Ma prof de ‘Photographie’ évaluant …

mes derniers clichés !

Albert Einstein – n°6

Everything that can be counted does not necessarily count; everything that counts cannot necessarily be counted.

Albert Einstein

Winston Churchill

Success is the ability to go from one failure to another with no loss of enthusiasm.

Sir Winston Churchill (1874 – 1965)

Hum, hum, ça peut aussi s’apparenter à de la connerie …

Libre de marcher en Val de Marne !!

Voilà un département bien inspiré où ce type d’engin est proscrit chez les assistantes maternelles, pour le grand bien des petits :

Brochure du Conseil Général du Val de Marne

Emmi Pikler décrit très bien les étapes de développement qui conduisent l’enfant au stade de la marche. Ainsi, le trotteur interfère dans ce développement et induit des positions mal adaptées.

Le pédiatre Pikler encourage même à ne pas placer les bébés dans des positions avant qu’ils ne les maitrisent eux-mêmes, y compris la position assise. Chaque étape donne à l’enfant l’envie de découvrir un peu plus loin, offre le loisir d’exercer une posture, de fortifier un ensemble de muscles et d’encourager une évolution psycho-moteur graduelle.

Cours du développement des grands mouvements moteurs
basé sur l’initiative propre de l’enfant.

Extrait de Se mouvoir en liberté dès le premier âge de Emmi Pikler,
dessins de Klara Pap

Une démarche de motricité libre qui a magnifiquement réussi à Petit Ginkgo et Petit Biloba. Ils ont réalisé leurs premiers pas seuls vers l’âge de 10 mois, avec beaucoup de bonheur de maitriser leur autonomie. (Si autonome que petit Biloba se carapate dehors dès que la porte fenêtre est ouverte …)

Happy babies !

Pourquoi serions-nous moins au fait que les Australiens ou les Canadiens …

 

Ca sent la fin …

… comme chaque année quand Roland Garros pointe son nez.

Dernier cours de natation, réunion de rentrée 2013-2014 à l’école, projets de vacances, etc. Ça file encore plus vite avec deux enfants.

Stop !
Je le regarde faire voler son aigle Légo. Il tourne autour de la table et amorce un atterrissage. Les traits de l’enfant sont fins, ses yeux clairs, comme il grand !

Voilà plus de deux ans que nous avons posé nos cartons au Phare. Petit Ginkgo n’a plus grand chose à voir avec l’enfant de 4 ans qu’il était en arrivant. C’est aussi ce changement d’environnement qui a contribué à le propulser vers une autre étape, au delà de son paradis perdu : le plat pays, sa nounou et sa maitresse adorées, l’appart du 8ème.

Aujourd’hui, voilà un vrai petit mec, un pied hors de l’espace de spontanéité, tantôt pour ne pas faire de peine quand un cadeau ne lui plait guère, tantôt présentant les choses à l’avantage de son interlocuteur pour arriver à ses fins. Je regrette un peu la franchise à tout casser de ses plus jeunes années mais que voulez-vous, maitriser les codes d’une société en donne la clef … Il approche de l’âge de raison.

Il était impatient, impatient d’avoir 6 ans, impatient de perdre sa première dent, impatient d’entrer en CP. Quelle incroyable volonté d’être toujours plus grand quand on sait qu’après le temps passe toujours trop vite !

Bien installé dans cette vie lyonnaise, il ne la troquerait pour rien au monde, pas même pour un voyage en famille vers l’ailleurs …

Cette année fût celle de l’éclosion comme le soulignait sa maitresse qui voit Petit Ginkgo toujours affamé de connaissances et de nouvelles compétences. Il évolue à l’école comme un poisson dans l’eau, s’intéressant à tous les domaines et se fixant lui même ses objectifs personnels. Pas peu fier d’être parmi ceux qui lisent ou abordent la multiplication (oui, moi aussi j’étais étonnée !)

Les copains prennent aussi une grande place dans sa vie, entre jeux de bagarre et conneries complices, il est complètement à l’aise au milieu des siens. Comment vais-je lui annoncer que la plupart de ses copains ne seront pas dans sa classe l’année prochaine ?? Certes, il y aura toujours la cantine et peut-être les récré, mais …

Oh, Petit Ginkgo de mon cœur qui peut tout aussi bien tartiner lui-même ses cracottes de beurre que soudainement m’extorquer un câlin, prendre l’initiative de sortir son frère du lit qu’avoir besoin de ses doudous quand il est fatigué. Il semble bien dans ses baskets. Surtout reste un p’tit gars sympathique.

