Archive for the 'Projet : Slow Travel en Famille' Category

Proverbe Tibétain #8

Le voyage est un retour vers l’essentiel.

Proverbe Tibétain

Aussi commence-je sérieusement à réfléchir à court et moyen termes aux prochains essentiels : immersion lente vers fantasme indochinois et voyage au long cours en Pacifique.

Proverbe

Silence, ça rêve sérieusement.

La boucle qui s’imposait ces derniers mois partait de Nouvelle Calédonie pour y revenir, en passant par la côte Est de l’Australie (pour voir les copains) – côte Est de la Nouvelle Zélande (enfin la découvrir) - Polynésie Française – Vanuatu (dont j’entends tant parler).

Les Tuamotu, Polynésie

Mais l’idée se recentre petit à petit sur le Pacifique Sud (Archipels Société, Marquises, Tuamotu, Gambier, Australes) déjà suffisamment vaste pour avoir le temps d’occuper une douzaine de mois, en prenant le temps de rencontrer ses habitants, explorer les fonds marins et sa faune et jouer les Robinson.
Slow Travel oblige …

La Polynésie Française

Aussi dépaysante soit la destination, l’impression de donner une image déformée du monde aux enfants persiste : exposer un monde où l’on parlerait français partout ! Du coup, il faudrait pousser vers les iles Cook et/ou PitCairn et/ou Kiribati … Cela mérite donc encore une bonne réflexion intégrant la météo, les courants et la saison des cyclones.

La Polynésie

L’œil se perd donc sur les petites annonces de dériveur intégral en alu, pour permettre les échouages volontaires plus aisés à l’approche de beaucoup d’îles de cette partie du monde. L’idée serait de l’acheter directement sur place, de prendre un mois pour le préparer au grand voyage et de le revendre ensuite dans son milieu initial.

L’est-i’ pas beau ce VIA 38 pour 45 000€ ?

Il faut pourtant bien se rendre à l’évidence, le budget conditionne l’aventure : un vieux bateau bien amariné mais qui pourrait receler quelques mauvaises surprises ou un bateau récent, un peu plus sûr et donc terriblement cher. Pourtant l’argent reste pour Capsicum un faux problème qui ne doit pas servir d’excuse.

La famille Delacour a bien fait son tour d’Atlantique sur un voilier prêté contre bons soins … !

Et puis une année … c’est trop court dans l’esprit de Capsicum (mais chut … Ange aime à penser la parenthèse bien définie !). A ≈ 2000 € de billet d’avion par tête de pipe, autant prendre le temps !

Alors que Caps a bien d’autres chats à fouetter (Master 2, préparation de Baptême, recherche de stage et autres voyages à court terme) la voila qui ressort Histoire de Partir, la plus complète bible du voyage sabbatique à la voile et en famille qu’elle connaisse.

Chaque jour, dans les toilettes entre les 4 murs de ses 2 m² de bibliothèque préférée, elle nourrit son vieux projet par la lecture des articles pleins d’analyse et d’ailleurs. Tiens, voilà déjà 6 ans qu’elle le feuillette par période.
Il serait temps de se bouger …

En fouillant le blog, elle excave également un vieux post-plan de préparation de voyage au long cours : La Préparation, datant déjà de 2009.

Tiens la troisième et plus complexe ligne “Faire un deuxième enfant et attendre qu’il grandisse un peu” est presque accomplie. ;) Juste le temps de dérouler le reste de la liste pour être près quand Petit Biloba aura 4 ans.

Pas sûre de pouvoir attendre jusque là … Pourquoi pas 3 ans (soit dans 1 an et demi) ?

Il est temps de se plonger dans le concret !

Projet : Slow Travel en Famille

C’est beau l’ambition …

Surgir sur les chemins où on ne vous attend pas …

Cultiver au mieux le ‘sortir des sentiers battus’ pendant mes études et pour mes choix personnels, seulement à trois ou quatre papiers près de m’engager dans une nouvelle aventure, je sens le poids du convenu alourdir mes décisions.

Suis-je simplement en train de faire ce que l’on attend de moi, sans fondement ?

N’y a-t-il pas plus dense et plus utile que mon propre confort ?

Là, sur une étagère … mes rêves ont germé.

Ma Complice, amie de collège d’une beauté délicate, m’a ouvert tout un pan d’érudition qu’elle ne soupçonne même pas aujourd’hui.

C’est probablement sa blondeur solaire qui attira mon regard pour la première fois, à moins que ce ne soit le coté aristocratique d’une famille raffinée dont le père était en poste à Berlin, durant les premières années de vie de la gamine. Elle sortait de mon ordinaire et titillait déjà mon imaginaire d’enfant voyageuse. Être née dans un pays non francophone était la prémisse de l’addiction pour l’ailleurs.

Certes les livres avaient une grande importance dans mon milieu naturel. Le dictionnaire toujours sous le coude gauche. Mais ils étaient trop précieux par certains cotés et pas encore de mon âge par d’autres. Aussi, accompagnant Ma Complice à la bibliothèque chaque vendredi soir, je découvrais l’abondance, une nourriture variées et délectable. Feuilleter les ouvrages selon leur couverture, un mot au hasard des pages ou un titre énigmatique ouvrait une faille spatio-temporelle.

