Violente réalité …

A force d’être derrière l’objectif, je ne croule pas sous les photos de ma bouille. Je me contente de mon habituel reflet inversé. Mais voilà, je viens de découvrir qu’il me mentait …

Des images arrivent jusqu’à moi, en ce moment, et je découvre une terrible réalité. L’adage  “Les obèses qui maigrissent se voient toujours gros” est transposable à des gens plus filiformes !

“Les minces qui grossissent se voient toujours à peu près sveltes.”

Voilà déjà de nombreux mois que je tente de remédier à la situation (non ? à ce point là ?!), mais mon corps depuis la grossesse ne réagit plus au doigt et à l’œil. C’est une tragédie personnelle, qui doit sans nul doute refléter un certain malaise actuel.
Je ne vois plus qu’une solution …

… Passer l’hiver en Mongolie !

Une autre aventure …

Petit Ginkgo doit quand même être un enfant plutôt équilibré pour, à cet âge, passer 5 semaines d’absence sans petits cafards, sans angoisse, sans ennui, à transiter d’une maison à une autre sans état d’âme, si ce n’est la joie d’avoir 2 papys et 2 mamies en même temps. Et puis, un retour à la maison, excité, sans bouderie et tout en tendresse.
L’enfant est toujours aussi souriant et confiant. Il me rend très fière de lui.

J’ai hâte que Petit Ginkgo voyage avec nous.
Qu’il ouvre son esprit à d’autres vies sans le confort occidental d’une voiture, du chauffage central, de l’eau courante et des jouets à profusion. Qu’il s’endurcisse au contact des enfants cavaliers, qu’il aborde la géographie concrètement, qu’il découvre les religions dans les lieux de culte ou par les familles, qu’il apprenne les langues sur le terrain, qu’il approche le milieu marin en vivant sur l’eau …
… qu’il appréhende le monde dans sa réalité.

A quand un tour du monde ?

Nicolas Bouvier – n°2

Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait.

Nicolas Bouvier, L’Usage du monde

La chèvre d’Ater

Âmes sensibles passez votre chemin …

17 Août 2009
Sur la route d’Ulaanbataar.
Ater, Mongolie

Bringuebalés sur la piste, les visages sont maussades. Les uns sont fatigués, les autres minés par le proche retour à la capital, annonçant l’avion pour Moscou.

Les pistes sont humides suite aux pluies diluviennes qui nous sont tombées sur le nez la veille et cette nuit sous la tente. Cela rend encore plus délicat le passage des 4X4 russes dans les ornières. La route principale n’est asphaltée que sur certaines portions et les camions citernes, les bus, les voitures et les 4X4 empruntent des pistes parallèles chaotiques.
Enfouie dans la musique pour faire passer la tristesse de cette fin annoncée, je vois notre ami des steppes entrer dans une épicerie au bord de la route. Bataa, notre chauffeur se gare.

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Nous finissons par faire le tour du paté de maisons pour entrer dans une cours, où un veau est attaché. Nous sommes accueillis par une mamie de l’âge de la mienne, mais que la vie a plus burinée (bien que la mienne n’ai déjà pas eu une vie très facile :) ). Un foulard porté en bandeau laisse paraître des cheveux coupés très ras. L’âge lui a volé quelques dents et le temps l’a voutée.
Au milieu de la cours trône une table et des chaises en pin massif, les pieds dans une énorme flaque d’eau. Un jeune garçon fuit l’objectif de mon appareil. Je ne réussirai pas à capter son regard, alors que sa sœur apprend le mongol à notre Palois, en parcourant ses aquarelles.

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Notre guide-interprète s’est invité chez un ami d’enfance. Cette famille a déménagé, enfants sous le bras, pour trouver de l’or à la mine toute proche. Avec le temps, ils n’ont pas fait fortune avec l’or, mais ont monté une épicerie au bord de la route et sont restés là. Les affaires semblent marcher.
Mon objectif vole un instant de complicité, entre le grand et le petit gars de 4-5 ans.