“J’ai oublié”, “Je n’avais pas entendu” quand il s’agit de hâter le pas pour se mettre en pyjama ou se brosser les dents mais l’histoire du soir ne peut absolument pas en pâtir.

L’enfant qui autrefois éclatait en colères impressionnantes et mémorables exprime petit à petit ses sentiments, les apprivoise, surmonte ses appréhensions. Ses silences m’inquiètent parfois …

Globalement il gère. Il gère son temps d’écrans, les jouets qu’il apporte à l’école (même si c’est interdit), ses apprentissages et les sports qu’il veut faire. Il gère, pose des questions, bavarde, invente, est ingénieux et autonome.
Je suis en admiration.

Quelle année !

Parce que le voyage ne suffit pas …

Chili, Patagonie, ma destination de prédilection …

Rendons à Cesar ce qui est à Jules !

Petite expression honteusement piquée à mon prof de math de 3eme.

Après des semaines de lamentation sur la cause amicale, je me réveille ce matin, riche d’une journée de franche camaraderie.

Certes, le kebab du coin de nos 20 ans s’est transformé en un déjeuner chez Vatel avec les enfants …

Autant dire que les pauvres étudiants ont du
faire face à un cas pratique haut en couleur !

Quoique, l’avantage d’avoir des enfants espacés de 5 ans est de pouvoir manger en toute tranquillité sans avoir à gérer, à tout bout de champ, le niveau sonore et les mouvements désordonnés des électrons libres. Ange et moi avons lâchement laissé l’agitation aux autres parents, présents avec leur progéniture. Yes …

Après le mémorable charriot de desserts aussi colorés et variés que fins et délicieux, nous avons abandonné le standing pour le charme des chaussures de bowling. Chassez le naturel, il revient au galop.

Il m’aura fallu 18 lancés pour trouver mes marques, mais peu importe ! L’ambiance enjouée était délectable et assez libérante pour faire quelques images, au passage.

Merci M. Sollicitude d’avoir sauté dans le TGV pour venir voir les lyonnais.

Le clan des mères de l’école.

Petit Ginkgo a ce talent naturel de faire parti des ‘cools’ de sa classe !

Du coup, il est invité à de nombreux anniversaires, par des mômes que je ne connais même pas. Les gamins savent qu’ils vont bien s’amuser avec lui et les parents sont ravis d’inviter ce charmant petit gars aux yeux bleus.

A l’interphone, j’annonce “Bonjour, c’est Petit Ginkgo”. Mon grand traverse les 6 étages avec la forte impatience de voir son copain découvrir son cadeau.

La sonnette roule comme dans les années 40, la porte s’ouvre, la maman me regarde interloquée : “Ah, c’est vous !?” (Cache ta joie …)
Elle tente de se rattraper, sans succès : “Non, mais, je connais Petit Ginkgo pour l’avoir accompagné en sortie scolaire mais je ne savais pas que vous étiez sa maman.”

Je me demande même si elle va finir par exprimer le fond de sa pensée, du genre : “Ah, si j’avais su ..”

Allez, continuons gaiement dans les relations humaines qui font du bien !

N’empêche que le cadeau favori du petit garçon était le requin baleine apporté par Petit Ginkgo …

Petits Bonheurs – n°57

La douceur inégalée de sa joue sous le revers de mon index.
Dors mon Amour, je serai là à ton réveil.

Petits Bonheurs

Et si l’école développait la personnalité ?

Une nouvelle fois Ken Robinson nous gratifie d’une analyse aboutie sur l’enseignement en occident !

Le lien entre école et révolution industrielle est intéressant. Or en occident, les objectifs de la société du XIX eme siècle n’ont plus grand chose à voir avec ceux d’aujourd’hui …

Quel genre de citoyens (nos arrières petits enfants) souhaitons-nous pour la société de 2063 ?