Très rapidement, j’abandonnais la ‘section enfant’ pour explorer le mystérieux département ‘Adulte’ aux images plus élaborées, aux sujets plus occultes. Attendre d’avoir l’âge pour les emprunter, encore une restriction pour le bien des mômes qui me saoulait au delà de l’entendement. Mais rien n’interdisait de consulter les ouvrages sur place …

La représentation d’Alger la blanche en couverture Large Vision et le titre mystérieux ‘Rose d’Alger’ de Nine Moati s’imposèrent à moi, au moment opportun. En ces temps où internet n’était pas accessible au commun des mortels, la bibliothèque représentait la source d’informations première, me permettant de forger librement mes propres opinions. L’ouvrage tombait à point, alors ballotée entre ce que j’avais entendu toute mon enfance à propos de l’Algérie et l’arrivée dans ma vie de celui qui allait devenir le mentor de mes 17 ans.

Plus tard, loin de ma steppe natale, alors étudiante, la bibliothèque de la ville nouvelle devint le refuge bienveillant des après-devoirs surveillés du samedi matin, un sas de décompression avant d’aborder un week-end de fiesta ou de révision. Le rayon des ‘Récits de voyage et d’aventure’ était fourni au delà de mes espérances, nourrissant ma quête par force écriture et émotions, m’extrayant ainsi de la sécheresse des années de prépa.

J’y ai d’ailleurs lu 3 livres d’une femme partie, en famille, sur un voilier autour du monde. Les deux premiers livres étaient à la gloire de ce mode de vie qui ne m’était déjà pas indifférent alors que le troisième, libérant sa parole, démontait point par point les deux premiers, rabaissés au rang d’ouvrages alimentaires. Il faut toujours se méfier des témoignages !
Je regrette en avoir oublié les titres et l’auteur que je n’ai jamais pu retrouver. Peut-être Dominique Agniel avec son Et ceux qui vont en mer ou Trois Océans Pour Nous Trois. Un Homme, Une Femme, Un Enfant de Yves et Elisabeth Jonville. A creuser.

Le Marquis de Sade n’avait plus de secret pour moi, ainsi que les correspondances de Saint Exupéry, sans oublier les livres enregistrés qu’il me plaisait à ramener chez moi, soit pour combler quelques lacunes littéraires, soit pour égailler mon esprit durant les taches laborieuses. J’en ai d’ailleurs transmis le goût à Petit Ginkgo lors des voyages en voitures par le biais de la chère voix désinvolte de Bernard Giraudeau.

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Aujourd’hui, les livres me tombent encore entre les mains sous l’effet d’une magie toujours à point nommé. La bibliothèque que Petit Ginkgo fréquente depuis deux ans est spacieuse pour le peu de livres qu’elle renferme. Œuvre architecturale lumineuse, le sentiment d’espace s’en voit renforcé au détriment du rayon ‘Récits d’aventure et de voyage’. Pfff …
Dans cette grande ville au réseau de bibliothèques si développé, j’aurai aimé pouvoir réserver des bouquins qui se trouvent à l’autre bout de la ville, livrés dans celle que j’aime à fréquenter, pour palier cette misère !

Mais l’ambiance des bibliothèques surpasse le fond. La sérénité fluide qui s’échappe entre les étages impose la lenteur et pousse à la rêverie. Je tombe sur ‘Sous l’étoile de la liberté’ de Sylvain Tesson. Il ne suffisait que d’un auteur pour m’enjoindre à m’abonner.  ‘Lettres et journaliers’ de Isabelle Eberhardt finit de me convaincre.

L’inspiration a toujours l’odeur du vieux papier.

Parce que le voyage ne suffit pas …

Chili, Patagonie, ma destination de prédilection …

Partira … en 2017 – 2018.

Une bouffée d’air emplit mes poumons.

Une simple discussion les yeux enjoués avec accord de principe et propositions concrètes, ouvre littéralement mon horizon. Lestée par un projet enfin exhumé des profondeurs de la normalité, je m’oxygène. J’exulte !

Tout a re-commencé avec une émission à la con proposant d’écrire ce que vous aimeriez entendre à votre propos, lors de la fête anniversaire de vos 80 ans. Exercice de bilan et d’élan assez casse-gueule, en étant honnête avec soi-même.

Le deuxième indice fut de constater que l’habituelle exhalation avait fait place aux larmes de regret devant un témoignage aussi familier que celui de Maud Fontenoy, abordant son enfance en mer.

Prendre conscience que faire vivre à ses enfants une aventure riche d’un mode de vie différent, de cultures variées, d’ailleurs insoupçonnables, de simplicité, de galères, de rencontres et d’étonnements, reste l’un de mes souhaits les plus chers, incompressible. Le but n’est pas de réaliser un ‘tour du monde’ au pas de charge, en collectionnant les pays. L’esprit est de prendre notre temps intensément (slow travel) et nourrir notre ouverture d’esprit.

Autant dire qu’il m’en faut peu : la simple potentialité d’un départ sous 4-5 ans, histoire que Petit Biloba (10 mois) soit assez grand pour en profiter pleinement et Petit Ginkgo (6 ans et 3 mois) pas trop âgé pour préférer la vie avec ses pairs à celle de sa famille, suffit à me réjouir.

4 ans, amplement pour thésauriser, formaliser professionnellement, définir le ou les moyens de transport, préparer nos compétences : mécanique, secourisme, voile, sécurité, langue, enseignement et grain de folie pour les grands, natation, ju-jitsu, rêve,etc pour les enfants.

Toutes les pièces du puzzle peuvent à présent se mettre en place.

Ne dit-on pas que l’espoir fait vivre ?

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Exit ‘Le Tour du Monde en Famille’ n’aura pas lieu !,
un mode de vie fort intéressant mais trop complexe à mettre en œuvre …

L’appel de l’horizon …

Comme la période d’une onde sinusoïdale, l’écho de l’ailleurs
se rappelle à moi qui suis clouée là, pour encore un moment
(enceinte de 6 mois).