Alors que certains prennent une bière et d’autres grignotent des cacahouètes (contenant un sachet de dessicateur), passe une moto avec deux passagers et une chèvre entre les deux. Un peu ébettés, nous les suivons du regard vers le fond de la cours.
La chèvre ne respire déjà plus quand nous réalisons la situation. Les deux hommes sont déjà en train de la déshabiller. Ce qui écœure certains de mes comparses qui s’éloignent en disant : - J’espère qu’ils ne l’ont pas tuée pour nous.
Les deux gars me toisent froidement, tout en sectionnant la panse de l’animal et en en remplissant une bassine d’alu. Un peu triste pour cette chèvre, je regarde cependant froidement la scène, avec l’arrière-pensée qu’apprendre cela me servira peut-être un jour. Il y a à peine 2 ans, j’en aurais eu des nausées …

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Cela ressemble probablement à la vie des campagnes françaises dans les années 1940, panneaux solaires et satellite en plus.

Mes compères attablés dehors, se délectent du repas de pâtes sauce plus ou moins bolognaise. Sans chèvre ! Elle ne leur a manifestement pas coupé l’appétit !

Le temps de faire la vaisselle, je suis le petit garçon qui passe une butte de terre dans la cours, marche sur une planche pour ne pas mouiller ses chaussures. Nous entrons chez lui. La mamie est assise, la bassine d’abats à ses pieds, dans la réserve de l’épicerie (où se cache un jeune chien peureux et agressif). Elle découpe des morceaux de foie, de viande, qu’elle insère dans les boyaux juste vidés. Nous échangeons quelques incompréhensions, quand notre guide-interprète salue ses amis. C’est l’heure de repartir.

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Je m’installe à l’avant, à coté de Bataa, et nous reprenons la « grande » route conduisant à Ulaanbataar. Démarre alors un jeu entre les deux camions à se doubler mutuellement, pour tromper la morosité de ce ciel gris.
Je les croque en m’extrayant par la fenêtre et ils me font des grimaces.

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Ils vont me manquer …

Théorie du progrès …

La préoccupation des familles et notamment de celles qui vivent pauvrement dans des campagnes mongoles reculées, aux confins de l’Himalaya ou de la Sibérie (Cf. Je pense à eux) est que leurs enfants puissent faire des études, quitte à ne les voir qu’une fois par an.
Ils pensent qu’étudier épargnera, à leur progéniture, une vie pénible et rendra leur vie plus heureuse.

Même si ce désir d’améliorer leurs conditions de vie est compréhensible et naturel, ce postulat ne me parait que partiellement juste et source d’effets secondaires importants :

* Tout d’abord, faire des études éloigne les enfants de leur cercle familiale et tend à limiter la transmission des valeurs, de la culture spécifique des peuples, des savoirs faire en rapport avec leur géographie, des traditions ancestrales, des langues et des croyances.
La diversité culturelle meurt, car une fois les études terminées, les enfants ne reviennent pas vivre dans l’inconfort de leurs parents, ayant découvert un autre mode de vie. C’est l’uniformisation.

* Ensuite vivre à la ville apporte plus de facilités au quotidien, si l’on a suffisamment d’argent pour se les payer …
Or les services de base ne sont pas gratuits (chauffage, nourriture, eau, transport, etc). La qualité de vie s’en trouve modifiée (petits espaces de vie, risque de chômage, perte de solidarité, solitude) avec en exergue un sentiment général de perte de liberté, d’absurdité ou de dérive. La délinquance s’en voit renforcée.

Ainsi, les parents se saignent pour payer des études à leurs enfants, pour leur offrir une chance d’avoir une vie meilleure, plus facile, mais l’existence de ces enfants, ou de ces petits enfants perd du sens, de l’épaisseur …
Être bien habillé et instruit ne rend pas forcément plus heureux.
J’ai rencontré des enfants terriblement souriants, curieux, motivés, dégourdis qui contrastent drôlement avec d’autres que je connais, blasés de toute chose, capricieux, paresseux et dépendants en tout genre.

Voilà exactement le mécanisme qui s’est emballé en Occident depuis 100 ans et qui a atteint les limites du concept, de nombreuses générations plus tard. Résultat au 21ème siècle : Un malaise général d’existences plus ou moins vides de sens, un individualisme à outrance, une jeunesse qui se sent abandonnée, un assistanat forcené et le règne de la société de consommation qui stérilise ou empoisonne la planète.

L’homme rêve toujours de voir plus loin et d’obtenir ce qu’il n’a pas
… mais il risque d’y perdre les générations suivantes.