Le Nouvel Obs en résume le contenu :

“Pourquoi l’école en Occident a tendance à asphyxier toute forme de créativité chez les individus ? (…) Pourquoi cette déperdition ? Selon Ken Robinson, elle est due à des méthodes d’apprentissage qui ont été inventées au XIXe siècle pour donner des bras (et des cerveaux) à la Révolution industrielle, mais qui ont encore cours dans les salles de classe. Cette “école calquée sur l’usine” tue les esprits les plus novateurs et ne peut être qu’obsolète, dans une ère de “matière grise” qui réclame plus que jamais de la créativité et de l’indépendance d’esprit (ce que certains établissements savent) chez les citoyens.”

Et si l’école devenait un lieu de créativité ?,
http://tempsreel.nouvelobs.com, 24-05-2013
Merci Marie-Claude

Au Phare, nous explorons une bonne piste : l’enseignement Montessori.

Graines de folie et billevesée.

Petit Ginkgo (6 ans et 3 mois) ne me croyait pas.

A voir ces poteaux qui ont grandi si vite qu’ils sont encore protégés par un feutre, je lui explique qu’il n’y a qu’une seule méthode : planter des ‘graines de poteaux’.

Au début assez perplexe, il a fini par me dire que mon histoire de graine n’était vraiment pas drôle.

Je ne comprends pas. C’est pourtant tout à fait cohérent !

Preuve en est notre trouvaille de ce jour, à la médiathèque :

Philippe Lechermeier et Eric Puybaret nous offrent un magnifique carnet de voyage d’un genre tout à fait curieux.

” … Des graines de cabanes.
Des graines qu’il suffirait de planter et d’arroser pour voir une cabane pousser.
On en trouve au pied des cabanes, et des cabanes, il en existe dans le monde entier.
Mes bagages sont bouclés depuis longtemps.
Je consulte une dernière fois mes cartes, je vérifie mes billets,
je regarde si je n’ai rien oublié. Je suis prêt.
Prêt à découvrir les cabanes du monde,
à rassembler les graines les plus extraordinaires.
Le voyage peut commencer … Alphonse Cagibi “

La cabane de Carabosse

La cabane du fond du jardin

La cabane du bout du monde

Alphonse Cagibi  nous entraine donc dans un périple merveilleux, riche de ‘bon sens’ déroutant !
Tentant de collectionner ces graines atypiques, l’aventurier a bien du mal à les préserver. D’une fantaisie aérienne, les textes sont drôlement délicats et délicatement drôles. Ce petit bouquin, illustré de rêveries, devrait se faire offrir aux grands sérieux plutôt qu’aux petits rieurs …

En tout cas, même pas besoin d’arroser les poteaux, en ce moment. ;)

Partira … en 2017 – 2018.

Une bouffée d’air emplit mes poumons.

Une simple discussion les yeux enjoués avec accord de principe et propositions concrètes, ouvre littéralement mon horizon. Lestée par un projet enfin exhumé des profondeurs de la normalité, je m’oxygène. J’exulte !

Tout a re-commencé avec une émission à la con proposant d’écrire ce que vous aimeriez entendre à votre propos, lors de la fête anniversaire de vos 80 ans. Exercice de bilan et d’élan assez casse-gueule, en étant honnête avec soi-même.

Le deuxième indice fut de constater que l’habituelle exhalation avait fait place aux larmes de regret devant un témoignage aussi familier que celui de Maud Fontenoy, abordant son enfance en mer.

Prendre conscience que faire vivre à ses enfants une aventure riche d’un mode de vie différent, de cultures variées, d’ailleurs insoupçonnables, de simplicité, de galères, de rencontres et d’étonnements, reste l’un de mes souhaits les plus chers, incompressible. Le but n’est pas de réaliser un ‘tour du monde’ au pas de charge, en collectionnant les pays. L’esprit est de prendre notre temps intensément (slow travel) et nourrir notre ouverture d’esprit.

Autant dire qu’il m’en faut peu : la simple potentialité d’un départ sous 4-5 ans, histoire que Petit Biloba (10 mois) soit assez grand pour en profiter pleinement et Petit Ginkgo (6 ans et 3 mois) pas trop âgé pour préférer la vie avec ses pairs à celle de sa famille, suffit à me réjouir.

4 ans, amplement pour thésauriser, formaliser professionnellement, définir le ou les moyens de transport, préparer nos compétences : mécanique, secourisme, voile, sécurité, langue, enseignement et grain de folie pour les grands, natation, ju-jitsu, rêve,etc pour les enfants.

Toutes les pièces du puzzle peuvent à présent se mettre en place.

Ne dit-on pas que l’espoir fait vivre ?