Pourtant au retour des plaines Mongoles comme après avoir parcouru le massif escarpé de ma plus belle île du Cap Vert, un questionnement sur l’utilité de ces voyages m’a assailli.
Le tour du monde pour le tour du monde en famille ne me parait plus avoir de sens. Voir, parcourir, rencontrer durant une année ou plus, n’a de moteur éphémère qu’un certain égoïsme. En se frottant à la réalité des autres, la notion de décence se fait sentir.

Quel est notre contribution au bouleversement de leur équilibre, en nous pavanant sur les chemins du monde, en tant que touriste … même si beaucoup se refusent à être vu comme tel ?

Désert, le cordeau du peintre Brigau

Oh, oui, je sais, c’est un vaste débat, où le sens commun explique que le voyageur/touriste apporte du beurre dans les épinards des agriculteurs et sur les poissons des pêcheurs, qui devraient avoir autant droit au confort que les occidentaux. Mais la planète y résistera-t-elle ?

L’influence inverse vers plus de frugalité et de simplicité
ne serait-elle pas plus salutaire ?

J’avais déjà l’intuition que le mouvement systématique lors d’un voyage générait parfois la dispersion et surtout limitait la dimension relationnelle. En effet, le voyageur gesticulant ne fait que survoler la compréhension des gens et des cultures qu’il croise. Aussi n’ai-je jamais conçu le voyage comme une boulimie de lieux à enchainer dans un minimum de temps. Au contraire, le temps est devenu pour moi un vrai luxe, permettant de mesurer, de construire et d’apprendre, sans pression.

Mais lors de ces difficiles retours à la vie courante, j’ai touché du doigt un certain sens du voyage qui ne se montrait à moi jusque-là qu’en filigrane.
Il est si exaltant de partir à l’aventure, de se laisser porter par la spontanéité du baroudeur mais rien ne remplace l’objet du voyage et la connaissance du contexte. Et puis l’effet thérapeutique de l’itinérance n’est plus pour moi à l’ordre du jour. Le chemin intérieur a besoin de bien moins et de bien plus à la fois.

Il m’importe aujourd’hui soit de transmettre, soit de comprendre, soit d’aider.
* Transmettre, car des enfants se regardant le nombril entre la console et le smartphone auront peu de motivation pour trouver leur propre voie dans la vie. Or vivre la réalité d’enfants de leur âge selon d’autres coutumes ouvre l’esprit, mène à la relativité et permet ensuite de faire ses choix, en connaissance de cause.
* Comprendre, car c’est en partageant le quotidien suffisamment longtemps qu’il est possible de commencer à toucher du doigt les véritables enjeux d’un pays ou d’une situation, imaginé(e) façon carte postal sur le sol européen.
* Aider, parce qu’il est impossible de rester impuissant devant la détresse de personne dont on partage un bout de vie. Ce n’est qu’en utilisant ses compétences pour le bien-être des moins bien lotis que soi que le mot solidarité reprend tous son sens. (Ça sent de plus en plus l’ONG …)

Il faudra mettre à profit mon immobilité assumée
pour monter un projet proche de ces 3 types.

Pourtant l’horizon me fait déjà de l’œil …
Qu’importe la gueule de bois du retour, le souvenir de l’ivresse du départ me rend fébrile comme si j’étais programmée pour ne jamais défaire mes bagages. C’est un peu comme si la sédentarité me flétrissait, comme si je ne me nourrissais pas suffisamment à courir la ville et à ré-imaginer mon avenir sur les rails.

Ma complexité réside dans le juste équilibre
entre nomadisme instinctif et évidence du quotidien.

Lâcher les freins …

Plutôt bien mis en pratique ce précepte dans ma vie et depuis une année en particulier …

Mais c’est encore une préoccupation de tous les instants. Une petite inattention et me revoilà à cogiter pour des conneries : amour-propre, conception, avenir, etc

Cette voie en dehors des sentiers battus est plus difficile,
mais il est vrai qu’elle récompense 1000 fois plus.

Au programme : Discipline personnelle = maître mot.

‘Le Tour du Monde en Famille’ n’aura pas lieu !

C’est clair, incroyablement limpide …

Alors que Capsicum a contaminé l’esprit de quelques amis avec ses projets de ‘Voyage en Famille autour de la Planète’, elle a décidé, suite aux quelques escapades de l’année, que cette aventure ne se ferait pas … ou tout du moins, pas sous la forme initialement échafaudée.

‘Le Tour du Monde’ est lui aussi devenu une mode, et la mode fatigue Capsicum. Mais ce n’est évidemment pas pour cette raison que l’idée est abandonnée.

A force de lire les récits et de s’inspirer des expériences de ses ainés, Capsicum se rend compte que ce genre d’équipée se réalise souvent sur une à deux années, en exceptionnelle parenthèse de la vie courante. Juste le temps d’accumuler de magnifiques photos, de faire quelques rencontres fortes sur le moment et de revenir à la folie européenne à la suite d’une perturbante et délicate période de ré-adaptation.

Par la suite, l’envie permanente de repartir les taraude jusqu’à ce qu’ils soient aptes à le refaire dans les mêmes proportions, bien des années plus tard.

Capsicum ne veut pas comptabiliser les pays … elle veut les gouter, les sentir, les toucher, les écouter, enfin les vivre comme elle l’a toujours fait. Peu lui importe de les collectionner.