Devons nous les prévenir, eux qui ont aussi droit à un peu plus de confort ?

Société de Consommation

Considération

Les minutes coulent lentement.

A 15 jours d’intervalle, je découvre que la frontière entre philanthropie et misanthropie est bien mince … surtout face à des enculés faux-culs de concours.
Démotivée par les egos surdimensionnés, je n’ai pas grand goût à continuer à m’activer pour que les autres en récoltent les palmes et me fassent passer pour leur petite main.
Surfer sur internet me fournirait une bonne distraction, mais pourquoi s’attirer des ennuis inutiles …

J’attends l’heure de m’extraire de ce carcan étriqué avec pour seule distraction le va et vient des camions et les hommes qui passent d’un étage à un autre pour veiller sur les marmites.
Il me manque les arbres qui ondulaient au vent, un coin de ciel qui me dépeignant la course des nuages, le chant des oiseaux qui faisaient leur nid à quelques mètres de la fenêtre de mon ancien bureau. Heureusement que les photos du dernier voyage ne défilent pas sur mon poste, je serais tentée de jouer les passagères d’un camion en partance.

Demain est un autre jour et pour des raisons plus louables,
je ferai consciencieusement mon job.

Philosophie industrielle de merde.

Revue de projet où j’aurais mieux fait d’apporter les bazookas, les mitraillettes étant un peu légères.

Bien qu’un allier inespéré se soit révélé.

Je n’imagine même pas si je n’avais pas réussi à respecter les deadlines … C’est quand le prochain avion pour ailleurs ?

Bernard Giraudeau n°8

Attraper le bonheur, c’est vouloir retenir un papillon dans sa main ou le prendre avec un filet, disait la vieille Hélène du marais qui glissait sur les eaux noires avec le temps. Tu précipites ton filet sur lui et il s’abime, c’est un bonheur gâché.
Si c’est un bonheur agile, on ne peut le faire prisonnier et l’on court sans fin, c’est une agitation inutile, le bonheur est parti.
Parfois, il se laisse prendre sans dommage, il ne s’est pas débattu et il reste bien sage, un peu frileux sous le filet. C’est un bonheur fragile, fatigué, malade peut-être.
Si tu attrapes un beau bonheur, un papillon rare, sans l’abimer, si tu le prends dans ta paume et que tu la refermes pour l’emprisonner, il ne reste que de la poussière de bonheur sur tes doigts, si tu le piques sur un bois il meurt.

Il faut être comme l’arbre à papillons, prêt à accueillir le bonheur, et tu verras, il viendra sur ton épaule.

Les Dames de nage.

Je pense à eux …

Larmes en regardant “Rendez-vous en Terre Inconnue” avec Gilbert Montagné au Zanskar, comme beaucoup de spectateurs derrière leur écran.

Sauf que là, je sais quels liens, on peut tisser avec un pays et ses habitants en vraiment peu de temps …
Sauf que là, je comprends à peu près leurs conditions de vie et leurs contraintes.
Sauf que là, je sais combien en étant perméable aux autres, on devient plus riche.
Sauf que là, je sens encore à quel point le départ est déchirant, ne sachant pas si la vie nous laissera revenir, un jour.

Rêver d’ailleurs, c’est bien beau, mais il faut aussi savoir trouver son équilibre dans son propre monde. Parce que les transitions sont longues …

Aller, retour, aller, retour, aller …

Le garage “Sourire & Solution” a manqué deux détails en alu …

… Il faudra encore revenir !

Ne rien avoir limite ce genre de désagrément. Je vais vraiment finir babacool avec 2CV pour monture !

Tövkhön Khiid

13 Août 2009
Monastère de Tövkhön
Frontière entre l’Arkhangai et l’Ovorkhangai
Mongolie.

Impressionnée par le culte bouddhiste tibétain, tel qu’il est  pratiqué en Mongolie (Ecole Gelugpa – Les bonnets jaunes …), je reste dans le temple, à écouter les prières dites, récitées ou lues par les moines … entre 6 et 15 ans, qui se balancent en rythme ! Un bruit phénoménal rempli la pièce colorée. Soudain, l’un d’eux frappe les cymbales qui résonnent encore dans ma tête. Ils sont assis en U devant un pupitre pour bénir les fidèles qui passent un à un, devant les livres sacrés.

