La Pietà … de Michel-Ange

Saint Pierre de Rome
Avril 2006

Le plissé du voile retenu par une épingle au midi de son front, ajoute à l’angélisme de ce jeune minois emprunt d’une peine résignée, étrangement sereine. Émue par la douceur des traits recueillis, je reste à contempler la ligne délicate de l’ovale du visage, alors que monte une envie irraisonnée de laisser peser sa joue au creux de ma paume, pour subtiliser un peu de son tourment.

Elle est pourtant de marbre …

 

Pietà de Michael Angelo (1498-1500)
Saint Pierre de Rome, Vatican

L’image n’apporte rien de semblable à la réalité de cette œuvre !

La perfection de ses traits promet une grace ravissante et intégrale, mais complètement dissimulée sous le drapé, comme un gage de sa vertu.

Sur ses genoux pèse un corps sans vie dont elle soutient fermement le buste du bras droit. A travers le tissu, ses doigts se dessinent sur la chair de l’homme dépourvu de tout. Contraste frappant entre la nudité lisse, dénuée de vitalité, et l’excès d’étoffe s’abandonnant jusqu’au sol en une multitude de plis, derrière lesquels la force se devine par la position des genoux, soutenant l’être comme un enfant.

Sa main gauche en témoigne, elle prie …

La fluidité du corps abandonné du Christ reposant sur le drapé n’éclipse en rien la beauté “sibling” de Marie mais perturbe l’œil par cette paradoxale mais admirable représentation, de laquelle émane un attachement proche du sensuel.

Mes professeurs affirmant le génie du Peintre de la chapelle Sixtine plongeaient dans l’oubli alors qu’une vive émotion me submergeait en découvrant la sensibilité de l’artiste.

En vérité, Michelangelo est un Sculpteur !

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4 Comments so far

  1. Marie-Claude on September 1st, 2010

    Tu peux trouver assez loin dans la page:
    http://www.cairn.info/revue-figures-de-la-psy-2002-2-page-29.htm

    le commentaire de Lacan sur cette pietà qui l’a beaucoup interpelé lui aussi. En rapport à la jouissance.

  2. Capsicum on September 1st, 2010

    Très intéressante perception. Merci

  3. bulle on September 1st, 2010

    sa formation d’architecte et son âme de poête
    l’aidaient certainement à faire “passer” dans
    ses sculptures toute cette sensibilité à la limite de la sensualité comme ici dans cette vénération . La perfection dans la sculpture.

  4. Chantal Schmidt on October 6th, 2011

    Une des multiples chefs d’oeuvres de Michelangelo mais qui contraste très fortement avec “les quatres prisonniers” où toute cette sensibilité s’exprime à travers des traits bruts. Cette technique de l’inachevé rend ces quatres sculptures vivantes et laisse tout à l’imagination.