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Exit ‘Le Tour du Monde en Famille’ n’aura pas lieu !,
un mode de vie fort intéressant mais trop complexe à mettre en œuvre …

10 mois … aujourd’hui !

Mon tout petit est déjà si grand !

Petit Biloba est l’archétype même du petit explorateur.
Rien n’étanche sa soif de découverte. Après tout, il ne fait rien que son boulot de bébé !

Cependant, le petit mec se donne les moyens de son autonomie. S’il a effectué ses premiers pas seul, il y a deux semaines, il continue sur sa lancée, n’hésitant pas une seconde à se lâcher de meuble en meuble à l’estimation, parfois approximative …

Ce qu’il y a dans tous nos placards n’a plus de secret pour lui et il ne consent à se reposer dans son parc, au milieu des jouets, que 2 fois 5 – 10 min par jour. Le monde des grands étant bien plus passionnant que les girafes couinantes, boules chantantes, pyramide colorée et bâton de pluie.

Petit Biloba est un petit mangeur qui se fait un point d’honneur à partager nos repas (même lorsqu’on voudrait en profiter en paix). Si nous souhaitons qu’il teste les purées maison et petits pots Babybio, lui ne comprend pas pourquoi il ne mangerait pas du steak, de la mayo, des cordons bleus et des crèmes dessert. Devant notre refus de remplir son petit estomac de junk food, dès aujourd’hui, il se rabat sur le pain qui pourrait constituer le mono-aliment de tous ses repas. Le parfait candidat à la Diversification Menée par l’Enfant (DME), aime gouter tout ce que nous mangeons tant que mon sein n’est pas loin.

Il fait bon de sentir sa joue si douce contre la mienne ou sa petite tête posée sur mon épaule. Voilà qu’il nous gratifie d’un peu d’affection, sans nous repousser ou exulter parce que nous ne l’aidons pas à marcher. Petit Biloba est irrésistible avec sa petite langue sortie, qu’il ne cache que pour nous faire des baisers la bouche grande ouverte (bah, c’est mouillé !). Il commence à être plus familier avec ses émotions et exprime de moins en moins ses désaccords par le cri qui tue ! Le chat-vache adore …

Nous profitons de magnifiques sourires, tête penchée, très charmeur. Autant dire qu’il ne fait pas dans la demi-mesure. Ça promet ! Une façon irrésistible de nous enjoindre à partager ses jeux et ses déplacements. Depuis quelques jours, il explore toute la maison, peu importe que nous soyons dans la pièce ou non. Il a évidemment un très fort attrait pour son grand frère qui tente de le faire rire par toutes les folies imaginables.

Si Petit Biloba s’affirme déjà beaucoup, il est un ange dès que nous sortons du Phare. Fasciné par toute l’effervescence si instructive du ‘dehors’, il passe son temps à observer avec intérêt ce qu’il se passe autour de lui, oubliant tous les petits désagréments qui le ferait râler en temps normal.

Le bain n’est pas une passion, mais un milieu exceptionnel pour les expériences. Comment attraper cette substance impalpable ? Autant boucher la source du doigt pour la maitriser. Les connexions se font de jour en jour !

La résolution du sommeil de Petit Biloba, depuis presque 2 mois (chut … ne le crions pas trop fort), semble avoir soufflé une nouvelle aire d’allégresse au Phare. Le voir danser dès que la musique est rythmée est un vrai délice pour les yeux. Les éclats de rire se font plus nombreux, la confiance devient plus palpable. J’ai l’impression que nous lui avons enfin fait une vraie place parmi nous.
Pas facile de passer de 3 à 4 !

J’aime, j’aime, j’aime.

Et puis, il sait carrément mieux roucouler que moi.

Tought of you

J’avais pensé en faire un article de la colonne de droite, juste pour souligner une animation poétique Thought of you ‘à l’ancienne bien qu’avec les moyens d’aujourd’hui’ et qui résonnait en moi pour de nombreuses raisons …

… mais en découvrant Ryan Woodward, j’observe un travail d’une richesse époustouflante et une personne en phase avec mes réflexions actuelles.

The making of (12 min) :

“You’ve got to do something with it.”

I have to do something with it …
La phase ‘action’ est bientôt proche.

Engagement …

J’aime fouiller dans les brouillons jamais publiés et découvrir ce genre de texte sans fard, surement abandonné à l’oubli pour son caractère un peu trop personnel … sauf que 9 mois plus tard, le même questionnement s’impose toujours à moi.