Faire vivre à ses enfants des expériences hors du commun, leur faire rencontrer des façons de vivre inhabituelles, découvrir le monde en dehors des manuels scolaires est toujours le but ultime du projet … mais sans courir, sans être complètement nomades. Certes, vivre sur la route apprend à se détacher des biens matériels et à profiter de l’instant, mais cela conduit souvent à ne pas trop s’investir émotionnellement.

Or ce genre d’expérience ne vaut que si c’est une aventure humaine.

De plus, le ‘Tour du Monde en Famille’ est vécu comme un Graal les années précédentes. Il devient l’objectif pour lequel on met sa qualité de vie quotidienne entre parenthèse. Or partant du principe que l’on peut mourir demain, il est difficilement acceptable de mettre sa vie sur pause, durant des années, en vue d’une hypothétique aventure.

Et puis beaucoup d’inattendus peuvent intervenir (maladie, accident, séparation, opportunités pro, etc), autant d’imprévus qui peuvent tuer un projet ‘Tour du Monde’ dans l’œuf. Évidemment, on ne peut pas tout avoir : le fun avant, pendant et après, car le nerf de la guerre reste toujours l’argent.

L’idée est de s’installer à un endroit de la planète avec un petit rayon d’action, suffisamment longtemps pour comprendre les tenants et les aboutissants de la vie des autochtones. L’idée est de se faire adopter, de partager les joies et les peines, les contraintes et les bienfaits des gens du coin, en évitant d’être un simple spectateur …

L’idée est de s’impliquer sans perturber !

Le point délicat est de coordonner cela avec une vie cohérente en occident, permettant des revenus.

Mais au final, ce plan permet de mettre la vie usuelle de coté, au pire tous les deux-trois ans pour vivre ces riches moments hors du cadre, en un lieu et un seul, quelques mois durant, les partageant avec ceux (enfants, conjoint, amis) qui seront libres de suivre au moment choisi.

Vous trouvez ça utopique ?

Pourtant, c’est bien plus abordable financièrement que de monter un projet ‘Tour du Monde’ parce que le poste ‘transport’ est largement réduit et le temps ponctuellement imparti est moindre.

On dirait les règles du théâtre classique avec une unité de temps, de lieu et d’action ! :)

Cette vision permet une souplesse d’emploi du temps s’adaptant aux impondérables de la vie courante, sans renoncer au voyage au long cours !

C’est aussi la possibilité pour les enfants de suivre des années clefs de leur scolarité en France et d’autres par correspondance à l’autre bout du monde. De quoi leur fournir les opportunités que nos parents nous ont offerts, tout en leur distillant quelques visions alternatives. Cela laisse également au conjoint, la latitude de venir ou non, en fonction de ses envies ou de ses objectifs pro.

Reste à implanter une vie professionnelle perso adaptable à ce concept …

Et Capsicum y travaille ardemment !

Les pontons sont bondés de rêveurs réalistes …

Le cliquetis d’un winch, la promesse d’un départ arrêtent ma main sur la télécommande …

L’appel du large, un documentaire de Véronique Veber
découvrent 3 familles mues par le même projet.

Il va falloir faire quelque chose avant d’être complètement à la mode !!

Sans être soi-même, point de salut !

La Boudeuse a vampirisé ma pensée … (vous l’aurez constaté !)
Ne passe pas une journée où je n’aille vérifier les news ou sans un bouquin à la main. Disons que la “philosophie” liée est tellement proche de mes conclusions que c’est comme si j’avais trouvé mon port d’attache “mobile”, ma filiation intellectuelle appliquée.

J’ai longtemps pensé que ma conception de la réalisation personnelle, du temps qui s’écoule et de la densité de la vie était un handicap pour être heureux dans notre société. Or j’ai sous les yeux l’exemple sans complexe d’une volonté de vivre pleinement, même si elle demande rigueur et sacrifice.
Tant vivent anesthésiés …

Alors que ceux qui ont fait fructifier cet état d’esprit ont rué dans les brancards sans compromis, je me pensais suffisamment forte pour prendre les bons cotés de la vie ordinaire (l’enseignement qui rend libre, un métier rémunérateur qui offre les moyens de vivre ses passions, etc) pour atteindre mon but, sans me faire absorbée par le carcan prédéfini. Et des passions, j’en ai eu quelques unes … la voile, l’Australie, le parapente, les voyages, etc.

Mais c’était une présomption de jeunesse sûrement …
Car il y a les contre-parties : une lacune de temps, un formatage organisé, des devoirs naturels humains et moraux, une vie professionnelle au milieu d’un panier de crabe, une étiquette un peu trop uniforme.

Il y a 3-4 ans, j’ai du stopper la machine infernale de la vie pour ressourcer mon esprit, alors que j’étais en train de me perdre dans ce tourbillon si évident aux autres. Contre vent et marée, j’ai choisi mon chemin, sans aucun regret. Aujourd’hui, c’est comme une piqure de rappel alors que j’étouffe de la linéarité ambiante, si loin de mes aspirations.
Plus en tête que sauter “hors des rails de la vie telle qu’elle est conçue et décidée pour nous”.

Naturellement, je n’ai pas cédé aux sirènes usuelles … le confort outrancier, les crédits, l’ambition écrasante, les voyages minutes, les signes extérieurs de richesse.

Car le vrai luxe est le temps et l’espace !