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Attirée par un chapelet de fumée, je jette un œil au dessus de l’épaule d’un jeune moine qui tout en lisant les écritures sacrées, allume un bâton d’encens. Les fidèles se pressent pour demander des prières.

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Au fond une pièce, remplie de tentures représentant les divinités. Je ne comprends pas tout, mais sur l’hôtel principal, je reconnais le 14ème Dalaï Lama, l’actuel. Trônent en bonne place des offrandes de biscuit et des petits moulins à prière, que les uns et les autres ne manquent pas de lancer. Les objets précieux sont exposés dans des vitrines qui dégoulinent de lait. Il faut s’incliner, le front contre chaque hôtel. Je pourrais rester des heures ici, tellement il y a de détails à observer, à décrypter.

Dehors, à la gauche du temple, un énorme stupa (“nœud de cheveux” en sanscrit) trône tout de blanc, surplombant les planches à prière. Les stupas restent une énigme pour moi : sanctuaire qui accueillait des reliques, ils sont le symbole de la religion et renferment plutôt maintenant des écrits.

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Nous faisons le tour de ce surplomb rocheux. Au passage, la dite empreinte de botte de Zanabazar, une grotte où Zanabazar méditait, une parois rocheuse où siégeait Zanabazar. Cet ermitage perché dans un écrin boisé, dont le nom signifie “Pays de la solitude heureuse”, était le refuge de Zanabazar, 1er Bogdo Gegeen (chef spirituel et politique) de Mongolie, au XIIe s.

Mais ce qui importe le plus pour les pèlerins (comme notre chauffeur, Bataa) ce sont trois grottes fascinantes. Pour y accéder, il est nécessaire de grimper, puis escalader le vide. Il faut se faufiler dans la première par un boyaux étroit, se retourner au fond (les gars dans sens horaire, les nanas sens anti-horaire), ce qui oblige à passer par la position fœtale et ressortir vers la lumière. C’est la Grotte de la Renaissance qui doit laver des pêchers et rendre le fidèle aussi pur qu’un nouveau né. Debout, le nouveau né doit se tenir les bras le long du corps dans cette grotte représentant le berceau. Il parait qu’il faut pleurer à cette étape. Puis, en passant sous la première grotte et en débouchant sur un Ovoo au dessus du vide, le fidèle se tourne vers la direction où il est né, à travers cette grotte de la méditation.

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Deux d’entre nous ferons le voyage de la renaissance. Bien décidée à surmonter une tendance à la claustrophobie, j’entre dans la première grotte, très concentrée, pour ne pas me figer d’angoisse. Notre guide-interprète ralentit ma progression par la voix. Le berceau reste symbolique, mais arrivée à la grotte de la méditation, voilà les larmes qui coulent sur mes deux joues. Je me liquéfie sans vraiment comprendre ce qui m’arrive, mais me laisse porter par cette vague irrépressible. Au dessous de mes pieds, le vide de la forêt.

Les hommes vont tourner autour de l’Ovoo, qui surplombe le monastère. La présence féminine étant indésirable, j’accepte la coutume en maugréant un peu, tout de même. Je profite donc de la vue, en attendant ces messieurs.

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… Comme une envie d’aller un peu plus loin.

Tout cela m’a donné des ailes. La Miss d’Hendaye et moi redescendons, en courant, ce que nous avons gravi pour atteindre le monastère. Ma cheville gauche lâche !

Notre guide-interprète m’expliquera plus tard, que la grotte de la renaissance retient ceux ayant commis beaucoup de péchés dans leur vie … Pauvres claustrophobes et autres papys fourbus qui, tout bien réfléchi, ne s’y risqueraient pas.

Erreur d’acquisition des données …

… quand vous débarquez, votre rejeton à la main, que la nounou vous ouvre en peignoir et vous dit :
- Ben, non, aujourd’hui, ce sont encore les vacances. C’est demain que je reprends !

Le processeur de Capsicum s’affole … l’air très bête.

Cartes sur herbe.

10 Août 2009
A travers la vallée d’Ult,
Arkhangaï, Mongolie.

La veille nous avons établi le bivouac auprès de la rivière Tamir (Gol), pas trop loin de Tsetserleg. Repos mérité après une marche de 6h alors que la tourista ne m’a pas épargnée … une deuxième fois (C’est ça de gouter local …).
Le plaisir d’un bain improvisé au grand air, dans la rivière fraiche, réjouit tout le monde.