Ryan Woodward – Tought of you

Lyon, 1er septembre 2012

Une révolution.

Toujours un projet dans les valises, j’ai longtemps croqué la vie pour mettre à profit cette course contre la montre. Plus les années passent, plus l’instant devient court, plus il est urgent de vivre. Il m’a été facile de surmonter quelques faiblesses et démons, en multipliant les casquettes. Rien de plus stimulant et satisfaisant que de se frotter à ses peurs pour les surmonter. Des expériences qui ont densifié ma vie et ont laissé de magnifiques empreintes dans ma mémoire.
Un accomplissement en encourageant un autre.

Ma peur à moi (je l’ai découverte en nourrissant ce blog), enfin l’une de mes peurs est celle de l’engagement. L’engagement de toute sorte, de toute intensité, qui pourrait irréversiblement me priver d’une si chère liberté. Une illusion peut-être … enfin sans aucun doute, qui ne m’a jamais fait rêver au mariage ou à la maison idéal, de peur de m’aliéner à un homme ou un prêt sur 30 ans.

Les plus beaux instants de ma vie ont la rudesse d’un bivouac, les couleurs d’un paysage attendu depuis des années, le merveilleux son des rires autour d’un T’punch, l’effluve enivrant d’un parfum, les larmes de la douleur surmontée, la froideur des embruns, l’improvisation d’un raid vélo/skate en pleine nuit, l’extase d’une soirée down under avec Ange ou la douceur de l’aube se levant au milieu de la Méditerranée. Rien de bien luxueux, rien qu’ intensité non monnayable.

Cet intéressant mélange de bon petit soldat et de chieuse qui évite l’ennui donne une gamine capable de courir jusqu’à l’épuisement, une ado déterminée à obtenir un monitorat malgré une météo qui brise les mâts, une femme toujours proche du dépassement de soi. L’exigence pointue qu’elle s’inflige ne la rend pas toujours facile à vivre. Mais pugnace, elle s’accroche pour atteindre ses objectifs. Au point de s’envoyer 4 années de prépa dans le seul but d’obtenir les moyens de ses ambitions : faire ce qu’elle veut dans la vie, une utopie … ou pas.

Longtemps, je me suis battue pour atténuer une nature un peu trop indépendante, fantaisiste, écorchée, instable mais intense, jusqu’à ce que je comprenne qu’elle était ma force. C’est donc une fois acceptée qu’elle s’est enfin laissée apprivoiser.

Alors est né Petit Ginkgo, le plus fort engagement de toute mon existence, pris comme un vrai risque. Devenir responsable d’une autre âme, à vie, est la plus grande incertitude qu’il m’ait été donné de choisir. Il ne s’agissait pas simplement de donner la vie mais surtout de faire en sorte que ce petit être tout neuf jouisse des meilleures conditions (pas forcement matérielles) pour débuter dans l’existence. Ce fût aussi le plus fort lien consenti à un homme, à vie.

Faire table rase d’une nostalgie lycéenne, étudiante pour se tourner vers l’avenir, est l’exploit d’un sourire d’enfant. Ainsi tout un champ de réflexion qui m’avait à peine effleuré jusque là s’ouvrit devant moi :

Découvrir ce que signifie ‘prendre son temps’, ‘profiter de l’instant’, fut une vraie gageure que seul le rythme d’un jeune enfant peut vous enjoindre à vivre. Et puis, l’enfant grandit si vite, rien ne se répète indéfiniment, impermanent. Tout ce qui est pris est précieux. Plongée dans la pédagogie Montessori, le respect de l’enfant, la Communication Non Violente, la pleine conscience ne tarda pas à faire aussi son apparition. De quoi inhiber ma frénésie pour me tourner vers la qualité en toute chose.

Une fois l’autonomie de l’enfant acquise et son équilibre stable, la maternité ne me comblait plus tout à fait. Le goût pour l’ailleurs et les chemins de traverse se rappela à moi. Même si le travail avait repris une grande place, la course contre la montre se poursuivit, certes moins frénétiquement. Mais une envie d’évolution se réveilla dans tous les domaines, à deux doigts de tout perdre.