“En restreignant mes besoins au maximum, ce que j’ai toujours pratiqué pour conserver le luxe suprême : le temps libre, ou mieux, pour conserver ma liberté d’action, comme on dit en langage stratégique.” Gérard Chaliand

Ce n’est pas une philosophie constituée intellectuellement sur le tard
Il y a un atavisme sans doute contre lequel on ne peut rien, mais aussi des rêves d’enfance.
Petite alors que mes amies trainaient dans les cours de danse classique, je me délectais à apprendre descente en rappel, tir au pistolet, randonnée, ski, secourisme, voile, langage codé, plongée, course à pied et tout autre sport ou applications qui pouvaient me servir en cas extrêmes de … guerre, dénuement, protection, “caméléonisme” ou par plaisir.

Rassurée par les exemples, ma nature est donc bien plus à exploiter qu’à soigner. Tout ce que je sais aujourd’hui, c’est que :
“Le rapport au temps n’a jamais cessé d’être pour moi, le sentiment de sa précarité, de la vitesse à laquelle il passe, l’importance de l’utiliser au maximum, de brûler la chandelle par les deux bouts, et d’avantage si c’est possible. J’ai toujours eu ce sentiment chevillé au corps, et j’imagine que cela est affaire de tempérament.” Gérard Chaliand

L’objectif est donc de trouver, sans trop tarder, la suite de mon chemin pour faire de mon temps les meilleurs accomplissements.

Compatible avec faire pousser un enfant de 3 ans ??

Collision des Mondes

Au printemps, j’ai bien cru que quelque chose était cassé.
La rencontre improbable de deux de mes sphères a provoqué un raz de marée imprévisible et dévastateur.

Une violente révélation s’est imposée à moi transformant ma force en fardeau. Le soupçon dérangeant d’une dissonance. Ajustable ou irréversible ?

collision
Image de Lynette Cook

Autant il m’arrive de me laisser toucher par une alchimie, autant là, la source déstabilisante n’était ni un trouble, ni un espoir ailleurs, ni même une tentation.
Juste deux mondes que je souhaitais tant voir fusionner et qui pour des riens découvraient comme une incompatibilité majeure évidente et effrayante.
Mon aura égratignée au passage.

Effondrée, l’eau ruissela 20 heures sans discontinuer …
Et pourtant, rien de tout cela ne fut autre que mon choix. Faire marche arrière soufflerait mes espoirs, rendant cependant de la latitude à ma liberté.

Il a fallu plusieurs mois pour apaiser cette effrayante révélation qui s’est finalement évaporée comme elle était venue. Que s’est-il passé ? Je ne le saurai jamais …

Mais ces mondes vont se rencontrer à nouveau …

A lire aussi : The Twilight Zone

Dualité

Qui mieux que la route connait le voyageur ?

Proverbe Tibétain

J’ai souvent pensé que le plus difficile pour partir était de mettre le pied dans l’avion, de s’assoir dans le train, de monter sur le bateau … de poser sa démission.

Une fois la décision prise, comme un puzzle tout se met en place naturellement, les évènements s’égrainent, les routes se dessinent et le flot nous emporte à travers les rencontres. Alors on se voit face à des options que l’on imaginait même pas. Complètement ouvert à l’inattendu, on suit sa route avec plaisir, en toute bienveillance, tentant d’éviter, sur le fils parfois, des situations pouvant dégénérer.

Seule, la question était plus facile à trancher : binairement “Y aller ou pas”.
Or maintenant à charge d’âme, la question ne se pose plus sous cet angle. Il me semble qu’il faut trouver le compromis entre répondre à ses aspirations profondes et choisir pour l’enfant, qui est le votre, les meilleurs conditions pour grandir.
A cet âge, l’absence d’une mère me semble un lourd fardeau.

Deux aspects se lient donc :
* la soif de découvrir le monde et de s’en servir de base pédagogique à la compréhension de la nature, des relations humaines, de soi-même (l’école de la vie quoi !),
* et garantir une certaine sécurité de l’enfant dans des situations bien plus complexes que les conditions ultra-sécurisées de notre confort occidental.

Cet équilibre me parait difficile à atteindre, seulement, on a rien sans rien.

Défile donc un compte à rebours imaginaire qui trouvera sa fin quand Petit Ginkgo (ou un/une hypothétique sibling) aura atteint un âge suffisant pour supporter, comprendre et apprécier un tel voyage (qu’il faudra évidemment adapter à des enfants).

En attendant, il faut que ma flamme intérieure survive.
Je la nourris de peur de ressembler à ces âmes grises qui s’agglutinent autour de la machine à café.
Alors je n’ai qu’une inquiétude, que mon attente n’aboutisse jamais … C’est pourquoi, il faut aménager des fenêtres de voyage et d’intérêts plus étroites, plus conventionnelles, afin de respirer et de vivre avec toujours autant d’émotion.

S’initie donc une cohabitation schizophrène entre
* un pan de vie ordinaire, bercé par la sécurité physique et financière, où le mètre étalon de la réussite reste la performance professionnelle
* et un autre pan de vie essentiel où la cohérence entre le respect de soi-même, l’ouverture d’esprit sur son environnement, la quête d’une spiritualité plus profonde et des relations aux autres de meilleure qualité, caractérise le fondement même de son identité.

Non, non, je n’entends pas encore de voix !

Autour de la Planète

Qui mieux que la nature apprend la débrouillardise,
qui mieux que le vent apprend la résistance,
qui mieux que l’échange avec l’autre apprend la finesse d’esprit,
qui mieux que la charge d’un animal apprend la responsabilité,
qui mieux que la marche apprend le goût de l’effort,
qui mieux que “la pauvreté” apprend la modestie,
qui mieux que la montagne apprend la géographie,
qui mieux que les coutumes apprend la tolérance,
qui mieux que la mer apprend l’éphémère,
qui mieux que le désert apprend l’immensité,
qui mieux que la beauté apprend l’émerveillement,
qui mieux que la vie apprend à développer sa personnalité,
qui mieux que l’expérience apprend à faire ses propres choix …

… qui mieux que le voyage forme la jeunesse ?