Au matin, les difficultés de la veille n’y paraissent presque plus, la nuit a été réparatrice et les visages sont reposés.
Partis pour une matinée de marche, nous croisons de grands hivernages de bois, inhabituellement dans la plaine, des troupeaux de moutons et de chèvres. Alors que nous allongeons le pas, notre ami des steppes me conte comment les Mongoles ont réussi à se libérer de la tutelle russe, au début des années 1990.

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Nous gravissons un premier mont coiffé d’un Ovoo, cairn rituel auquel les gens d’ici font des offrandes (cailloux, bâtons, foulards de couleurs symboliques, ou objets préférés) en tournant 3 fois autour, dans le sens horaire. Les européens initient un mouvement circulaire …
Nous évitons le col et grimpons une nouvelle fois pour profiter de la vue sur la vallée d’Ult.

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Après 3h à gambader, la forme est bien meilleure que la veille et je redescends presque au pas de course quand j’aperçois les 4X4 russes de l’équipe.
Trois petites filles et un jeune garçon s’approchent timidement par la gauche. Un petit ballon gonflé pour faire s’envoler leurs réticences et nous nous asseyons par terre. La plus jolie d’entre elles, au visage de poupée, porte un jeu de cartes. Notre moustachu de Pau tente un tour de magie, puis les enfants nous proposent de jouer. Ils distribuent, ils posent 3 cartes, en reprennent d’autres.
Un deuxième petit gars arrive des yourtes campées un peu plus loin et se joint au jeu. Nous avons un peu de mal à suivre mais les sourires et les exultations sont nombreux. Je regarde complice la plus grande qui m’échange mes cartes et me fait gagner d’un sourire entendu.

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Mes compagnons de voyage distribuent quelques présents.
Au loin, une femme appelle les enfants. Ils remballent rapidement, nous disent au revoir et accourent jusqu’aux yourtes.

Le repas, à l’ombre d’une bâche tendue entre deux camions est divin pour les moyens du bord. Au menu, salade de carotte-maïs-petits-pois et les délicieux beignets de mouton de la cuisinière, qui aime nous voir finir nos assiettes !

Le déjeuné terminé, les enfants reviennent proposer une bouteille remplie de lait que je goute sans hésitation, malgré la tourista de la veille. C’est la vie …
Du lait fraichement trait et délicieux. Peu de mes compagnons de marche accepterons le présent, mais quelques gars s’y risquerons.

… C’est reparti pour 2 autres heures de marche
à travers cette vallée peu peuplée.

Panique à bord …

Pourquoi faut-il que le lundi matin soit empli de désespoir ?
Comme le sentiment d’être piégée à la manière d’une biche par les phares d’une voiture, sans pouvoir rien faire.
Éveillée avant l’heure, je sais que le réveil va sonner et dérouler une semaine pendant laquelle je ferai courir Petit Ginkgo car l’aiguille des heures continuera sa course folle, inexorablement, avec comme point d’orgue un bon film, un message amical, voire quelques plaisanteries au boulot ou un fou-rire de ma tête blonde.

L’angoisse est présente dès le matin, me demandant si je vais réussir à mener à bien le projet que mon frigorifique chef m’a confié, à réduire cette liste interminable des choses à faire qui fleurte avec la corne d’abondance, à rester moi-même, face aux obligations qui me pèsent.

L’absurdité a repris le dessus, le sens s’envole, ce quotidien là ne me comble pas …

… Je n’ai décidément rien compris !

La Boudeuse 2009 – Cafés de l’Aventure

La Guilde Européenne du Raid et la Société des Explorateurs Français vous convient aux Cafés de l’Aventure, le mardi 1er septembre 2009 à partir de 20 heures au Zango – 15 rue du Cygne 75001 Paris (métro Etienne Marcel).

Deux sujets à dévorer … :
* “Terre-Océan : la nouvelle mission du trois-mâts d’exploration La Boudeuse.” et de son capitaine Patrice Franceschi
* “Le parfum des nuages (Presses de la Renaissance 2009)” voyage de Christophe Gruault, nomade volant.

Pour une fois que je regrette de ne pas être parisienne …
Vous me raconterez ??

