristiquement détestable, le téléphone à la main, elle compose le numéro de l’homme sans trop chercher pourquoi. La voix masculine est ensoleillée, voire enjouée. Dès lors ils s’appelleront tous les jours pendant 2 mois 1/2 avides de créer plus qu’un lien.

De l’affection entre elle et son mari, il y en a, mais les épreuves passées ont peut-être réduit leur relation à cela. Son époux n’est-il pas plutôt devenu son meilleur ami ? Les enfants approchant la trentaine, il est temps qu’elle vive pour elle. Revenir sur l’île pour vivre sa nouvelle complicité l’obsède donc. Elle n’aura de cesse que de s’imprégner de cette culture afro-portugaise.

L’été approchant, elle met dans ses valises le nécessaire pour 5 semaines de mer et de montagne ; des affaires qu’elle offrira ensuite en partant, ainsi que quelques cadeaux bien réfléchis.

L’exaltation de l’inconnu l’emporte, avec fébrilité
mais sans trop l’ébruiter, elle part le rejoindre.

Dans ce village de pêcheurs, il lui fait découvrir une vie simple et avenante, entourée d’enfants et d’une famille parfois en demi-teinte. Elle ne s’était pas trompée, l’union est plutôt réussie. Même si l’homme est par moment péremptoire et ténébreux, sa convivialité et sa passion sont sans commune mesure. Elle ne saurait rien lui refuser.

Grâce à lui, l’amoureuse se frotte à la rude vie des … Read more »

Tahar Ben Jelloun

On ne peut aimer que si l’on est ivre de vie.

Tahar Ben JellounL’auberge des pauvres

Le Jour & La Nuit

Ce soir là, au bras du mec le plus sexy du coin, j’ai le sentiment d’être exhibée comme un trophée.

Situation certes discutable pour qui se veut indocile mais qu’importe quand la délectation fait office de psychotrope. La droiture de sa démarche n’est rien en comparaison du sourire triomphant qu’il affiche, me serrant contre lui. Un instant, je goûte la saveur d’une folle hypothèse de vie avec ce généreux et très convoité extraverti, qui enflamme les nuits.

Et puis très vite la réalité reprend le dessus. Ai-je déjà aperçu la couleur de ses yeux à la lumière zénithale, depuis que nous nous voyons ?

Dégrisée par le Jour, la Nuit m’enveloppe toute entière.

Nicolas Messyasz – Esquive - 12 juin 2007

En effet, pour de vagues et respectueuses considérations, j’avais mis sur la touche, à contre cœur, cet autre charmant mais impénétrable ténébreux. Dans le sillage de son regard accrocheur, promettant monts et merveilles, j’avais senti cent fois le vent relatif sur mon visage, le vide sous mes semelles et le sable entre mes orteils.

Un taciturne qui ne connaissait rien à l’indécision, plutôt du genre qui prend, sans demander la permission. Ce qui, en principe, n’est pas pour me déplaire. Sauf qu’un peu tardivement, se dévoila une officielle raison pour laquelle, lui, n’offrait que ses jours.

Voici en substance le décor d’une rivalité tout en ‘ombre et lumière’ qui existait avant moi, qui ne cessa d’enfler sous mes yeux et qui se poursuivit bien après que je me sois évaporée.

Le plus solaire n’était pas celui que l’on croit.