Voyager en famille Autour du Monde
s’impose donc naturellement à notre esprit !!

Partira … Partira pas ?

La décision est prise … à la voile, en 4×4 ou simplement muni d’un billet tour du monde … mais le calendrier reste encore désespérément flou !

D’ici là, il faut nourrir notre but et tester notre détermination
en n’oubliant pas de vivre pleinement !

En attendant que ce petit monde grandisse …

Capsicum partirait bien faire un peu d’humanitaire d’urgence,
histoire d’être utile à défaut d’être décorative.

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Question de fond

Ce projet de “Voyage en Famille Autour de la Planète” est toujours bien vivant dans mon esprit. A force d’y faire référence, cela devient comme “allant de soi”, comme une évidence qui se concrétisera un jour … même aux yeux d’Ange.
Cool ! Mais quand ?

La baby-décennie, pour moi, se situe entre 30 et 40 ans.
Puisque le but est de faire découvrir la vie grandeur réelle à “nos” enfants, c’est donc la part la plus déterminante dans le calendrier de l’aventure … Il faut donc qu’ils soient suffisamment grands pour en tirer des enseignements et collecter des souvenirs qui installeront les fondements de leurs choix futurs.

L’âge idéal des petits explorateurs, au moment du départ, semblent tourner autour de 6-7-8 ans pour envisager un périple cohérent de minimum 3 ans. Entre 6 et 12 ans, les enfants supportent encore de vivre proche de leurs parents et sont ouverts à leur transmission. Après, leurs centres d’intérêts se déplacent vers l’amitié, les premiers émois, l’indépendance et la scolarisation devient plus complexe.

La conclusion qui en découle est simple : A quand un deuxième enfant ?

De plus, Petit Ginkgo aura 3 ans en février prochain et l’écart d’âge entre les enfants est un débat mainte fois exploré, dont j’ai choisi la réponse “mini 3 ans” mais dont le max raisonnable ne devrait pas excéder 5 ans.

Le hic est que maintenant que je ne suis plus sous forte concentration d’hormones maternelles naturelles, mon état d’esprit est revenu tout à fait au niveau précédent la conception du premier enfant. C’est-à-dire :
“Faut vraiment en passer par là ? Une méga responsabilité à vie ! Y’a pas moyen de le commander sur catalogue ou de sous-traiter ? Mais c’est une restriction de mon espace de liberté ! Sais pas faire moi avec 2 enfants ? Au bas mot, on en prend pour 30 ans ! Oui, mais non, c’est trop ingrat, les enfants, regarde moi ! Merde, va encore falloir perdre tous les kilos !”

Enfin, l’enthousiasme débridé !

Sauf qu’au train où ça va, il faudra attendre mes 40 ans pour que cette aventure remplisse toutes les conditions !

 

Waste of Time ?

Ce sont ceux qui en parlent le moins qui en font le plus …

C’est probablement vrai … mais malgré tout, cela aide un peu Capsicum à trouver la voie, à faire tomber les remparts et à se concentrer sur ce qui compte le plus. Encore faut-il définir ou plutôt comprendre ce qui compte le plus.

Le point de convergence se fait plus net. Et écrire aide à comprendre que toutes les facettes réfléchissent l’énergie vers un même objectif qui se dessine mot après mot, centre d’intérêt après centre d’intérêt, étincelle après étincelle.

En 1 an et 3 mois de libre pensée couchée sur la toile, votre Capsicum a plus avancé dans la compréhension de ses aspirations que pendant ses 3 premières années de vie professionnelle !

La coquille me semble de moins en moins vide. ;)

La Préparation

Disponibilité Professionnelle

Calendrier
* Faire un deuxième enfant et attendre qu’il grandisse un peu
* ou pas …

Préparation Personnelle
* Cours de self-défense
* Cours de secourisme
* Stage de Médecine d’Urgence (http://www.iefsante.com/) Apprentissage des techniques médicales en situation d’isolement
* Apprentissage de l’Espagnol
* Cours de mécanique

Financement et Budget
* Achat pour location
* Sponsors
* Garde meuble
* Bourses
* Partenariat technique

Moyen de Locomotion (Marche, Voilier, 4×4, Train, Camping car)
* Recherche et achat
* Équipements supplémentaires
* Permis et Stages
* Permis International
* Assurances

Organisation du voyage et Itinéraire

* Guides de voyage
* Cartes routières/marines
* Réservation des vols
* Réservation du cargo pour automobile
* Récolte d’adresses d’amis ou de familles à l’étranger

Santé
* Vaccins:fièvre jaune, hépatite A & B, typhoïde, rage, encéphalite japonaise, méningite A&C, DTP,
* Pharmacie et trousse de secours :
- antibiotiques, des antalgiques à la morphine au cas où.., corticoïdes,
- traitement de prophylaxie du paludisme :Toléxine(c’est une Doxycycline identique au Doxypalu mais remboursée par la SS / Malarone
- collyres ophtalmologique, traitement pour les diahrées, les vomissements, des crèmes anti-fongiques, anti- inflammatoires, 2 kits d’adrénaline en cas de grosse allergie style oedème de Quincke, traitement pour les moustiques (peau, vêtement, plaquettes, moustiquaires)…