Nicolas Bouvier – n°1

La plus grande vertu des longues absences est de pouvoir “rêver” ceux qu’on aime. Au retour, il arrive qu’on en meurt.

Nicolas Bouvier

Mot d’Enfant … n°4

Le père poussant le vélo de son fils avec la canne :

- C’est Papa qui fait le moteur !
- Y’a pas de moteur, c’est un vélo …

Petit Ginkgo, 2 ans et 6 mois

Khongoryn Els

03 Août 2009
Sud de la Mongolie, Province de Ömnögöv,
Parc national de Gurvan Saikhan

Maudit guide qui nous mène à gravir la plus haute dune de Mongolie, maudit soleil de plomb qui rend chaque pas plus difficile, maudit Ange qui grimpe sans  se douter que je ne puisse pas réussir l’opération, maudit sac qui me pèse et qui pourtant ne contient que de l’eau, maudit entêtement à aller jusqu’au bout quoiqu’il en coute …

Le sol se dérobe sous mes pas, le sable glisse par plaque sous ma chaussure, me faisant gravir deux fois le dénivelé de la dune. Mes semelles suivent les traces des précédents, espérant trouver un peu de sable déjà tassé. L’humidité résiduelle est dérisoire (28%), mon nez et ma gorge s’assèchent un peu plus à chaque inspiration.

Quelle méthode adopter ? Monter droit dans la pente, en escalier, zigzaguer pour limiter l’effort mais en faisant plus de chemin. Ne serait-ce pas mieux en retirant mes gros godillots ? Putain de Dune.
Deux braves sont déjà là-haut, au sommet du mur de sable qui suit la cassure. Merde, ils sont drôlement forts.

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Les filles derrière se plaignent et souffrent du soleil qui leur grille la peau. Après un bon tier franchi, elles décident de regarder les autres finir. Après tout, elles ont raison, à quoi cela rime-t-il ? Quel orgueil mal placé peut bien pousser certains à en chier autant. C’est tellement absurde que je vais faire de même … m’arrêter !

NON ! C’est trop facile. Où est passée la théorie : repousser ses limites, savoir si le bois dont je me chauffe aujourd’hui est toujours aussi coriace, emporter de magnifiques images. Après tout cela, le panorama du haut de cette dune doit être si merveilleux … Abandonner comme une fille, sans vraiment avoir atteint la corde sensible, sans avoir fleureté avec le point de non retour, pas question !

La cassure forme une petite plate-forme qui me permet de souffler quelques instants. Il ne faut pas trainer, le toulousain est au sommet et Ange est en passe d’arriver. La dernière nana en course a déjà attaqué le mur de sable et notre moustachu de Pau me dépasse.
Quel putain d’entêtement pour n’y gagner que ma propre reconnaissance, alors que je pourrais sagement attendre qu’ils redescendent !

Finalement bien décidée à franchir le mur de sable à mon tour, je laisse le sac sur le chemin et plus légère, je me délecte du plaisir d’enfoncer mes doigts jusqu’au sable frais. Les pieds se placent comme s’il s’agissait de gravir un glacier. Toujours 3 points d’appui. Je maugrée intérieurement, la chaleur m’assomme et je commence à regretter l’eau laissée 7m plus bas.

J’entends leurs voix. Quelques encouragements de la fine équipe commencent à résonner. Si près du but, j’irai jusqu’au bout … Malgré les “conseils” d’Ange, l’ami des steppes descend à ma hauteur et nous montons de concert jusqu’au sommet, alors que le roannais immortalise l’ascension :
-Et en plus elle a le sourire !

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YES, what a pleasure to have managed to climb this fucking sand dune …
La vue est tellement étourdissante qu’elle m’en fait perdre mon latin. Sous nos pieds, une bande de verdure où paissent les chevaux et les chameaux, la ligne de crête de la dune se prolonge à l’horizon et de l’autre coté, un désert de sable s’étend comme si la mer était au bout.

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Un grand vent de sable complice de ma réussite se lève, mais fait fuir mes compagnons par gigantesques bonds, redescendant en 5min ce qu’ils ont monté en 1h30. Je reste là haut, bien décidée à profiter de mon “exploit” encore quelques minutes. Suffisamment pour que le sable cesse de me fouetter et que je puisse enfin sortir l’appareil photo de sa poche plastique : 360°

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La Mongolie m’a envoutée avec ce désert si riche de paysages différents, aride mais recélant de nombreuses plantes et fleurs, sec mais verdoyant dès que coule la plus fine rivière souterraine, peu peuplée mais chaleureuse de ses nomades.

