Bis repetita placent

Comme Petit Ginkgo à son heure, Petit Biloba fait sensation
quand je me promène dans la rue.

Comme l’impression de me balader avec un petit chiot.

Si le regard des mecs est plutôt fuyant, les femmes se retournent sur notre passage, louant son visage poupon et ses beaux yeux bleus.
Pourquoi s’émerveille-t-on devant un nourrisson et puis plus du tout, lorsqu’il grandit ? Est-ce l’innocence qui touche les gens ? Est-ce la personnification du renouveau ? Un espoir renouvelé qui écrira une nouvelle histoire ?

Un goût de petit Jésus ?
Non, non, je n’ai rien de la sainte vierge …

Ou bien, est-ce le reflet de leur propre existence qui passe devant les yeux de ces inconnus ?
Dans le métro, cette femme souriant à l’enfant que j’avais dans les bras, me confia rêveuse que son bébé avait maintenant 25 ans …

“Profitez”, disent-elles “Profitez de ces moments courts.
Profitez, ce sont les meilleurs.”

Ont-elles oublié les nuits sans sommeil, les doutes, l’asservissement volontaire ? Je ne crois pas. Elles m’attendrissent.
Mais l’adage si souvent entendu dans la bouche de ma mère me semble toujours si juste : “Petits enfants, petits soucis, grands enfants, grands soucis.”


Je regarde le sommeil paisible de Petit Biloba.
Serais-je là suffisamment longtemps pour lui permettre un beau départ dans la vie ? Quel caractère se dégage déjà de sa personnalité de nourrisson ? Qui deviendra-t-il ? J’ai hâte que les connexions se fassent vite dans sa petite tête pour mieux le découvrir. (Ou comment vivre dans le futur sans laisser sa chance au présent !) Serons-nous les parents avisés, dont je rêve, capables de créer un lien fort entre les deux frères et de ne pas perdre la connivence avec eux, à l’adolescence au fil des années ?
Et si je n’étais plus là ? Malgré son intelligence, leur père serait-il suffisamment à l’écoute des détails dont on ne parle pas facilement mais qui peuvent créer des failures si elles ne sont pas évacuées rapidement ?

Ces questionnements existaient déjà en moi pour Petit Ginkgo.
En 5 ans et demi, l’enfant a soufflé sur ces inquiétudes en devenant un gamin vif, débrouillard, charmeur, curieux de tout ce qu’il ne connait pas, adaptable et observateur, tout simplement intelligent, sachant apaiser sa colère sous-jacente et à l’aise dans son corps. Il a des bases émotionnelles suffisamment solides pour s’en sortir dans la vie, si elle se révélait cruelle.
Que du bonus, maintenant. A nous de ne pas merder et de continuer à le guider sur son chemin d’homme équilibré, accompli, juste et engagé.

Pour Petit Biloba, il faut tout recommencer de zéro.
Et cela débute par un patient décryptage, des gestes attentionnés, des mots pour éviter les maladresses qui abimeraient ce petit être. Faire chaque jour de son mieux pour nourrir son développement, sa flamme intérieure. Une nouvelle aventure de la vie est en marche.

Du coup, si je n’avais que 4 conseils pour mes petits Ginkgo Biloba …

- Développez votre esprit critique.
-Si vous voulez faire quelque chose, trouvez des moyens plutôt que des excuses.

- De deux chemins, choisissez le plus dur. Parce que c’est là qu’il y a le moins de monde et sa liberté on la trouve là.

Et surtout, n’oubliez pas de vivre, mes enfants !”

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3 Comments so far

  1. sitelle on September 23rd, 2012

    l’extase devant un nourrisson, est presque un réflexe pavlovien chez les femmes, et vient sans doute du désir d’enfant inné chez elles. Sauf exception, bien sûr. Et puis il y a tant de paramètres, l’admiration, l’envie, la jalousie sublimée…Il faut reconnaître que tous les petits d’animaux – à plus forte raison les petits humains – sont beaucoup plus beaux que ce qu’ils deviendront, et leur fragilité émeut toujours.

  2. sitelle on September 23rd, 2012

    J’ajouterais sans flagornerie, que de ce que j’ai pu voir, tu les as pas mal réussis, tes petits; alors ne viens pas t’étonner que les gens les admirent…

  3. Capsicum on September 27th, 2012

    Merci pour ces petits gars …

    Je ne me défends pas de la fierté que cela occasionne. Mais cette constante effraie quand on n’a jamais été soi-même gaga devant un bébé.