* Informations médicales
* Assurances

Démarches administratives
* Passeports
* Visas
* Changement d’adresse
* Carnet de passage en douane
* Dispositions professionnelles
* Accord du Ministère de l’éducation et de l’enseignement
* Diverses procurations à nos parents

Équipement
* Achat de matériel: jumelles, talkie-walkie, cartes GPS, sous-vêtements thermiques, BBQ, lampe frontale
* Panneaux solaires portables
* Annexe
* Canot sauvetage
* Tente de toit 4X4
* Ordinateur / App Photo / Camera / Clef / Disque externe

Enseignement/Scolarité
* Livres d’école/Matériel Montessori/CNED
* Livres de lecture
* CD-Roms éducatifs
* Jeux éducatifs
* Matériel scolaire

Communication
* Etat d’Esprit / Fil conducteur
* Site Internet/Blog
* Sponsors
* Création du contenu

La dame du Luberon …

Quand vous la croisez, vous rencontrez une petite femme de caractère, droite, souriante quoiqu’au visage un peu autoritaire. Elle fut certainement une belle demoiselle, aux cheveux ébènes.

Elle esquive ma question de son parcours et de ses choix. Je comprendrais plus tard qu’elle a pris l’habitude de s’appuyer sur des moments de vécu pour illustrer son propos, de se rappeler ses élèves par leur prénom pour que leurs expériences, leurs comportements étayent son argumentation. De ses paroles s’échappent une profonde admiration pour son mari qui l’a mené sur d’autres chemins de réflexion. Elle nous rappelle, au passage, qu’il faut “soigner” l’homme !

Créer le mystère fait parti des meilleurs moyens d’acquérir une attention sans limite. Nous sommes pendu à ses lèvres car tous ses mots sont choisis et pesés, forme personnelle d’expression ou symptôme d’une longue expérience de transmission du savoir.

Le respect émane de cette personne qui a les valeurs de la terre et l’ouverture d’une riche instruction. A la distribution du bon sens, elle a été resservie.
Tout d’abord concentrée sur ce que tous attendent (le matériel), elle laisse la confiance s’installer avant d’énoncer quelques vérités, parfois dérangeantes, sur nos comportements maternels actuels.

Exigeante, elle a pour mission de transmettre l’enseignement comme elle l’a reçu de Mario, le fils de Maria Montessori.
Il n’est pas seule question du matériel. Le respect, les interdits fermes mais limités, l’observation de l’enfant, la retenue, l’activité spontanée de l’enfant doivent guider l’éducateur  dans son enseignement et dans son attitude.
Ensuite, en effet, la forme du matériel a un sens, et la présentation de celui-ci est un pilier pour guider l’enfant.
Brique après brique se construisent les fondations d’un être équilibré, heureux de faire et d’apprendre par lui-même, sans que l’adulte ait besoin de le complimenter ou l’arrête dans ses élans de connaissance et de compréhension.

Je garde ce qu’elle cite de Gandhi : “2 heures d’enseignement par jour, le reste du temps sur les pas des parents

Très fine, elle a su trouver les encouragements
qui me font si souvent défaut dans ma vie d’adulte.

Marginalité consentie

Petit à petit, au contact de mes semblables, j’ai fini par croire que certaines de mes capacités étaient des défauts. Car elles étaient encombrantes, atypiques, voire difficilement utilisables, risibles parfois. Mais, plus j’avance dans la réflexion et plus je conçois clairement que ma place n’est peut-être justement pas celle qui me permettrait de mettre à profit mes talents. Voilà pourquoi ils sont décalés.

* Anticiper les situations, analyser les différentes options avant même que la question ne se pose parait être une sur-activité intellectuelle, mais me permet une adaptation rapide aux situations afin de trouver les solutions les plus appropriées.
* Une sorte d’insatisfaction chronique me pousse à demander plus à la vie, aux autres et à moi-même. Voilà une source d’énergie considérable qui constitue le cœur même de mon essence. Loin d’être morose ou pessimiste, ceci encourage une quête de découvertes et d’absolu, qui quoi qu’il en soit apporte plus que de se contenter du commun et du minimum. Soyons clair je ne parle pas en terme matériel.
* Une partielle incapacité à me fondre dans le moule qui m’a déjà ralenti sur le chemin sociétal, mais qui en soi représente ma richesse, mon unicité et attire des gens à l’épaisseur parfois inattendue.
* Un intérêt pour l’autre et son regard, qui me fragilise souvent, mais tend vers la remise en question et garde l’humilité bien au chaud.
* …

Ce ne doit pas être toujours simple de vivre avec moi, quoiqu’il ne me semble pas que ce soit une torture …. Et pour cela, je suis toujours émerveillée d’avoir un Ange si inconditionnel.
Le Capsicum est loin d’être handicapé ou anormal. Son regard se rapproche de celui d’un artiste-scientifique laissant libre cours à son imagination dans le large cadre qu’il a choisi, à raison.

Je n’ai pas encore trouvé l’environnement qui me convienne vraiment, mais peu importe. C’est à force d’expériences, de voyages, de rencontres, d’opportunités, de convictions, de courage que je pourrai m’enrichir, affuter mes compétences et trouver ma place dans cette vie.

Comment ça, je ne suis pas parfaite ??

A lire aussi : Sans être soi-même, point de salut !

Quel virus ? Surtout pas de traitement …

Ce n’est pas la Terre Adélie, loin de là, seulement la plume ne suit pas la pensée … Impossible d’écrire 2 lignes sans en effacer 5 autres.