J’essaie de voir aussi loin que le relief me le permette mais mon regard se perd dans l’azur, attiré par l’envie de m’envoler comme les autres
… Un plaisir entier, n’ayant même pas à récupérer mon sac, laissé en route. Merci, tortionnaire.

Au loin un enfant roule dans le sable à s’en étourdir.
C’est le petit gars qui me présentait son cheval ce matin.
Il est pied nu …

Comme un bug dans le formatage.

Les horaires continus, c’est beaucoup mieux pour moi …

… Ca m’évite d’être en retard, deux fois dans la même journée !

Ils me poursuivent …

Le vent m’accompagne l’esprit léger, mon vélo traverse le parc, les enfants grimpent et jouent. Un petit moine bouddhiste s’approche au loin …
Les mètres se réduisent et façonnent une mamie à l’imperméable rouge !

Ma réalité fleurte avec l’illusion.

Les codes … quels codes ?

Dites moi pourquoi les gens sont si compliqués … ??

Absurdité du monde moderne

Les travaux pullulent sur mon trajet.
Mais ce que je ne comprends pas, c’est le manque d’adaptabilité de l’aménagement urbain face à un problème concret, mis en évidence sur le terrain.

Hier midi, en arrivant au boulot, un camion me précéde pour tourner à droite. Le semi-remorque est obligé de rouler sur des bordures non encore fixées, placées sur la ligne médiane de la route de droite. Deux des bordures cèdent sous le poids du camion.
J’imagine qu’une probable réflexion sera donc tenue sur la conception “très éclairée” de ce carrefour …

Ce matin reprenant le même itinéraire, je constate que les bordures abimées ont été changées, mais l’ilot central en question (non encore finalisé) n’a pas été reculé pour tenir compte du rayon de braquage d’un camion, mis en évidence la veille …

Bonne nouvelle :
Cette rue fait parti d’une zone industrielle qui draine
au moins une bonne dizaine de camions par jour !!

Chronique de la Circulation

Déveine …

Ne plus pouvoir consulter ses emails perso au boulot, cela peut s’entendre (même si ça gonfle grandement !) …
Mais que la ligne maison ne délivre pas les correspondances alors que je rentre exprès à la pause de midi … et à vélo, svp.

… pas green du tout !

Khalil Gibran

We live only to discover beauty. All else is a form of waiting.

Sand and Foam (1926)

Le Raid des Baroudeurs …

15 Août 2009
Mongolie, ville de Kharkhorin

Cette année la Mongolie déplorait le manque de touristes. Effet de crise …
De nombreux camps de yourtes que nous avons croisés étaient déserts. A faire peur pour les crédits … Mais on ne pourra pas dire que c’est la faute des français !! Un groupe de touriste et nous pouvions être surs que 3 fois sur 5, ils parlaient la langue de Molière, le restant étant italien.

L’émission “Rendez-vous en Terre Inconnue” auprès des Cavaliers des Steppes, avec pour invité Bruno Solo, a du faire office de promotion bien sentie pour le pays, vu le nombre de gens qui y font référence dès que nous abordons la destination de notre voyage.

Ce 15 Aout, après la visite du monastère d’Erdene Zuu à l’ancienne capitale Karakorum, notre moustachu de Pau repère des 2CV sur le bas coté de la route. Arrêt pour reluquer cette curiosité en plein milieu du pays Mongole.

Les deudeuchistes traversent la Mongolie selon l’itinéraire du Raid des Baroudeurs, allant de Pékin à Bombay, par le Népal et en passant par ici ! (Ils parlent de nous sur leur carnet de bord du 15/08/09).
Comble du cercle rouge, celui qu’ils appellent P’tit Loup est maire du village de la fille de nos compères roannais … Il s’offre là son voyage de retraite !

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Il y a donc des Bien Inspirés, encore à cet âge …
Ca m’encourage, rien n’est perdu pour moi !!! Preuve que l’on peut imaginer un tour du monde tout au long de la vie et par tous les moyens de locomotion possibles.

Voilà une aventure qui me plait beaucoup …