Serais-je une héritière du fardeau de l’inaptitude au bonheur ?
Certes, la quête de l’impossible permet parfois de réaliser de grandes choses mais elle rend la béatitude inatteignable. Investies à 100% dans ce qu’elles entreprennent, prévoyant la minute, la semaine, le projet suivant, ces personnes ont une incroyable volonté de tout expérimenter, de vivre mille vies en une, de ne surtout pas gâcher une minute. Mais la course pour le futur tue le présent.

La vie changea donc, sans vraiment trouver un équilibre satisfaisant, toujours guettée par la facilité du conformisme, jusqu’à ce que je me pose l’effrayante question : que ferais-tu si tu savais n’avoir plus que quelques mois à vivre ?

La réponse s’imposa à moi : faire en sorte que Petit Ginkgo (5 ans et 7 mois) soit bien entouré pour devenir un homme équilibré, débrouillard, critique et libre. Créer une fratrie pour lui, son père et l’enfant à venir.

Voir la vie sous un angle si dramatique m’encouragea à sauter ce grand pas … pas si simple. Ce fut l’acte le plus altruiste qu’il m’ait été donné d’accomplir, complètement impliquée et pour la vie. L’arrivée de Petit Biloba (1 mois et 1 semaine) marque le début d’une merveilleuse aventure. De quelle façon me changera-t-il, à son tour ?

Outre un boulot à plein temps, empli de joie mais dénué de sommeil, j’ai à nouveau besoin d’un défi pour me projeter dans l’avenir et épuiser mon champ des possibles. Pour la première fois de ma vie, je manque d’anticipation.

Dans quelle voie, suis-je prête à m’engouffrer ?
Pour quelle cause canaliser toute mon énergie ?

Maria Montessori – n°4

The essence of independence is to be able to do something for one’s self.

Dr. Maria Montessori

Gommée du tableau …

Rien qu’une déception de plus.

Il y a un an, Elle était en proie à d’inexplicables et inquiétantes contractions, sans doute contrariée de ne pas participer à l’épopée et nourrie par l’intuition de bientôt disparaitre du carnet d’adresse.

C’est incontestablement chose faite.

Hugo Pratt

- Nous avons voulu le voir même s’il n’y était pas… mais… le trésor existe sûrement, caché par des démons taquins et il reste introuvable parmi les labyrinthes de nos questions et de nos réponses…

Corto Maltese “La Maison Dorée de Samarkand”, Hugo Pratt

Merci Bernard.

Happiness

Pour le plaisir de voir skieurs, parapentistes, speed riders et sky divers s’en donner à cœur joie !
Le tout réalisé par Jean-Baptiste Chandelier.

Hum …

Quand je pense à la vie …

… d’avant “les enfants” !

Les sorties en Laser par force 6 à 7, le ski alpin sans enseignement, le slalom entre les pierres trainée par ma voile de parapente, les soirées téquila à volonté, la plongée sur épave en Atlantique, les nuits du téléthon à descendre d’un donjon en rappel, la traversée du désert en Toyota Starlet, les raids nocturnes vélo-skate, les expériences culinaires au fin fond d’une yourte … à ben non, ça c’était après !

Y’a donc encore de l’espoir.

Le Papa 2.0 …

… va coucher son fils une tablette à la main !

D’un coté Caps admire la dextérité de l’autre elle se dit que ça manque de pleine conscience du moment. Chut, il parait qu’il faut que la mère se taise pour que le père investisse sa place.

Blanche de Richemont – n°14

Pour se jeter de plain-pied dans la vie, nous la mettons parfois à distance. Comme le recul que l’on prend pour mieux admirer une oeuvre d’art. C’est pour cette raison que “se mettre en état de réceptivité, cela implique une certaine maîtrise, une discipline, je dirais même une chasteté”, pour reprendre les mots de Miller.

S’extraire de la vie pour mieux la savourer, c’est apprendre à s’abstenir, à ne pas être la proie du grand mouvement du monde, mais l’arrêter un instant. Oser le silence pour entendre, la réclusion pour redécouvrir, l’abstinence pour que l’acte d’amour ne soit pas mécanique. Il s’agit surtout de s’apaiser pour mieux sentir, pour se renouveler, s’approfondir et ainsi se créer.

Toutes les œuvres d’art naissent dans la solitude et le silence. Les créateurs ont besoin de distance pour se tourner vers le monde. La beauté, l’art, la spiritualité exigent toujours une forme d’ascétisme, de concentration. Pour se centrer, il faut se décentrer, sortir de la ronde. Il s’agit donc d’une forme de chasteté, de mise en suspens des sens pour faire surgir l’être.