L’urgence me reprend de façon cyclique. Et bizarrement, la période du signal se raccourcit de plus en plus … Le besoin d’un ailleurs sensé gagne en amplitude. Me propulsant au fin fond de mon questionnement, sans rencontrer la complicité des rationnels. Comprendront-ils qu’une part de déraison est vraiment nécessaire pour profiter pleinement de la vie.

Le sens … voilà la clef … le sens que l’on donne à la vie, à sa vie. Inutiles consommateurs qui nous regardons le nombril.

Mon “carcan” choisi et tendre devient de plus en plus étroit, malgré les bonheurs et les plaisirs. Les mois se transforment en années. Mais l’objectif, lui me parait si éloigné, inatteignable, encore si impalpable.

Il y a comme de l’indécence dans ces propos … C’est toute la question de la relativité.

 

Un objectif de vie à méditer …

Travailler pour pouvoir ne rien faire !

Il me vient des idées …

Note de service chez Industrie&Co : (…) les congés sabbatiques, temps partiels, départs en retraite  anticipée seront favorisés (…)
Sans nul doute, la première étape avant d’autres mesures plus radicales.

Je n’en reviens pas, il m’a fallu 18h pour réaliser que ce serait le meilleur moment pour prendre un peu l’air … avec de surcroit la bénédiction du Big Boss … en étant sûr de récupérer son poste.

Du coup, l’imagination galope du raisonnable à l’insensé :

* Travailler à 80% pour un jour de congé par semaine avec Petit Ginkgo.
* Simple congé sans solde pour acheter un appart et le retaper !
* Migrer 6 mois Down Under : trouver du travail et rester, être bredouille et rentrer !
* Explorer la Patagonie, sac à dos et parapente, pour trouver les meilleurs spots sauvages possibles …
* Se lancer dans une transatlantique aller-retour. Chef, tout sourire, faisant au-revoir du ponton !
* Poser un congé pour création d’entreprise, sauter dans le vide avec option harnais de sécurité. Bon je le concède, créer une boite alors que l’on est en récession c’est aimer parier …

Mais là où mes collègues tremblent … Je me dis qu’avec un peu de fantaisie, on pourrait en profiter au moins quelques mois !

Boosting blow …

Rappelée dans mon cheminement par un reportage de Zone Interdite sur l’Ecole à La Maison : le quotidien de plusieurs familles non-scolarisées, et la poursuite de l’expérience d’une année à l’étranger, en famille.
Tout commence par un choix de vie, se poursuit par la volonté de donner le gout d’apprendre à ses enfants et se maximise par la folle idée d’être heureux dans la vie !

Je ne suis pas sûre de vouloir pour mes enfants la course perpétuelle, les petits déjeuners lance-pierre, les corridas pour respecter, à tout prix, les horaires, la pression des devoirs, l’uniformisation, l’angoisse de l’échec, la programmation, le bachotage pour l’examen.

Une utopie … (?) … de leur donner la chance de développer leur propre caractère, de leur ouvrir l’esprit au monde, de les rendre autonome dans leurs choix, leurs apprentissages ? C’est, à mon sens, ainsi que l’on construit des individus solides et à l’aise dans leurs baskets.

Il est fort probable, que l’IEF (Instruction En Famille) soit une réponse valable à ces aspirations, parmi d’autres.

Continuellement, 2 arguments, 2 inquiétudes apparaissent face à ce choix. Les  familles, les expériences rencontrées depuis que je rentre dans ce monde, m’aident à y répondre  :

* la socialisation : ces enfants souvent équilibrés, côtoient d’autres enfants scolarisés ou non scolarisés à l’occasion d’activités extérieures, sportives, musicales, de visites. Les copains ne semblent pas être absents de ce choix de vie.

* la possibilité de revenir au système standard : manifestement, parmi les qualités que l’on souhaite développer par ce biais, il y a l’adaptabilité. Ces mômes sont souvent vraiment ouverts et débrouillards. Alors quand le temps est venu, et puisqu’ils le choisissent, la transition n’est pas douloureuse.

Loin d’être une intégriste du sujet, la tache ne me semble pourtant pas démesurée. Nous, parents  de Petit Ginkgo, avons la chance d’avoir un petit bagage, mais de nombreux parents sont loin d’être freinés sans cela. De plus, est entrée à la maison, cette pédagogie Montessori qui, je le vois tous les jours, est d’une puissance insoupçonnable pour celui qui n’y a pas gouté. (Il va vraiment falloir que je poste un peu sur le concept.)

Je ne suis même pas sûre d’être capable de quitter mon travail pour plusieurs années afin de mettre cela en place … mais cela ne m’empêche pas d’évaluer la question. Qui sait, à force d’y penser, nous trouverons peut-être les moyens d’atteindre nos ambitions.

Quoiqu’il en soit, ce reportage est le signe que l’idée est dans l’air du temps … La mode nous rattrape encore ! Mais ne serait-elle pas fondée sur la réalité d’une défaillance ?

Théorie du luxe …

24h hors du tourbillon habituel.

Le luxe n’a rien de fastueux, de cher, d’extravagant … il est insaisissable et nous affecte tous. Il suffit de prendre un peu de recul pour savoir en profiter. Cette denrée précieuse améliore la qualité de nos vies,  renforce nos relations, fait s’évaporer les moments difficiles.

Le vrai luxe n’est rien d’autre que le temps, le temps de rire, le temps de découvrir le monde ou le coin de la rue, le temps à partager avec les siens. Il est si rare …

… son alter ego : l’espace.

Phrase oubliée sur un vieux papier chiffonné.

La peur, c’est l’idée qu’on se fait des choses, plutôt que les choses en elles-même.