La Boudeuse 1999 – A bord de la Jonque – Les 33 Sakuddeï

De 1999 à 2001, à la tête d’une campagne mêlant missions scientifiques et aventures, Patrice Franceschi, capitaine de la jonque, La Boudeuse, explore avec un équipage permanent de dix-sept personnes ces côtes méconnues de l’Asie du Sud-Est, du Golfe du Bengale au Pacifique Sud, avant que la jonque ne disparesse au large de Malte.

En 1999, Franceschi, Hodalic, Martial et de Gmeline s’intéressent notamment à une micro-société qui se sait menacée de disparition et qui croit encore en son destin. Un peuple déroutant qui défend son mode de vie unique face à l’invasion du monde moderne : Les Sakuddeï.

sakuddei 1

“Nous avons trouvé notre voie pour survivre ! On a voulu nous interdire de vivre comme nous l’avons toujours fait, de pratiquer le chamanisme, de jouer de nos instruments de musique, de porter nos vêtements traditionnels. On a voulu couper les cheveux des hommes. Mais nous avons continué, et nous continuerons comme nous l’avons toujours fait. La culture des étrangers ne nous intéresse pas.”

Bali Kerei, doyenne du clan des Sakuddeï

Accordant une grande importance aux esprits, qu’ils respectent profondément, cette tribu connue que depuis une quarantaine d’années, vit en harmonie totale avec la forêt sur l’ile de Siberut dans l’archipel des Mentawaï, à l’ouest de Sumatra en Indonésie.

A ce propos, écoutez l’interview de Patrice Franceschi, par Ulyssemag.com en Mai 2006.

Siberut

Malgré un littoral difficile d’accès, l’équipe aborde l’île par l’ouest pour trouver la rivière qui les mènera au cœur du pays sakuddeï. Ils sont accompagnés de June, Mentawaï, étudiant en Anthropologie, véritable clef pour approcher ce peuple de chaman sert d’interprète.

Leur territoire est marqué le long de la rivière de fétiches sur de longues perches, symbolisant les choses qui leur importent le plus.

La grande case collective, “Uma” est ornée de crânes d’animaux domestiques ou sauvages. Tournés vers l’extérieur et l’intérieur de la case, ils doivent expliquer aux animaux vivants que même s’ils sont mangés, ils resterons avec la communauté.

Les Sakuddeï pensent que l’âme peut s’échapper du corps au cours de la vie. Alors ils se tatouent pour plaire à leur âme. Lui évitant de partir faire pas de mauvaises rencontres.

Leur vie est rythmée de rituels chamaniques leur permettant de vivre en harmonie avec les esprits. C’est ainsi qu’ils parlent aux arbres, aux outils et aux animaux. Ils consultent les entrailles pour voir l’avenir. En vivant dans le surnaturel complet, ils trouvent la vitalité pour résister à l’assimilation du monde moderne. Ils ne choisissent des cultures extérieures que ce qui n’altèrera pas leurs croyances et leur harmonie.

C’est ainsi qu’ils ont résisté collectivement et pacifiquement aux pressions des missionnaires et du gouvernement, qui les poussent à abandonner une existence communautaire et autarcique.

L’équipe est autorisée à rester.
Les Sakuddeï leur proposent même de les suivre à la cueillette ou à la chasse, l’activité noble des hommes. Pour attraper singe ou porc sauvage, ils enduisent les pointes de leurs flèches avec un poison confectionné à partir du pressage d’une plante particulière. Le durian est leur fruit préféré. Ils rapent aussi le palmier sagoutier dont ils traitent la pulpe pour la manger.

La rencontre avec l’équipage de La Boudeuse permet aux Sakuddaï d’entrer en contact avec Reinhard Schefold, un ethnologue suisse qui passa plusieurs années en leur compagnie.

Pour aller jusqu’au bout de l’échange entre les deux cultures, les Sakuddeï sont accueillis dans l’univers de La Boudeuse. Ils confieront qu’ils étaient aussi curieux de voir les femmes à bord de La Boudeuse.

A suivre …

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* Les derniers des Sakuddeï, Libération.fr, 05-05-2001

* Patrice Franceschi, Aventurier, Bernard Biancarelli, Albiana.

* Retrouvez ce premier documentaire, Les 33 Sakuddeï, sur le DVD “La Boudeuse, un voyage hors du commun – Vol. 1 – Les aventuriers des îles oubliées”, éditions MK2

La boudeuse

* Retrouvez cet expédition, dans le livre “Les 33 Sakuddeï” de  Vladimir de Gmeline, premier de quatre livres faisant revivre ces expéditions dignes du siècle des Lumières, composés d’un journal de bord, d’une quinzaine d’encadrés techniques et de contributions de scientifiques.

les 33 sakuddei

* « Il faut être solide psychologiquement quand on part pour une expédition. A chaque fois, c’est une conquête de la connaissance de l’autre. Je ne crois pas à la vision du voyage pour sortir du spleen. Si on part dans cet état d’esprit, on emmène son mal de vivre avec soi et ça ne règle pas le problème. (…) En ce moment, je dirige un équipage, demain je peux être écrivain, hier j’étais réalisateur, après-demain prof. Je me donne les moyens de faire ce qui me plaît. (…) Cette attitude a un prix. Je finance mes campagnes d’exploration par des livres, des films, des DVD, mais aussi par des emprunts aux banques et l’aide de quelques partenaires techniques. Le but est de ne pas perdre d’argent. »

Patrice Franceschi, L’invité Ulyssemag.com, 01-05-2006

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