Parfois, les sens explosent, jaillissent sans entrave dans cette grande paix qui rend possibles toutes les vies enfouies. C’est l’extase mystique, l’ivresse artistique, l’inspiration soudaine. Il fallait l’expérience de la chasteté, de la distance, pour connaître cette vibration des sens et de l’âme portés par une force centrifuge qui ne peut voir le jour que par cette esthétique d’être particulière, intime.

Pour que l’âme prenne corps, il faut tout d’abord unifier ses désirs, les mener vers cette autre dimension de soi, pure, qui perçoit le monde sans le voile de notre ego. Désencombré de tout ce qui n’est pas l’être, notre corps devient une plaque de sensibilité, une table rase réceptive à l’air, aux effluves, aux odeurs.

Blanche de Richemont
Éloge du désir, Presses de la Renaissance, p 135

La petite souris, les mains dans la merde.

Au sens propre, enfin propre, c’est beaucoup dire !

Depuis des mois, Petit Ginkgo (6 ans et 3 mois) pestait de ne pas avoir perdu sa première dent de lait, comme ses copains. Son vœu est exaucé le week-end dernier. Il n’est plus si petit, ce petit … Ginkgo.

Tombée, certes, mais la dent n’a pas été retrouvée !
Il va sans dire que l’absence de trophée contrarie le gamin. Et puis comment la petite souris peut-elle passer si elle n’a pas la promesse de sa contre-partie ?

Devant l’éventualité la plus plausible, Capsicum fouille … tous les matins !
Si, si, je vous assure.

La vérité, toute la vérité, rien que la vérité …

Votre Capsicum s’est beaucoup aigrie depuis 2 ans à Lyon.

La faute n’est imputable à personne, juste à mes propres illusions …
Je me développe à l’inverse de mes congénères. Élevée pour faire face à la violente réalité du monde, j’étais prête à bouffer tout ce qui me résisterait, quand j’ai quitté ma steppe natale. Or plus je vieillis et plus mon cuir s’affine et s’assouplit, laissant mes flancs sans armure aux coups de la vie.

L’arrivée au Phare s’est teintée d’une évidence amicale très vexante : personne ne s’est proposé pour nous aider au déménagement. Certes, Ange vous dira qu’on n’obtient rien en ne demandant rien, mais ma naïveté était telle que je pensais mes amis suffisamment attachés à moi pour ne pas avoir à leur demander. Autant dire que porter tout notre bordel à 6 bras m’encouragea vers la simplicité volontaire … :)

Ensuite, j’aurais bien voulu pendre la crémaillère.
D’ailleurs j’ai commencé sur la lancée à inviter quelques amis et/ou connaissances. Certains ont trouvé des excuses bidon pour ne pas venir, d’autres n’ont jamais rappelé après. Effaçant d’un revers de main toute velléité festive au Phare, je n’ai pas insisté dans l’humiliation. (Les mêmes qui ne répondaient pas à mes messages me reprocheront par la suite de ne pas les avoir invités.)

Une période très complexe où Petit Ginkgo et moi vivions en autarcie à installer notre intérieur et à faire l’école à la maison. Un hiver aussi froid que mon cœur. Seuls les cours de gym et de judo de Petit Ginkgo ainsi que la recherche de verdure occupaient nos sorties. Le soir, nous attendions le retour d’Ange avec impatience. Lui, avait une vraie vie sociale mais ne nous voyait pas dépérir.

D’ailleurs, il a fallu ré-apprendre à vivre tous ensemble.
“Papa week-end” a du se transformer en “Papa tous les soirs”. Et malgré une réelle volonté d’être deux, je continue de penser que le couple heureux habite peut-être sur le même palier mais probablement pas dans le même appartement. Nous n’avons cependant pas les moyens de mes ambitions ! ;)

Minimisant la taille de la ville, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, je m’efforçais de me déplacer à vélo avec 23 kg supplémentaires dans le siège enfant. De quoi dégoutter de parcourir Lyon et préférer s’enfermer dans son Phare.

Msn, Skype et le téléphone ne sonnaient plus.
Les anciens collègues ne trouvaient pas utile de m’appeler, les anciens potes n’avaient rien à foutre de notre changement de vie, les autochtones n’avaient semble-t-il aucun intérêt à nous intégrer dans leur vie. Oui, je sais, si au moins j’avais demandé … Fallait-il vraiment demander ?

Ma plus grosse préoccupation était de constituer un carnet d’adresse tenant la route.
Mais comment trouver un pédiatre efficace et ouvert, un acuponcteur éclairé, un garagiste et un dentiste non fourbe, un gynéco sans dépassement d’honoraire, un ostéo soulageant, un dépanneur informatique quand on ne côtoie pas les lyonnais ??

Mon fils sous le bras, je suis donc partie pour un road trip à travers le Portugal, histoire de ré-étalonner mon émerveillement. Puis Petit Ginkgo entra dans une nouvelle école. Il retrouva alors l’essentiel : son sourire.
Je me lançais donc dans la préparation d’un nouveau voyage, comme j’en avais rêvé en quittant mon boulot.

L’expérience capverdienne me renvoya notamment à l’essence de la vie : les enfants.
Une nouvelle aventure fut décidée. Mon ventre s’arrondit comme le souhaitait Ange. Les nausées ne me quittèrent pas pendant 5 mois, un mal-être physique si peu considéré s’installa. Mon nouvel acuponcteur m’abandonna avec tous les petits maux de la grossesse. Je n’avais aucune confiance en ma sage-femme et mon choix de maternité, sans conseil et sans éclairage, fut si difficile dans cette nouvelle ville. Le voyage n’était évidemment pas envisageable, mais un éclair de lucidité m’atteint : trop frileuse pour entreprendre dans la photographie.

L’apothéose de la solitude, je la vécus à la maternité, en tête à tête avec ce merveilleux petit enfant à découvrir.
A part, Ange pressé de rentrer au Phare après sa journée de travail, aucune visite, pas de champagne, pas de présent, aucun doudou dans le berceau, seulement 3 ou 4 sms de félicitations. Le sol se dérobait sous mes pieds, les bras emplis de nouvelles responsabilités.

Il fallut des mois pour apprivoiser l’enfant, pour enfin faire naître un sourire, lui créer une vraie place au sein de la famille. Une période emplie de doutes et de peurs dont tout le monde se foutait, autant les amis copains que les parents. Qu’imaginais-je ? L’état de grâce ?
D’autant que même affectueux et présent, Ange mit des mois à s’investir auprès du nouveau né, le plus beau présent que j’ai pu lui offrir.

Une estime de soi qui se délite jour après jour. Un reflet qui ne me ressemble pas.
Présente pour les miens au point de me nier, qui est là pour m’apaiser, m’encourager, me recueillir, croire en moi ? La frustration se diffuse en constatant chaque jour que mes mots ne valent rien. Il arrive qu’on ne réponde même pas à mes questions. Un mépris par habitude. Devant ce défaut de considération, je m’endurcis chaque jour un peu plus. De désillusions sociales en désillusions personnelles, je flétrie et abandonne petit à petit ce qui génère ma peine. Qui suis-je devenue ? La guerrière à l’instinct affuté a-t-elle fait place à une pleutre utopiste et cul de plomb ? Ai-je encore tenté de rentrer dans ce fameux moule qui ne me réussit décidément pas ?

A l’heure où Petit Biloba commence à marcher et Petit Ginkgo perd sa première dent de lait, les pages se tournent … Pour leur santé et la mienne, les enfants ne peuvent être ma seule source d’accomplissement. Or j’ai perdu en imagination et en fantaisie.
Pour moi, l’avenir s’apparente à un vide intersidéral. Pour la deuxième fois en quelques années, mon avenir est nébuleux, aucun projet sous le coude, pas d’envie passionnelle, aucun chemin évident ne s’offre à moi.
Tout me semble si compliqué. Où vais-je ?

Mon quotidien fait le grand écart entre petits bonheurs et solitude.

L’illusion d’être protégés par leur langue …

Il a une cinquantaine d’années sur ce quai de métro, ligne A. 17h57, il assène de façon répétitive à sa partenaire “You have no idea. You have no idea ! You have no idea !” Comme si personne ne pouvait les entendre, la jolie brune tente une explication. Devant la colère contenue de l’homme, elle finit par se ranger derrière un mutisme contrarié.

Capsicum, a qui aucun détail n’échappe,
se sent victime d’une indiscrétion.